BELLISSANT Antoine, Rémy

Né le 7 décembre 1811 au Petit-Fourcheret, à Villeneuve-sur-Bellot (Seine-et-Marne), mort en janvier 1897 à Viels-Maisons (Aisne). Instituteur public et ardent républicain. Patriote, et participant à la Commune de Paris.

Son père, Simon Bellissant, était jardinier au château et sa mère ravaudeuse. Élève intelligent et studieux Antoine Bellissant fréquenta l’école jusqu’à l’âge de 14 ans. Entré comme jardinier au château en 1826, il montra peu d’aptitudes pour cette profession et consacra la plupart de son temps à lire tout ce qui lui tombait sous la main. Le châtelain l’ayant congédié, il cultiva les parcelles de terre que son père possédait, mais sans grand succès. Sur le conseil des autorités de la commune, il se présenta en 1833 au premier concours de l’École normale de Melun. Il fut reçu premier et en sortit premier.

Nommé instituteur en 1836, à Villeneuve-sur-Bellot, Antoine Bellissant fut un excellent maître occupant ses loisirs à des tâches diverses. Il fit une géodésie à l’usage des géomètres et arpenteurs. Il écrivit un petit catéchisme civique et républicain : Questions politiques et sociales. Le 4 janvier 1836, il épousa sa camarade d’enfance Lucie Delaitre, dont il eut trois enfants. Il se lia avec les républicains de la région et fréquenta Ricard de La Ferté-Gaucher.

Il fut emprisonné à Coulommiers le 27 décembre 1851, pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement et pour offenses envers le président. Le sous-préfet de Coulommiers s’opposa d’abord à sa libération à cause de son attitude inconvenante en février 1852, puis la demanda en mars au nom de sa femme et de ses enfants. Il fut transféré à Melun le 11 mars 1852 et le maire de Villeneuve demanda sa libération le 13. Il fut libéré le 23 avril 1852 à la demande du sous-préfet qui l’estimait moins coupable que Ricard, lequel venait d’être gracié. Il fut rétabli dans ses fonctions, non pas à Villeneuve mais à Limoges-Fourches (Seine-et-Marne). En 1855, il exerçait à Fresnes-sur-Marne (Seine-et-Marne). Ayant fait preuve d’indiscipline lors d’une conférence pédagogique (il ne portait pas la tenue réglementaire et n’avait pas fait couper sa moustache), il fut transféré à Roissy-en-Brie où il resta de 1856 à 1860. Entré en lutte avec le curé et menacé de révocation par l’inspecteur, auquel il avait répondu avec vivacité au sujet de sa moustache, il donna sa démission. Soutenu par la municipalité, il se proposait d’ouvrir une école libre. Le préfet le lui interdit avant un délai de six mois. Le maire et l’adjoint étant morts tous les deux subitement, le 26 mars 1860, Bellissant accepta une place de comptable dans une exploitation de plâtre à Villeparisis (Seine-et-Marne). Il y travailla jusqu’à la guerre de 1870.

Il alla à Paris s’engager au 140e bataillon de la Garde nationale.

La Commune de Paris lui donna un poste d’instituteur à l’école de la rue Servan (XIe arr.). Il y demeura jusqu’au 25 mai 1871. Il se retira alors avec sa femme à Viels-Maisons chez son plus jeune fils. Il s’occupait à la fin de sa vie d’arpentage, d’expertises et donnait des leçons particulières.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182611, notice BELLISSANT Antoine, Rémy, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 24 octobre 2018.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Marne, 6 M 155 (2). — Paul Bailly, "Antoine-Rémy Bellissant, premier major de l’École normale de Melun", dans la Tribune des Institutrices et Instituteurs de Seine-et-Marne (n° 505, p. 46-49 ; n° 507, p. 58-61 ; n° 508, pp. 56-62). — Georges Duveau, Les Instituteurs, Paris, 1957, p. 99.

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