BURLIN Armand, Georges

Par Alain Dalançon

Né le 25 novembre 1941 à Ramonville Saint-Agne (Haute-Garonne) ; professeur, conseiller en formation continue puis inspecteur d’académie ; militant syndicaliste du SNES ; militant socialiste, franc maçon, militant associatif.

Armand Burlin
Armand Burlin

Les grands-parents et parents d’Armand Burlin étaient des immigrés italiens originaires de la province de Trévise (Vénétie), arrivés en France dans les années 1920, fuyant la misère et la montée du fascisme ; ils avaient travaillé dur comme ouvriers agricoles, métayers puis fermiers. Son père, Jean Albino, né en 1914 à Siléa (Vénétie), et sa mère, née Angèle, Carmela Guidolin, étaient de petits agriculteurs à Ramonville Saint-Agne, qui n’était encore qu’un village suburbain de Toulouse. Ils donnèrent à leur fils une éducation stricte fondée sur les valeurs du travail, de l’honnêteté, du respect d’autrui et de la justice sociale. Ils votaient à gauche après avoir été naturalisés. Sa mère, très pieuse, envoya le jeune Armand au catéchisme et lui fit faire sa communion solennelle. Son père savait à peine lire et écrire, n’étant allé à l’école que trois ans après son arrivée d’Italie. Il lisait quand même La Terre, Le Patriote, La Dépêche du midi et les livres d’histoire et géographie de son fils, éclairé par la lampe à pétrole de la cuisine.

Armand Burlin fut un bon élève à l’école communale de son village, et son instituteur, M. Samaran, le présenta à l’examen d’entrée en 6e en 1952. Il effectua ensuite toutes ses études secondaires au lycée Bellevue de Toulouse (Haute-Garonne), de 1952 à 1959, en passant tout de même le certificat d’études primaires en fin de classe de quatrième, ce dont ses parents et lui-même étaient très fiers. Il gardait avec reconnaissance le souvenir de ses professeurs qui l’initièrent à la culture et aux savoirs et l’encouragèrent à poursuivre ses études après son baccalauréat « philo ». Il entra donc en octobre 1959 en hypokhâgne préparatoire au concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. Il n’existait alors pas d’équivalence pour obtenir les diplômes universitaires, et pour avoir des chances au concours la seconde année, il fallait envisager d’aller dans une khâgne parisienne. Ses parents n’en avaient pas les moyens. Aussi travailla-t-il comme surveillant au lycée Fermat, de 1961 à 1968, tout en étant inscrit à la Faculté des Lettres de Toulouse. Il y obtint trois certificats d’Anglais et une licence d’Allemand.

Au cours de cette période, il effectua son service militaire au 65e Régiment parachutiste d’infanterie de marine à Albi (Tarn). Et il se maria le 1er juillet 1967 à Toulouse – à l’église pour satisfaire ses beaux-parents, alors qu’il était devenu athée –, avec Claudine Lafontaine, étudiante en Allemand qui devint professeure ; ils eurent une fille, Agnès, née en 1972, qui ouvrit en 2016 une école Montessori.

Durant deux années, à partir de la rentrée 1968, il exerça comme maître auxiliaire d’Allemand au lycée technique hôtelier de Toulouse puis au lycée Pierre de Fermat, avant de réussir aux épreuves pratiques du CAPES et d’être nommé professeur certifié au lycée de La Réole (Gironde) de 1970 à 1972, puis à celui de Condom (Gers), de 1972 à 1974, où il fut l’un des principaux artisans d’un jumelage franco-allemand (Condom-Grünberg) toujours vivant.

Adhérent du Syndicat national de l’enseignement secondaire dès le pionnicat, il commença à militer syndicalement à partir de 1967, juste après la fusion de l’année précédente où Louis Astre était devenu le premier secrétaire général du nouveau SNES. Ce dernier, Toulousain d’adoption, le sollicita pour venir renforcer le courant « autonome » et le rajeunir. Armand Burlin répondit à l’appel de celui qu’il considéra toujours comme son maître en syndicalisme, fut élu membre de la commission administrative académique en 1967 et devait le demeurer jusqu’en 1981. Il siégea aussi au bureau de la section départementale (S2) de Haute-Garonne.

