ÉTIENNE Louis, Désiré

Par Didier Bigorgne

Né le 13 octobre 1903 à Nouzon (Ardennes), mort le 27 décembre 1942 à Henningsdorf (Allemagne) ; ouvrier métallurgiste ; militant de la FSGT dans les Ardennes.

Fils d’un ouvrier mouleur d’origine belge et d’une mère au foyer, Louis Etienne exerça le métier de mouleur à l’usine Gérard et Calteaux à Nouzonville. Il était célibataire.

Militant du syndicat CGT des Métaux de Nouzon, Louis Etienne devint secrétaire-trésorier du club de football travailliste « L’Etoile sportive ouvrière nouzonnaise » affilié à la FSGT en 1937. Il bénéficia de l’appui officiel de la municipalité communiste de Nouzonville, le député-maire Pierre Lareppe* étant président d’honneur du club, deux conseillers municipaux dirigeants de l’ESON. La municipalité attribua d’autorité au club le stade inoccupé, propriété d’une société privée, elle mit à la disposition des joueurs les bains-douches municipaux et leur accorda des salles de réunion à la mairie.

Dirigeant dévoué, Louis Etienne participait à tous les déplacements de « L’Etoile sportive ouvrière nouzonnaise ». Il lança aussi des manifestations originales pour faire rentrer de l’argent dans les caisses du club : représentations théâtrales, galas de boxe, cavalcade avec bal costumé à la mi-carême.

Louis Etienne fut élu membre du comité régional FSGT des Ardennes. Il contribua à la mise en place d’un championnat départemental FSGT pour la saison 1938-1939. Il accompagna la sélection des Ardennes qui disputa à Strasbourg, au stade de la Meineau, la finale de la coupe des départements FSGT ; celle-ci s’inclina devant l’équipe d’Alsace, en présence d’Auguste Delaune, secrétaire général de la FSGT.

Le 13 janvier 1940, la police perquisitionna le domicile de Louis Etienne, sur instructions du préfet des Ardennes. Elle lui notifia la dissolution de « L’Etoile sportive ouvrière nouzonnaise », en vertu des dispositions du décret du 27 septembre 1939.

Louis Etienne fut réquisitionné, au titre du STO, 15 octobre 1942. Envoyé en Allemagne, il travailla à l’AEG-Fabrik de Henningsdorf. Il mourut à l’hôpital de cette ville.

Le nom de Louis Etienne figure sur le Mémorial de Berthaucourt à Charleville-Mézières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181680, notice ÉTIENNE Louis, Désiré par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 18 juin 2016, dernière modification le 13 juin 2016.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : L’Exploité, 1937 à 1939 — Témoignages de Sylvain Bigorgne, de Henriette et Simon Cocu (mars 1986).— Philippe Lecler, Le temps des partisans, Langres, Editions Guéniot, 2009.— État civil de Nouzonville.

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