RODON Raymond, René

Par Daniel Grason

Né le 21 septembre 1915 à Paris (XIVe arr.), exécuté sommairement le 21 août 1944 à Bailly (Seine-et-Oise, Yvelines) ; gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; F.F.I.

Fils de René Rodon, gardien de la paix, et de Marie Augustine Vaysse, lingère, Raymond Rodon fréquenta l’école de sept à treize ans, puis il entra dans une école d’apprentissage de la Ville de Paris où il apprit le métier de mécanicien. Le travail se faisant rare il s’engagea dans le Corps des pompiers de Paris de 18 à 21 ans.
Il postula un emploi de gardien de la paix auprès de la Préfecture de police de Paris. Dans son autobiographie du 6 juin 1937 il faisait part de ses motivations : « C’est un métier qui me plait beaucoup, et puis il y a de l’avenir pour celui qui veut travailler ». Il appréciait ce métier « fort honorable » et la perspective d’une « retraite ce qui est fort appréciable ». Il concluait ainsi « Mon père étant retraité depuis cinq ans du corps des gardiens de la paix après 28 ans de service m’avait toujours conseillé ce métier ». Il épousa Marcelle Le Chene, secrétaire dactylographe le 23 novembre 1940 en mairie du XIIIe arrondissement, le couple demeura 119 rue Broca.
Il débuta comme gardien de la paix, en 1941 et 1942 et devint agent motocycliste, puis agent conducteur aux services techniques en 1943. Alors qu’il était stagiaire, il réanima un désespéré qui s’était suicidé au gaz d’éclairage. La médaille de bronze de la société d’encouragement au dévouement lui fut remise. Dans l’exercice de son métier il progressait d’année en année et il était apprécié « excellent motocycliste » puis comme « un bon conducteur en progrès certain ».
Avec Louis Huet gardien de la paix d’une compagnie de circulation il se porta volontaire pour établir la liaison avec les troupes alliées dans la région de Rambouillet (Seine-et-Oise, Yvelines). Les deux hommes revêtirent la tenue des sapeurs-pompiers, ils avaient tous les deux été engagés dans le régiment des sapeurs-pompiers de Paris.
Munis d’un laissez-passer « spécial feu » délivré par les occupants au service des sapeurs-pompiers, ils partirent en automobile en direction de Rambouillet. Ils furent capturés par les allemands en forêt de Marly, et massacrés à Bailly. Les corps ont été retrouvés le 25 septembre. Déclaré « Victime du devoir », Raymond Rodon a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Il fut homologué F.F.I. et résistant.
Les noms de Raymond Rodon et Louis Huet ont été gravés sur un bloc de granit posé en orée de la forêt de Marly (D7 proche carrefour D307 et D7 direction Marly le Roi). Le nom de Raymond Rodon figure sur la liste des policiers morts dans les combats de la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), et sur la plaque du garage de la police 66 boulevard de l’Hôpital à Paris (XIIIe) dédiée « À nos camarades des services techniques de la Préfecture de Police ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181972, notice RODON Raymond, René par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 août 2016, dernière modification le 23 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, KC 32 (transmis par Christian Chevandier). – Bureau Résistance GR 16 P 516762. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil.

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