Il assista à son premier congrès national du SNES à Lyon en mars 1968, où il découvrit la dureté des oppositions entre tendances, après la perte de la majorité par la liste « autonome » au profit d’ « Unité et Action ». Il apparut en 24e position sur la liste ID (Indépendance et Démocratie) à la CA nationale du SNES en 1969, en étant candidat au secrétariat de catégorie des AE-MA. En 1971, devenu professeur certifié, il se présenta sur la liste UID (Unité, Indépendance et Démocratie) en 22e position et fut élu pour la première fois suppléant. En 1973, il fut élu titulaire. Il devait rester membre de la CA nationale jusqu’en 1981 sur la liste UID, puis UIDR à partir de 1977. Il milita un peu moins au SNES, quand il choisit de devenir conseiller en formation continue à la DAFCO (Direction académique de la formation continue) de Toulouse de 1974 à 1981.

Parallèlement, Armand Burlin militait au Parti socialiste auquel il avait adhéré après le congrès d’Épinay de 1971, et occupa, de 1973 à 1981, diverses responsabilités dans le secrétariat fédéral : au cadre de vie, à l’éducation, aux sections…

À partir de 1981, il fut conseiller technique puis Directeur général du Conseil régional Midi-Pyrénées, de 1981 à 1986, auprès d’Alex Raymond, président socialiste et maire de Colomiers qui succédait à Alain Savary. La présidence de la Région étant passée en 1986 à l’UDF Dominique Baudis, il redevint conseiller en formation continue au GRETA (Groupement d’établissements pour la formation continue des adultes) de l’Ariège, de 1986 à 1988. Puis il fut appelé, de 1988 à 1992, en tant qu’inspecteur pédagogique régional, à la direction de la DAFCO de l’académie de Montpellier dont le recteur était Bernard Toulemonde, précédemment directeur des affaires générales au ministère de l’Éducation nationale.

Armand Burlin fut ensuite nommé inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’Éducation nationale dans plusieurs départements, le Tarn de 1992 à 1998, le Vaucluse de 1998 à 2002, avant de revenir à Toulouse, de septembre 2002 au 1er janvier 2003, IA en mission auprès de la rectrice, Nicole Belloubet.

Durant plus d’une vingtaine d’années, de 1978 à 2002, il resta élu municipal à Colomiers, commune suburbaine de Toulouse qui connut une très importante croissance liée au développement de l’industrie aéronautique. Il y exerça des responsabilités diverses : président du groupe socialiste, conseiller délégué aux entreprises, au cadre de vie, à la communication…

Retraité, Armand Burlin, restait très actif. Membre du Grand Orient de France, président du congrès des loges du Sud et d’Espagne en 2011 à Toulouse et Montauban, il tint à aller fleurir la tombe du Président de la république espagnole Manuel Azaña, inhumé dans cette ville en 1940 après son décès en exil ; il fut également en 2012 président du Convent de Nice. Il était administrateur de l’Association nationale de recherche et d’action solidaire (ANRAS) comptant 2600 salariés et 60 établissements, intervenant pour apporter à toute personne, dont la situation physique ou matérielle, les difficultés psychologiques, intellectuelles, sociales ou familiales le rendent nécessaire, l’aide et les moyens dans les domaines de l’éducation, des soins, de la formation et de l’emploi, du logement, du cadre et des conditions de vie.

Il faisait partie de diverses autres associations : comité de jumelage Condom-Grünberg in Hessen (Allemagne), ITEM (Institut toulousain d’études maçonniques) et « Occitanie et Tatarie », créée en 2017.

Très attaché à la défense de la laïcité depuis sa jeunesse, il était aussi membre de cercles philosophiques, de l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde », et intervenait au Cercle laïque de Colomiers, où il anima par exemple, le 1er février 2012, une conférence-débat sur le thème « La Lutte des femmes et la laïcité, un combat de toujours ». 

En 2018, il adhérait toujours au PS. Il était chevalier de l’Ordre national du Mérite (1985), officier des Palmes académiques (1989), et chevalier de la légion d’Honneur (1998).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18198, notice BURLIN Armand, Georges par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 11 novembre 2020.

Par Alain Dalançon

Armand Burlin
Armand Burlin
IA à Albi en 1997
Salon du livre 2009

SOURCES : Arch. IRHSES (Congrès SNES, CA,L’Université syndicaliste, BS du S3 de Toulouse).—JO, 17/09/1992, 5/11/1998, 1/01/1999. — La Dépêche du midi, 14/03/2011, 2/02/2012. — Témoignage de Louis Astre. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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