LI Suwen 李素文

Par Jean-Luc Domenach

Née au Hubei vers 1933. Cadre rural devenu travailleur modèle de Shenyang, elle a connu à l’issue de la Révolution culturelle une promotion politique (vice-présidente du comité révolutionnaire du Liaoning, membre du C.C. du P.C.C., vice-présidente du comité permanent de l’A.N.P.) aussi soudaine que devait l’être sa disgrâce après la chute des « Quatre » (octobre 1976).

C’est avec des personnages comme Li Suwen qu’à l’issue de la Révolution culturelle la « gauche officielle » entendait assurer la relève des grands dirigeants du régime. Selon la presse, Li n’était à l’origine qu’une simple vendeuse de magasin de la ville de Shenyang (Liaoning). La réalité, pour autant qu’on la connaisse, ne concorde pas complètement avec cette description. Certes, Li est née dans une famille misérable du Hubei et, n’ayant poursuivi d’études que pendant trois ans après la Libération, elle est toujours restée à moitié analphabète. Mais, au même titre que d’autres travailleurs modèles du régime chinois (voir par exemple Wen Xianglan (文香蘭)), elle est très tôt devenue cadre de base. Secrétaire de section de la L.J.C. au début des années 50, elle a dirigé une coopérative supérieure dans sa région natale avant d’être transférée en 1957 à Shenyang comme cadre de base. En tant que travailleur modèle, elle a été déléguée à diverses assemblées tenues dans la capitale. En 1964, le Liaoning l’a élue député à l’A.N.P. On peut penser qu’elle a joué un rôle actif et orthodoxe pendant la Révolution culturelle car elle a été promue d’un coup, en mai 1968, vice-présidente du comité révolutionnaire de Shenyang, et a fait partie de la fournée des travailleurs modèles portés au C.C. par le IXe congrès du P.C.C. (avril 1969). Désignée par la suite vice-présidente du comité révolutionnaire du Liaoning et secrétaire du comité provincial de la L.J.C., Li Suwen était alors souvent mise en avant par la propagande du régime et fit partie de diverses délégations à l’étranger (au Japon en avril 1973 et à l’O.N.U. en janvier 1974). En janvier 1975, la première session de la IVe A.N.P. l’élisait parmi les vingt-deux vice-présidents de son comité permanent. Dans ce cas précis, le poste n’était pas seulement honorifique. En prononçant devant ce comité permanent un rapport sur le tremblement de terre du Liaoning (mars 1975), en conduisant la délégation chinoise à l’assemblée mondiale des femmes de Mexico (juin 1975) et en recevant à Pékin de nombreuses visiteuses étrangères, Li Suwen s’affirmait comme l’une des premières femmes d’un régime qui ne leur laisse que peu de postes importants. Cependant, après la chute des « Quatre » et de leurs puissants agents dans le Liaoning, cette ascension devait nécessairement paraître suspecte. Li Suwen a progressivement cessé toute activité à partir d’octobre 1976 et perdu, semble-t-il, tous ses postes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182349, notice LI Suwen 李素文 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 8 novembre 2016, dernière modification le 8 novembre 2016.

Par Jean-Luc Domenach

SOURCES : Mingbao, 4-10 août 1977. — RMRB 11 mars 1973, 16 avril 1973, 19 janvier 1975, 19 mars 1975. — Le discours que Li Suwen a prononcé à Mexico, dans lequel elle défend le thème très classique de la primauté de l’action politique sur l’action féministe, a été traduit dans Pékin Information du 7 juillet 1975.

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