BUVAT Louis, Alexandre

Par Claude Pennetier

Né le 6 septembre 1892 à Bourges (Cher), mort en déportation le 1er août 1943 à Auschwitz (Pologne) ; ouvrier aux Établissements militaires de Bourges, secrétaire du rayon communiste de Bourges, secrétaire du syndicat unitaire des Établissements militaires de Bourges.

Fils de Auguste Buvat, ajusteur, et de Julie Cocu, sans profession, Louis Buvat fut un des principaux dirigeants du syndicat des Établissements militaires entre les deux guerres. Membre du bureau du syndicat des EM de Bourges de 1920 à 1926, il devint secrétaire adjoint en 1922 et secrétaire général en 1926-1927, puis sans avoir de titre, il resta le dirigeant écouté du syndicat unitaire. Buvat était sans doute membre du Parti socialiste et il adhéra au Parti communiste après le congrès de Tours ; il était membre de la commission administrative fédérale comme suppléant en 1921 et titulaire en 1922. En 1924, lors de la réorganisation sur la base des cellules, il fut élu secrétaire du rayon de Bourges ; il appartenait alors à la cellule numéro 1. Buvat, surtout syndicaliste, animait en 1926, la commission syndicale de la région communiste du Centre. En 1927, il n’était plus secrétaire du rayon, il était devenu « agent militarisé » aux EM et appartenait à la cellule n° 2. Au sein du Bureau régional, il fut avec Cornavin, député du Cher et ancien ouvrier des EM, l’un des principaux artisans de l’exclusion de Maurice Boin, ancien membre du Comité directeur du Parti, et rédacteur en chef de L’Émancipateur.
Aux élections de 1928, « L’hostilité du clan Buvat-Cornavin prit un caractère inouï de haine contre ma candidature » écrivit en 1929 Boin dans sa brochure Pourquoi et comment j’ai été exclu du Parti communiste. Buvat multipliait effectivement les attaques contre Boin ; lors d’une réunion des cellules numéros 1 et 2 des EM, le 13 février 1928, il déclara « que Boin est un arriviste, un anticommuniste et que, s’il était candidat, il fallait lui donner la plus mauvaise circonscription ». À la conférence départementale du 19 février 1928, il affirmait « que ce camarade n’est pas digne de porter le drapeau du parti au cours de la prochaine bataille électorale » (Arch. Dép., 25 M 128). Aussi se félicita-t-il de l’exclusion de Maurice Boin en « . Boin en fit un personnage de son roman inédit Les Cellulards, sous le nom de Téteau.z
Dans les années 1930-1931, le recul de l’implantation unitaire, l’influence naissante des confédérés au sein des Établissements militaires l’inquiétèrent. Il en rendit responsable la tactique syndicale du Parti. Ainsi à la réunion des cellules 1 et 2 des EM, le 23 septembre 1931, Buvat intervint avec Virmot* en faveur de l’entrée en masse et sans conditions dans la CGT « pour en avoir la direction par la suite »... « Virmot et Buvat ont maintenu leur point de vue, qui est l’entrée en masse à la CGT sans aucune espèce de réserve. Les protestations ayant accueilli cette manière de voir, Buvat est parti en claquant la porte » (Arch. Dép., 25 M 128).
Louis Buvat fut l’un de six militants proposés aux cellules du Cher, qui devaient choisir quatre d’entre eux comme candidats aux élections législatives de 1932. Bon orateur, il prit souvent la parole dans les meetings syndicaux en 1933-1934, mais il n’appartenait plus à la direction politique régionale. Devenu contrôleur, il semble avoir diminué son militantisme.

En 1939, bien qu’âgé de quarante-sept-ans, il fut rayé de son affectation spéciale et envoyé aux armées. Arrêté en 1942, la perquisition permit de trouver de la documentation communiste d’avant guerre et le tribunal de la Feldcommandantur 589 le condamna à trois mois de prison pour nous remise de documentation communiste, pour autant elle ne le considéra pas comme un communiste actif. Buvat aurait dû être libéré le 5 juin 1942 mais ce ne fut pas le cas et il fut déporté le 6 juillet 1942 à Auschwitz dans le convoi d’otages communistes et juifs formé par l’occupant en représailles des premières actions de lutte armée contre des membres de la Wehrmacht. Selon un des rescapés du convoi, Aimé Obœuf, il fut affecté à Birkenau au kommando Terrasse. Il y aurait été abattu « pour un geste de révolte » et avoir fendu le crâne d’un SS d’un coup de pelle. Louis Buvat aurait été « seulement » blessé, puis amené à l’infirmerie et sélectionné pour la chambre à gaz.

Louis Buvat s’était marié le 29 octobre 1921 à Bourges avec Marie Chagnon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18223, notice BUVAT Louis, Alexandre par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 4 janvier 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Cher, 25 M 127-128 et 1W, dossier des condamnés pendant l’Occupation, rapport du 9 mars 1942. — L’Émancipateur.Le Syndicat du Cher. — Maurice Boin, Pourquoi et comment j’ai été exclu du Parti communiste, Bourges, 1929. — Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, 2005. — Notes de Claudine Cardon-Hamel. — État civil en ligne cote 3E 4896, vue 288.

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