TONDON Yvon, Marie, André

Par Jean-Marie Conraud

Né le 16 février 1922 et mort le 22 mai 2013 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) ; électricien dans la sidérurgie ; militant syndicaliste CFTC-CFDT ; militant politique au PS, député de Meurthe-et-Moselle, conseiller général (1976-1982), conseiller régional de Lorraine, maire de Pont-à-Mousson (1989-1995).

Fils d’Arthur Tondon, jardinier puis maraîcher, et d’Anne Grivet, Yvon Tondon avait sept ans quand son père est décédé. Muni de son certificat d’études, il fut embauché aux Fonderies de Pont-à-Mousson comme apprenti ajusteur en novembre 1936. Un an plus tard, il commença la préparation d’un CAP d’électricien à la station centrale de l’usine. Ce fut à ce moment-là qu’il adhéra à la JOC. Il existait deux sections à Pont-à-Mousson, celle de Saint-Laurent qui regroupait 80 jeunes et celle de Saint-Martin, à laquelle il appartenait et en comptait une quarantaine. Il n’y eut pas de responsabilité car il devait aider sa mère, au maraîchage. En février 1943, il fut requis pour le STO (Service du travail obligatoire) et partit travailler en Allemagne. Mais au mois de juin suivant, profitant d’une permission, il entra dans la clandestinité afin d’échapper à la réquisition. À la Libération, il reprit son travail à l’usine, chargé de la remise en état des installations électriques des logements et des locaux de l’usine. En 1948, il fut affecté à la centrifugation.

Ayant adhéré en 1946 à la CFTC, Yvon Tondon, devenu rapidement collecteur, fut élu en 1948 délégué du personnel. En 1950, il fut élu au conseil de l’Union départementale CFTC de Meurthe-et-Moselle et allait y être réélu jusqu’en 1963, se consacrant plutôt, à partir de cette date, au syndicat régional de la sidérurgie, en plein développement. Pour autant, il ne négligeait pas l’action dans l’entreprise où, sous l’impulsion de l’équipe qu’il animait, la CFTC devint majoritaire à partir de 1958. Il fut élu en 1966 secrétaire du comité central d’entreprise du groupe Pont-à-Mousson qui comptait à ce moment-là 23 établissements et 13 000 ouvriers.

Yvon Tondon se consacra activement au développement de la CFDT dans les autres activités industrielles et commerciales du secteur ainsi que dans les établissements de santé (hôpitaux et maisons de retraite). En 1971 l’Union départementale CFDT lui confia la charge de la représenter à la Caisse primaire de sécurité sociale et à l’ASSEDIC de Nancy. Il assura ces mandats jusqu’en 1978.

Adhérent du Parti socialiste, Yvon Tondon fut sollicité en 1976 pour se présenter comme conseiller général du canton de Pont-à-Mousson. Il fut élu avec 62 % des voix dans un canton qui n’avait jamais été représenté par un élu de gauche. En 1982, le Parti socialiste décida de présenter un candidat plus jeune qui ne recueillit que 24 % des voix et dût laisser la place au candidat communiste. Ce dernier étant décédé en 1987, Yvon Tondon fut sollicité par le Parti socialiste pour le représenter de nouveau dans ce canton. Il y fut élu avec 57 % des voix. Réélu en 1988, il assuma ce mandat jusqu’en 1994.

Lors du renouvellement de l’Assemblée nationale de 1978 Yvon Tondon fut le candidat socialiste dans une circonscription difficile puisqu’il était opposé à Jean-Jacques Servan-Schreiber, député sortant. Vingt-deux voix seulement séparant les deux candidats au bénéfice de Servan-Schreiber, l’élection fut annulée pour irrégularités diverses. Une nouvelle élection fut organisée au mois de septembre et cette fois Yvon Tondon devança son adversaire de 8 906 voix, rendant sa victoire indiscutable. Il fut réélu en 1981 mais ne se représenta pas en 1986. Mais, cette année-là, il mena la liste du Parti socialiste aux élections pour le conseil régional où il fut élu. Il siégea au Conseil économique et social de 1986 à 1989.

En 1977, Yvon Tondon avait également été élu au conseil municipal de la ville de Pont-à-Mousson. Il fut élu dans le groupe minoritaire. En 1989, la liste dont il avait pris la tête obtint la majorité des sièges. Il fut donc élu maire. Il assuma ce mandat jusqu’en juin 1995, date à laquelle il estima le temps venu de prendre un peu de champ avec la vie publique. Yvon Tondon fut également conseiller général de Meurthe-et-Moselle (1976-1982) pour le canton de Pont-à-Mousson. Il siégea au Conseil régional de Lorraine, élu en 1986 puis réélu en 1992, sous la présidence de Jean-Marie Rausch.

Yvon Tondon s’était marié le 3 avril 1945 avec Ginette Lombard, décédée en 2006, avec laquelle il eut trois enfants. Il fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en 1989.

Son nom fut donné à une médiathèque de Pont-à-Mousson.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182150, notice TONDON Yvon, Marie, André par Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 29 juin 2016, dernière modification le 17 novembre 2021.

Par Jean-Marie Conraud

ŒUVRE : Ginette et Yvon Tondon, militants pour la vie. De l’usine à l’assemblée nationale, préface de Michel Rocard, Haroué, Editions Gérard-Louis, 2011.

SOURCES : Renseignements recueillis auprès de l’intéressé. — Notes d’Antoine Varoqui. — État civil de Pont-à-Mousson.

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