DÉZIRÉ Jeanne, Marcelle, dite "Jane"

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

Née le 12 octobre 1912 à Aytré (Charente-Inférieure,Charente-Maritime), morte à Bézier (Hérault) le 7 mars 1982 ; dactylo ; syndicaliste de la CGTU puis de la CGT en Seine-Inférieure [Seine-Maritime].

Jeanne Déziré était la fille de Fernand, cheminot, communiste et syndicaliste et la soeur cadette de Georges Déziré.

Inscrite au Parti communiste, elle était employée comme dactylo à la 19e Union régionale unitaire (CGTU) qui regroupait la Seine-Inférieure et l’Eure depuis 1926 et elle siégeait en même temps à la commission exécutive depuis 1933. Le 11 mars 1934, elle fut élue trésorière puis trésorière adjointe à partir du 28 mai 1935.

Après le congrès de fusion du 22 décembre 1935 qui donna naissance à une nouvelle Union départementale CGT, elle fut reconduite à ce poste qui lui permettait de gérer au quotidien l’administration et les finances de l’UD.

Elle fut déléguée par la CA de l’UD avec Maurice Carrier, pour participer au rassemblement pour la Paix qui se tint à Bruxelles à l’été 1936 et le 19 décembre, elle fut réélue trésorière adjointe de l’Union départementale.

Pourtant, le cœur eut raison de son engagement politique et syndical. Il fut ainsi évoqué par son frère Georges, secrétaire régional du PCF, dans son autobiographie destinée à la commission des cadres, en date du 13 décembre 1937, où il évoquait sa lutte contre les trotskistes : "J’ai dû par exemple en août 1937 et maintenant mener la lutte dans le Parti contre ma sœur liée par son travail et sans doute aussi sentimentalement avec un trotskiste notoire, Leblond de Rouen, du syndicat des techniciens. Après avoir fait le travail d’éclaircissement dans sa cellule et auprès d’elle, devant son attitude provocatrice et sa volonté de lutter contre le Parti, j’ai demandé qu’elle comparaisse devant une commission de contrôle qui a conclu à son exclusion. Je mène parallèlement la lutte contre les membres de ce même groupe dont nous découvrons un à un les éléments".

Exclue du PCF, elle n’en restait pas moins permanente de l’Union départementale CGT, elle devait être ménagée, c’était elle qui connaissait "tous les rouages de la machine", mais elle choisit de partir et son discours du 13 février 1938 fut son chant du cygne ; elle intervint longuement à la CE de l’UD pour faire une mise au point à propos de la grève qui se déroulait dans les produits chimiques. Elle désapprouva la position de la fédération des techniciens, qui, d’après elle aurait dû les appeler à rejoindre les ouvriers en grève et à défendre Massie qui fut licencié. Elle contesta l’utilisation de l’expression de « provocation à la grève » dont on qualifia son action, et souligna que la grève avait été déclenchée à la suite d’un vote majoritaire réalisé dans le cadre d’un référendum. Pour autant elle dénonça la demande faite « par plusieurs responsables communistes, secrétaires ou non d’organisations syndicales », qui demandaient « la suppression de cette fédération des techniciens, au prétexte qu’elle était dirigée par des trotskistes ». Elle donna lecture à l’appui de ses déclarations « des passages de documents du parti communiste, où les termes se confirment et où les insultes prennent naissance ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181810, notice DÉZIRÉ Jeanne, Marcelle, dite "Jane" par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré, version mise en ligne le 8 mai 2020, dernière modification le 8 mai 2020.

Par Gilles Pichavant, Jean-Jacques Doré

SOURCES : La Voix du peuple, organe officiel mensuel de la CGT, février 1937 (BNF, Gallica). — Arch. de l’Union locale CGT de Dieppe (fonds du séquestre), in Archives de la CGT à Montreuil, cote 1PA 6. — Arch. Mun. Rouen 7 F 3 Réunions syndicales 1926-1934, affaires générales. Arch. Dép. Seine-Maritime 1 MP 279 Dossiers individuels des membres du PCF. Arch. de l’UD CGT liasse 1930-1935 CGTU n°3 — Notes de Louis Botella. — témoignages.

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