WALTER Léonie, Marie, Joséphine, Alice

Par Jean-Marie Conraud

Née le 14 mars 1913 à Cernay (Haut-Rhin), morte le 27 mai 2008 à Sélestat (Bas-Rhin) ; modiste ; permanente de la JOCF pour le Bas-Rhin.

Propriétaire d’une entreprise horticole sinistrée pendant la Première Guerre mondiale, le père d’Alice Walter avait été mobilisé dans l’armée allemande et sa famille évacuée en Saxe. Il rentra de la guerre invalide en 1917 et il mourut en mars 1918. Sa mère, veuve avec deux enfants, s’installa à Strasbourg où elle avait une sœur. Alice Walter fut adoptée par la nation le 13 janvier 1926. Cette même année, elle entra en apprentissage chez une modiste. Deux ans après elle fut reçue à son examen de compagnon. Elle aurait souhaité poursuivre jusqu’à l’obtention du diplôme de maîtrise, mais la JOC bouleversa ses plans. En effet, en 1932, elle fut contactée par Marie Grasser qui essayait de constituer une équipe sur la paroisse Saint-Louis de la Robertsau avec le soutien du père de Baillencourt qui avait déjà mis en route des équipes à Colmar et Mulhouse. Elle fut tout de suite conquise : la JOC redonnait la fierté d’être des ouvrières et faisait confiance aux jeunes pour prendre eux-mêmes leurs problèmes et leur mouvement en charge.

La section naissante réunissait surtout des employées ou des apprenties mais peu d’ouvrières d’usines. Cette section fut affiliée officiellement en 1933. Ce fut au cours de cette même année qu’une équipe fédérale fut mise en place pour démarrer et suivre les sections du diocèse, c’est-à-dire des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Ce ne fut qu’un peu plus tard qu’il y eut une fédération par département qui se divisa au fur et à mesure de la multiplication des sections. Alice Walter fit partie de cette équipe fédérale et commença à participer à des sessions régionales à Strasbourg, Dole et Metz. En 1936, elle fut sollicitée par Jeanne Aubert* et le père Guichard, aumônier national de la JOCF pour être permanente. Elle abandonna son travail de modiste pour suivre les sections des deux départements alsaciens. Elle fut soutenue par Thèrése Tournier* qui était responsable de la région mais également par Jeanne Aubert qui est venue plusieurs fois à Strasbourg.

En 1938 elle eut la charge d’organiser une session pour la région de l’Est qui devait réunir quatre cent cinquante participantes. Elle dut solliciter quatorze établissements pour loger tout le monde, prévoir les moyens de transport, le ravitaillement, etc. En 1939, à cause de la guerre, Alice Walter fut évacuée à Périgueux où elle fut responsable des jocistes évacués. Jeanne Aubert lui demanda de seconder la permanente de la région chargée de la Corrèze, de la Creuse, de la Haute-Vienne et de la Dordogne. Par ailleurs, avec l’abbé Billing elle anima un « Office des évacués d’Alsace » qui tentait de mettre en relation les hommes mobilisés et leurs familles évacuées. En décembre 1939, elle rentra en Alsace pour faire une visite des sections qui existaient encore. Après avoir hésité quelques mois, elle rentra définitivement à Strasbourg.

Deux problèmes allaient changer sa situation. Tout d’abord la JOC était interdite et elle ne pouvait donc plus être rémunérée. Par ailleurs, elle avait vingt-sept ans et avait donc déjà dépassé de deux années la limite d’âge pour appartenir à la JOCF. Elle occupa alors un emploi d’assistante sociale chargée des jeunes délinquants à l’Office municipal de la jeunesse. On ne lui faisait pas entièrement confiance car elle n’appartenait pas au mouvement nazi. Elle continuait d’ailleurs à suivre bénévolement les sections JOCF qui n’existaient plus que sous le couvert des « Biebelstunde » (groupes d’étude de la Bible). Elle fut malgré tout surveillée par la Gestapo. Malgré les difficultés, la JOCF resta bien vivante et, le 11 mars 1945, elle fut en mesure d’organiser une rencontre avec cent trente-cinq responsables fédérales. Entre-temps elle avait passé son examen d’assistante sociale. Au cours de cette année 1945, Alice Bataille* fut sollicitée pour la remplacer.

Elle fut alors embauchée comme assistante sociale spécialisée dans l’enfance inadaptée par le père Billing qui venait de quitter ses responsabilités d’aumônier fédéral de la JOCF pour devenir directeur des œuvres sociales et charitables du diocèse de Strasbourg. En même temps, elle fut bénévole au Secours catholique où elle fut responsable du service des malades et des visites aux détenus. Pendant sa période d’activité Alice Walter fut syndiquée à la CFTC et pendant un moment présidente du syndicat féminin Sainte-Odile. Elle prit sa retraite en 1978 mais resta encore au service des malades.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182166, notice WALTER Léonie, Marie, Joséphine, Alice par Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 29 juin 2016, dernière modification le 13 novembre 2017.

Par Jean-Marie Conraud

SOURCES : Jean-Pierre Coco, Joseph Debès, 1937, L’élan jociste, Éditions ouvrières, 1989. — Renseignements fournis par l’intéressée. — État civil.

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