BOIRON Victor, Jules, Pierre, Lois, Marie

Par Robert Serre

Né le 13 octobre 1897 à Ambérieu-en Bugey (Ain), mort au combat Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme) le 28 août 1944 ; agriculteur puis entrepreneur en électricité dans la Drôme ; franc-maçon.

Victor Boiron
Victor Boiron

Victor Boiron appartint à une vieille famille de la Baume-d’Hostun (Drôme). Il était le fils de Ferdinand et de Augusta Emma Bertholet Il s’engagea volontairement en 1914-1918 (engagé volontaire à 17 ans ½ en 1914). S’établit en 1919 à la Baume-d’Hostun avec sa mère et se maria le 2 avril 1923 à La Baume de Transit (Drôme) avec Marcelle Reynaud. Vers la fin des années 1920, il abandonna le travail de la terre pour créer une entreprise de Travaux électriques. Révolté contre toutes les formes d’injustices, il rejoignit la franc-maçonnerie et apporta une attention toute particulière à l’éducation des jeunes. Il devient président de la société municipale de gymnastique "l’Avenir" et forme de nombreux pilotes dans le cadre de la section "d’aviation populaire" de Romans. Victor Boiron fut inquiété par la police en 1940 parce que franc-maçon de la loge de "L’Humanité de la Drôme".
Arrêté en juillet 1941 sur dénonciation du PPF, il passa devant les tribunaux pour avoir tenu des propos antigouvernementaux mais son brillant passé d’ancien combattant lui permit d’être relâché. En 1942, il adhéra au mouvement Libération. Il rentra en contact avec Triboulet.
Arrêté deux jours après la manifestation de Romans contre le STO le 10 mars 1943, pour y avoir pris une part active, il fut envoyé par mesure administrative en résidence surveillée à Die pour une durée d’un mois, En juin 1943, Sarraz-Bournet, inspecteur des services administratifs de la police de Vichy chargea le préfet d’éloigner Boiron de Die, parce que trop près de Romans. Boiron, transféré à Bédarrides, s’échappa et rejoignit clandestinement Romans. Il devint en décembre 1943 membre du Comité Local de Résistance de Romans, créé sous l’égide des MUR. Il y représenta le Parti Radical. Boiron monta le 9 juin 1944 au Vercors avec la compagnie civile de Romans, il fut affecté aux renseignements puis seconda Tournissa. Le 21 juillet, lors de l’attaque de Vassieux, ils tirèrent toutes leurs munitions sur les parachutistes allemands puis se cachèrent avec Coulet de Bourg-de-Péage, sans manger ni boire pendant 4 jours. Arrêtés par les Allemands, ils furent torturés, puis chargés d’enterrer les morts. Le chauffeur polonais du camion qui ramassait les derniers corps les avisa qu’ils devaient être fusillés et les engagea à sauter. Ils parviendront à rejoindre le Royans. Boiron participa à la première libération de Romans le 22 août. Ami de Jean Tournissa (capitaine Paquebot), revenant ensemble d’une mission importante à Saint-Nazaire-en-Royans le 28 août 1944, ils furent fauchés par le tir d’un char allemand qu’ils n’avaient pas aperçu et qui était embusqué au lieu-dit "Massotier". Ils furent enterrés côte à côte.
Il avait reçu la Croix de Guerre 1914-1918 avec 4 citations. Il fut élevé au grade d’Officier de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de Guerre 39/45 avec palme et à titre posthume de la Médaille de la Résistance.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué comme soldat des Forces françaises de l’intérieur (F.F.I.) et comme "Déporté et interné résistant" (DIR), (SHD Vincennes dossier GR 16 P 67770).
Son nom figure sur les monuments aux morts et la plaque commémorative dans l’église, à La Baume-d’Hostun, sur la plaque commémorative de l’hôtel de ville, à Romans-sur-Isère, sur la stèle commémorative, sur le monument dit "Mur des fusillés et sur le Mémorial du Charnier, à Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme) et sur le Mémorial du Grand.Orient de France, rue Cadet, à Paris (IXe arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181607, notice BOIRON Victor, Jules, Pierre, Lois, Marie par Robert Serre, version mise en ligne le 11 juin 2016, dernière modification le 29 juillet 2019.

Par Robert Serre

Victor Boiron
Victor Boiron

SOURCES : Arch. Dép. Drôme, 9 J 3 (Cuminal - 1961) page 16. Arch. Dép. Rhône, 182 W 9. Lettre du 15 mai 1944. SHGN, rapport Cie Drôme R4, n°30/4 du 23/04/1943. Archives PCF Drôme, rapport Hild 1945. Drôme Nord 123, 127, 367. Jeanne Deval, 151-152. Patrick Martin, La Résistance dans le département de la Drôme, 1940-1944, thèse Université Paris IV Sorbonne, 2001, base de données noms. Poret, page 136. Fédération des Unités combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Peuple Libre, Valence, 1989, p. , p.66 Fédération des Unités combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Peuple Libre, Valence, 1989, p. , p.450. Laurent Jacquot (ASPRP-Arch. Com. Romans), notice n°124. Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 266. Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 439. Escolan Patrice, Ratel Lucien, Guide-mémorial du Vercors résistant, Le cherche-midi éditeur, Paris, 1994, p. 281. Monument aux morts La Baume-d’Hostun. Plaque com., plaque de rue, gymnase Romans.Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne, Données extraites du CD(DVD)-ROM : La Résistance dans la Drôme - le Vercors (2007).— Livret de l’association « les Pionniers du Vercors », Les chemins historiques du Royans.— Notes de Jean-Louis Ponnavoy.

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