VIEIRA Claude, Jean, Joseph

Par Jacques Girault

Né le 22 mai 1933 à Bayonne (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques), mort à Bayonne le 17 juin 2021 ; instituteur dans les Pyrénées-Atlantiques ; militant du SNI et de la FEN ; militant socialiste ; adjoint au maire d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) de 2008 à 2012.

Claude Vieira
Claude Vieira

Fils d’un employé de banque devenu agent comptable de la Mutuelle sociale agricole des Basses-Pyrénées et d’une institutrice syndiquée, Claude Vieira fréquenta le lycée de Bayonne et obtint le baccalauréat en 1953. Il devint instituteur dans les Pyrénées-Atlantiques en 1954 et adhéra au Syndicat national des instituteurs.

Il effectua son service militaire dans un régiment de parachutistes à Idron (Basses-Pyrénées/Pyrénées-Atlantiques) de juillet 1958 à août 1959 puis à Blida (Algérie) jusqu’en novembre 1960.

Instituteur aux armées, il se maria en juillet 1960 à Gélos (Pyrénées-Atlantiques) avec Josette, Marie-Thérèse Campagnole, institutrice militante syndicale, fille d’un ébéniste et d’une institutrice. Ils eurent deux enfants.

La section des Basses-Pyrénées du Syndicat national des instituteurs était co-dirigée depuis la Libération par des militants des deux principales tendances. Membre du conseil syndical, Claude Vieira devint le secrétaire de la section pour l’année 1966-1967 et conserva cette responsabilité jusqu’en 1973. Il signa les motions d’orientation de la majorité nationale à partir du congrès de 1967. Lors du congrès du SNI, dans son intervention dans la discussion du rapport moral le 12 juillet 1967, il évoqua les questions budgétaires en soulignant que l’éducation n’était pas prioritaire pour le gouvernement. Il était un des responsables de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale et devint membre de la commission administrative fédérale au début des années 1970. En mai-juin 1968, dans le département, toutes les forces militantes firent confiance à la FEN comme porte-parole du mouvement.

Claude Vieira retrouva un poste d’instituteur à Gelos en 1973 puis fut mis à la disposition du secrétariat permanent national de la FEN de 1975 à 1982 comme responsable des secteurs “Vie des sections départementales“, de la “Formation des militants“ et de la “Majorité fédérale“. Élu membre de la commission administrative fédérale au titre du SNI au congrès de la FEN, le 12 février 1976, au congrès fédéral de février 1982, il devint membre du conseil fédéral national et du bureau fédéral national.

Proche d’André Henry, quand ce dernier devint secrétaire général de la FEN en 1974, Claude Vieira joua un rôle dans la réorganisation de l’appareil dirigeant de la FEN. Elle se heurtait aux positions hégémoniques du SNI. Sur les questions de formation dont il était le responsable dans le secrétariat de la FEN, une réunion le 29 avril 1976 se borna à fixer de nouvelles règles pour la répartition des crédits attribués par l’État. Il fut chargé de créer le centre fédéral de formation qui devint hégémonique en dépit des résistances des syndicats nationaux et des conflits de tendances. En quelques années, la FEN, par l’intermédiaire du Centre, constitua, sous l’impulsion de Vieira, des équipes de militants mieux formés. Il contribua à la prise en compte des identités régionales à la FEN (colloques, rapports, audiences ministérielles

Claude Vieira, en raison de son implantation géographique, joua un rôle actif sur le plan international, notamment dans les relations avec les militants espagnols clandestins.

Lors du choix ministériel d’André Henry, Vieira encouragea l’arrivée au secrétariat de la FEN de Jacques Pommatau qui modifia le fonctionnement du centre fédéral. Aussi après le congrès national de la FEN de février 1982 où il présenta un rapport en tant que responsable de la vie interne, Vieira abandonna-t-il ses responsabilités nationales dans la FEN en juin 1982. Il reprit un poste d’instituteur à Hendaye et enseigna jusqu’à sa retraite en 1988 comme directeur du groupe scolaire Robert Boulaert à Hendaye. Il retrouva à partir de son retour dans sa section syndicale (SNI) d’origine sa place dans son conseil syndical. Toutefois, il participa sur le plan national à des réflexions de la direction du centre fédéral. Il défendit notamment l’idée d’une recherche historique commune aux différentes tendances puis, après la séparation du début des années 1990, aux deux fédérations. Il présenta son témoignage devant le groupe de recherches FEN-CRHMSS sur le syndicalisme enseignant en avril 1999 sous le titre « Le développement de la FEN dans les années 1970/80, la structuration des sections départementales, la formation des militants » (voir Cahiers du Centre fédéral, juillet 2001.

Claude Vieira militait au Parti socialiste. Habitant Hendaye, il exerça des responsabilités locales. Candidat aux élections municipales de 2008, sur une liste comprenant trois représentations égales des forces politiques de gauche, de droite et du centre, élu, il devint premier adjoint. Quand se posa la question du financement par des fonds publics de la construction d’une école privée basque (Ikastola) gérée par une association, il refusa et démissionna de sa responsabilité municipale, décision “tout à fait personnelle. C’est une question de dignité” déclara-t-il à Sud-Ouest, le 17 décembre 2012.

Claude et Josette Vieira furent, dans les années 2010, les co-fondateurs du Parti de Gauche à Hendaye.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181792, notice VIEIRA Claude, Jean, Joseph par Jacques Girault, version mise en ligne le 16 juin 2016, dernière modification le 13 juillet 2021.

Par Jacques Girault

Claude Vieira
Claude Vieira

SOURCES : Presse locale. — Presse syndicale. — Diverses séances du séminaire de recherches sur l’histoire du syndicalisme enseignant (Université de Paris I-Centre fédéral de la FEN-UNSA Education). — Brucy (Guy), Histoire de la FEN, Paris, Belin, 2003. — Pommatau (Jacques), Au temps de la force tranquille… La Fédération de l’Éducation nationale et la gauche au pouvoir, Paris, L’OURS, 2011. — Renseignements fournis par l’intéressé.— Notes de Claude Brunet et de Guy Putfin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément