BARRAU Henri

Par Jean-Claude Guillon

Né le 1er mars 1929 à May-sur-Evre (Maine-et-Loire), mort le 25 mars 1994 à Tours (Indre-et-Loire) ; prêtre-ouvrier ; travailleur du bois ; militant syndicaliste CGT.

Né d’une famille ouvrière du Choletais, il fut le témoin des luttes syndicales menées sur place. Entre autres, son père mit en place une coopérative ouvrière.

Voulant être curé, il étudia au Séminaire de Cholet, fit ses premiers vœux en 1955 dans l’équipe « Les Fils de la Charité », fut ordonné prêtre en 1958, commença son ministère à Villeneuve-Saint-Georges (Val de Marne) et fut nommé en 1963 à Sallaumines (Pas de Calais).

Quelque peu fatigué et déprimé par des fonctions dans lesquelles il ne retrouvait pas la culture ouvrière de ses origines familiales, il décida de devenir prêtre-ouvrier et s’installa à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire), demeurant au presbytère de « La Médaille ». Ainsi, en 1970, il fut embauché dans l’entreprise de fabrication de meubles, la DF-Simat, assumant plusieurs responsabilités syndicales à la CGT : secrétaire, délégué du personnel, membre du CE. Il mena une dure lutte avec les salariés contre les licenciements et la fermeture de l’usine. Il sera finalement licencié économique en 1989 avec plusieurs camarades, événement dont il souffrit longtemps, et prit donc sa retraite.

Il fut également membre de la commission exécutive de l’UD-CGT d’Indre-et-Loire de février 1975 à février 1988.

Après sa retraite, il participa activement à l’Union syndicale des retraités CGT d’Indre-et-Loire, créant une section d’anciens syndiqués de son entreprise.

Lors de ses obsèques religieuses, après les épreuves d’une longue maladie, et ainsi qu’il l’avait souhaité, en plus des allocutions de ses amis et camarades, se firent entendre plusieurs chansons de Jean Ferrat, son chanteur préféré : « pourtant, que la montagne est belle… ».

Comme ses camarades prêtres-ouvriers militant à la CGT, il accomplit se vocation fondamentale de solidarité avec la classe ouvrière. Fidèle à ses convictions, estimé pour sa générosité, sa clairvoyance et sa fermeté dans le combat, il écrivit dans un témoignage : « Au syndicat, j’ai trouvé des camarades CGT, communistes pour certains d’entre eux. Quelle richesse ! Des copains qui se battent pour les autres au risque de bloquer leur promotion. Certains en ont fait les frais. Des copains qui réagissaient au quart de tour à tous les appels des ouvriers, contre toutes les injustices ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18229, notice BARRAU Henri par Jean-Claude Guillon, version mise en ligne le 21 janvier 2009, dernière modification le 1er avril 2021.

Par Jean-Claude Guillon

SOURCES : Archives de l’UD-CGT d’Indre-et-Loire. — Écrits d’Henri Barrau. — Témoignage de Jean Fréoux.

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