POMEL Nicolas Auguste [POMMEL]

Par Pierre Baudrier

Né le 20 septembre 1821 à Issoire (Puy-de-Dôme), mort le 2 août 1898 à Oran (Algérie) ; géologue ; républicain ; conseiller général du département d’Oran de 1871 à 1880 ; sénateur d’Oran.

Fils de paysans d’Auvergne, Nicolas Pomel fut à Paris en 1848 aux côtés de Sobrier, de Barbès et de Blanqui à la Société républicaine centrale puis au Club de la Révolution, transporté en Algérie après le 2 décembre, géologue,
Passionné de botanique et de géologie, son service militaire, de sept ans, aurait pu briser sa vocation si le Muséum n’avait obtenu pour lui la permission d’aller travailler chaque jour dans les collections de fossiles. Jaubert le fit nommer préparateur à l’École des Mines en 1846.
En 1848, Amable Longepied* fit de lui le commissaire de la région d’Issoire, où il dut rencontrer Pierre, Joseph, dit Auguste Bravard*, démocrate et géologue comme lui. Pomel y était revenu dès 1846. Bravard prend le chemin de l’Argentine. En Algérie Pomel retrouva ses parents installés avec les colons de 1848 sur 23 hectares du Centre de colonisation de Saint-Louis. À l’époque la police politique disait de sa vie privée : « la position qu’il s’est faite en épousant une fille beaucoup plus âgée que lui, laquelle avait même vécu en concubinage avec un autre n’était pas de nature à pacifier ses opinions. ». On sait que l’aînée de ses filles, Augusta, dessina les planches de l’un de ses ouvrages, détail qui à défaut de refléter la couleur de ses opinions, plaide pour une vie de famille unie. Son biographe, Roland Villot, ne dit mot du mariage de Pomel qui est employé comme ingénieur à la Compagnie des Mines de plomb argentifère de Gar-Rouban. Il fut à nouveau garde des mines en 1856, fait une carrière de géologue et d’homme politique, la Sorbonne allant même jusqu’à lui conférer le même jour, en 1883, les grades de bachelier, licencié et de docteur. C’est qu’il se partageait entre Oran et Paris. Homme politique, il avait été élu conseiller général du département d’Oran de 1871 à 1880 et en fut le président pendant 6 ans mais il fut également sénateur d’Oran et siégea au Sénat (Gauche républicaine), de 1876 à 1882. Géologue, il avait été directeur de l’École des Sciences à Alger en 1880, il sera directeur du Service de la Carte Géologique d’Algérie.
Le Dictionnaire des Parlementaires Français de Robert et Cougny ne croit pas au miracle de 1883, le baccalauréat, la licence, le doctorat en un jour. Ne voilà-t-il pas que Pomel aurait fait ses études au lycée de Clermont, commencé sa licence de sciences. Pris par la conscription au moment où il se préparait à l’École des mines, il se serait fait recevoir ingénieur civil après sa libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182217, notice POMEL Nicolas Auguste [POMMEL] par Pierre Baudrier, version mise en ligne le 1er juillet 2016, dernière modification le 14 juillet 2016.

Par Pierre Baudrier

ŒUVRE : abondante bibliographie de géologue.

SOURCES : Marcel Émerit, Roland Villot, Auguste Pomel, démocrate et savant (1821-1898) [compte rendu] Annales, Économies, Sociétés, Civilisations, 1959, volume 14, numéro 1, pp. 171-172. — Yasmina Chaïd-Saoudi, La contribution de Nicolas Auguste Pomel au développement de la préhistoire algérienne, pp. 65-69 in Actes du deuxième colloque international ayant pour thème « l’archéologie et la préhistoire dans le cursus universitaire » organisé par l’Institut d’Archéologie de l’Université d’Alger à Bouzaréah le 2-3 juin 2009, Athar, 2010, pp. 65-69. En ligne : https://www.academia.edu/4730537/La_contribution_de_Nicolas_Auguste_Pomel_au_d%C3%A9veloppement_de_la_pr%C3%A9histoire_alg%C3%A9rienne

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