CARIOU Jean, Louis

Par René Gaudy

Né le 13 mars 1892 à Loctudy (Finistère), mort le 18 mai 1972 à Paris ; cheminot puis chauffeur-conducteur ; militant du syndicat CGTU puis CGT du Gaz de Paris ; frère de Corentin Cariou*.

D’abord mousse et marin de commerce, puis cheminot, révoqué lors des grèves de 1920, Jean Cariou entra le 1er septembre à la Compagnie du gaz de Paris comme chauffeur-conducteur à l’usine du Cornillon, puis à celle du Landy à Saint-Denis.
De tendance « syndicaliste révolutionnaire », il fut élu secrétaire général du syndicat CGTU du Gaz de Paris (et gérant du journal Les Gaziers de Paris) en novembre 1929, remplaçant Gabriel Auclerc*, qui venait d’être condamné par la 12e Chambre correctionnelle pour un article publié le 15 mars 1928 dans Les Gaziers de Paris.
Mais, en mai 1930, à la suite d’élections qui portèrent « les majoritaires » à la direction du syndicat, il dut céder la place à son frère Corentin Cariou*. Les deux frères furent définitivement opposés politiquement et syndicalement, tout en conservant des relations familiales.
Fin 1932, Jean Cariou quitta la CGTU pour la CGT entraînant avec lui quelques militants (dont Pierre Auffret, ex-secrétaire de l’usine du Landy, Joseph Simonet, ex-délégué général de la distillation, et Blanche). Il écrivit alors dans le journal du syndicat CGT, Le Gazier de Paris, et rejoignit la SFIO.
En 1935, il était archiviste du syndicat. En 1936, délégué au congrès de la Fédération réunifiée, il ne fut pas élu au comité fédéral (38 voix sur 202 votants) mais « considéré comme suppléant éventuel » (avec sept autres). En février 1936, il fut élu secrétaire adjoint du syndicat réunifié du Gaz de Paris (avec Georges Dupire*, Auguste Persancier* et Pralès).
En juin 1937, délégué au XVe congrès fédéral à Lyon, (représentant alors le Gaz de Cannes), il ne fut pas élu au comité fédéral (173 voix sur 561 suffrages exprimés), ni comme titulaire, ni comme suppléant éventuel.
Le 1er novembre 1938, il prit position pour Munich, dans Le Gazier de Paris et, le 8 février 1939, dans Syndicats, il écrivit un article « La colonisation du syndicat du Gaz de Paris » (par les communistes), qui fut repris dans la Vie Gazière, organe du syndicat « indépendant ». À la suite de cet article, la commission des conflits du syndicat demanda à Jean Cariou « de ne plus donner d’armes à nos adversaires en laissant croire à la division des gaziers » (Le Gazier de Paris, 1er juillet 1939).
Le 16 janvier 1940, après que les communistes aient été exclus de la direction de la Fédération, il fut appelé par Clément Delsol* et Gabriel Borie* à la commission exécutive de la Fédération dite « légale ». Lors de la réunion du 21 mars 1941, il s’indigna du fait qu’un dirigeant de l’Éclairage et des forces motrices en Algérie, Noël Falquès*, se soit opposé à l’orientation fédérale, notamment dans sa conception des rapports à l’occupant et se serait même demandé s’il n’était pas nécessaire de signaler ce manquement de la législation ouvrière aux pouvoirs publics. Est-ce la raison pour laquelle son activité pendant la guerre suscita une « affaire » ? Après la guerre, la Fédération CGT de l’Éclairage institua un « jury d’honneur » pour examiner la question : un non-lieu fut rendu.
Jean Cariou avait quitté la commission éxécutive le 6 juin 1944, invoquant sa situation de retraité et ses soucis de famille (le 7 mars 1944, il avait perdu sa fille unique, âgée de vingt-et-un ans). Mais jusqu’à la fin de sa vie, il continua de militer à la CGT. Il fut secrétaire général du Groupement des retraités EDF-GDF de la région parisienne de 1948 à 1954, secrétaire de la section des retraités de Paris-Gaz, membre du bureau de la Fédération CGT de l’Énergie de 1956 à 1963.
En 1969, il écrivit des Mémoires d’un militant syndicaliste et socialiste (Imp. Étab. Arac, Paris, 1969, 147 p.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1817, notice CARIOU Jean, Louis par René Gaudy, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 19 septembre 2022.

Par René Gaudy

SOURCES : Archives Fédération CGT de l’Énergie. — Les Gaziers de Paris et Le Gazier de Paris. — R. Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps Actuels, 1982. — B. Weiss, La Fédération légale de l’Éclairage CGT (1936-1944), mémoire de maîtrise, Université Paris VII, 1995.

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