TEISSEIRE Maurice, Jean

Par Gérard Leidet

Né le 19 juillet 1929 à Bonnieux (Vaucluse), mort le 5 janvier 2016 à Septèmes-les-Vallons (Bouches-du-Rhône) ; métallurgiste puis dessinateur industriel ; militant syndicaliste de la CGT ; militant communiste, adjoint aux finances de Septèmes-les-Vallons (1965-1971) ; militant associatif et mutualiste.

Son père, Maurice, Raoul Teisseire, avait été gendarme à Larche (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), à Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), puis chef de brigade à Bonnieux (Vaucluse) avant de devenir contremaître à l’usine SIC du Midi à Septèmes-les-Vallons. Il était alors militant socialiste SFIO et élu au conseil municipal. Sa mère, Léonie Bouche, était femme au foyer. Ses parents étaient originaires de Castres (Tarn), et vouaient un culte singulier à Jean Jaurès.

Maurice Tesseire fut élève à l’école communale de Bonnieux, puis au centre d’apprentissage d’Apt (Vaucluse), avant de terminer ses années de formation, en 1947, à l’école d’électricité de Saint-Barnabé, quartier de Marseille (XIIe arr.). Il entra dans la vie active comme ouvrier métallurgiste aux « Chantiers de Provence », puis en 1955 il fut embauché à la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Est (SNCASE). C’est au sein de cette entreprise qu’il devint délégué syndical de la CGT, investi dans le comité d’entreprise et chargé par ailleurs de la diffusion de la Vie ouvrière. Il poursuivit par la suite son activité professionnelle et son engagement syndical à Eurocopter à Marignane (Bouches-du-Rhône).

Après avoir prêté un certain intérêt au gaullisme, Maurice Teisseire adhéra au Parti communiste français en 1963. Il participa à l’école fédérale et fut marqué, comme de nombreux militants et militantes des Bouches-du-Rhône, par la personnalité et le rayonnement de René Féniche qui anima durant de longues années les cessions de l’école du Parti à La Pounche (un des hameaux d’Allauch, village situé au nord-est de Marseille).

Maurice Teisseire fut élu conseiller municipal de Septèmes-les-Vallons en 1965 dans la première municipalité à direction communiste dirigée par François Césari, autre personnalité qui l’influença. La liste animée par ce dernier prenait alors le relais de la longue gestion municipale socialiste incarnée par Pierre Tramoni, maire de 1925 à 1931, auquel succéda Elie Corradi, qui, relevé de ses fonctions par le gouvernement de Vichy, administra la commune avant et après la guerre (1931-1941 ; 1944-1951). Après le décès de François Césari, en décembre 1966, Marc Ferrandi devint premier magistrat de la ville, et Maurice Teisseire fut élu second adjoint. Il devint un pilier de la nouvelle municipalité avec Valentin Franceschi (adjoint socialiste), et René Payan (adjoint communiste). Durant cette deuxième moitié des années 1960, il prit en charge les finances communales alors que la ville connaissait un essor démographique sans précédent, passant de 4 600 habitants en 1962 à 10 827 en 1975. Il fut notamment l’homme de confiance de Marc Ferrandi sur des dossiers complexes comme celui de la construction des « Castors Isabella ».

Maurice Teisseire ne renouvela pas son mandat municipal aux élections de 1971. Il revint au syndicalisme tout en continuant à militer au PCF. Il avait été dès le début des années 1960 et demeura durant de longues années, un militant chargé de la vente du quotidien communiste régional La Marseillaise et de l’Humanité à Septèmes et à Calas, le village voisin. Il était par ailleurs un lecteur très assidu du Monde diplomatique, qui nourrissait également sa réflexion politique ainsi que ses interventions publiques toujours structurées.

A côté de son engagement syndical et politique, Maurice Teisseire s’investit au sein du bureau départemental des Mutuelles de la CGT créées par Lucien Molino et présidées alors par Louis Calisti. Lors de son mandat municipal, il avait aussi mis en place avec Marie-Germaine Maury, employée du Centre communal d’action sociale, une antenne du « Secours populaire » dont il fut le président durant plusieurs années. À l’âge de la retraite, il s’intéressa au tourisme sous l’angle syndical et social, à travers l’association « Tourisme et travail » dont il était un dirigeant à Marseille. Il était conscient que face aux changements sociaux et culturels, aux modifications des politiques publiques, à la professionnalisation et à la concurrence marchande liée à l’essor du tourisme de masse, ce tourisme social allait connaitre des évolutions et des difficultés.

Maurice Teisseire s’adonna avec passion à l’étude des textes de Marx et encore plus d’ Engels qu’il citait longuement, toujours en situation. Il fit partie de cette génération de militants communistes chez lesquels il n’y avait pas de césure entre l’intellectuel et le manuel. Il aimait autant la théorie et la conceptualisation que l’action, tout autant la lecture et l’écriture. Il comprit très vite qu’il ne pouvait y avoir de socialisme sans démocratie. En même temps, il savait faire la différence « entre le compromis et la compromission » comme il se plaisait à la rappeler. Il refusait les faux-semblants et n’hésitait pas à être critique envers ses propres amis.

Entre 1995 et 2000, Maurice Teisseire assuma la présidence du bulletin Le SeptéMois qui avait alors un fonctionnement associatif. Après 2000, il continua à collaborer plusieurs années au SeptéMois, devenu bulletin municipal. Il y tenait régulièrement un billet d’humeur, intitulé à dessein « Le Cabridan » (en Provence une grosse guêpe), dans le lequel le professeur Hazimuth – son pseudo – posait toujours les questions politiques et sociales qui intéressaient la cité, dans tous les sens du terme.

Maurice Teisseire avait épousé, en 1954, Yvette Odde, devenue conseillère municipale (1971-1977 puis 1989-1995). Durant les douze années précédentes (1959-1971), le conseil municipal avait été exclusivement masculin, alors que dans le contexte de la Libération, la résistante et militante socialiste, Justine Chave, était devenue la première conseillère municipale. Issue d’une vieille famille de Septèmes et des Pennes-Mirabeau, (commune limitrophe de Septèmes), Yvette Teisseire intégra en 1971 l’équipe municipale ; elle fut la première femme adjointe au maire (1977-1989), déléguée aux affaires sociales.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182630, notice TEISSEIRE Maurice, Jean par Gérard Leidet, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 26 juillet 2016.

Par Gérard Leidet

SOURCES : Arch. mun. Septèmes-les-Vallons — Septèmes entre mémoire et avenir, Septèmes, Centre culturel Louis Aragon.— Sylvain Pattieu, Tourisme et travail. De l’éducation populaire au secteur marchand (1945-1985), Presses de Sciences Po, 2009. — Le SeptéMois, bulletin de Septèmes-les vallons. — Témoignage d’Yvette Teisseire. — Notes de Patrick Magro

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