CLÉRAY François ou CLÉRET François, Eugène, dit Juste

Né le 6 janvier 1828 à Saint-Cyr (Seine-et-Oise), mort à Brunoy (Seine-et-Oise) le 5 juillet 1882 ; fabricant de peignes en écaille ; révolutionnaire de 1848 et de 1871.

Il était marié, sans enfants. Établi depuis 1840 à Paris, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, il était délégué de la 15e brigade des Ateliers nationaux du VIe arrdt (ancien) et dépositaire du drapeau quand, en juin 1848, il participa à la prise de la 9e mairie où il sauva le vie d’un officier. Après avoir combattu rue Saint-Antoine et, le lendemain 25, à la barricade de la place Baudoyer, il se trouvait en juillet, à Saint-Cyr pour faire la moisson, faute de travail en ville, quand ses propos le firent arrêter : « J’ai pris, disait-il, un fusil parce que je mourais de faim ; on n’aurait pas dû renvoyer les ouvriers sans leur donner de travaux. »

Saisi en possession d’une carte d’entrée aux lectures publiques du soir du ministère de l’Instruction publique, de sa nomination de délégué, et de Peuple et Bourgeoisie de Leroy, il fut, le 23 septembre, transporté en Algérie où il fut condamné à un an de prison par le conseil de guerre de Constantine. Son frère avait également été arrêté comme insurgé.

Cléray fut gracié le 18 octobre 1854, sous réserve de la surveillance.

Le 23 janvier 1861, il fut condamné à 16 F d’amende pour coups par le tribunal correctionnel de Paris.

Cleray souscrivit pour l’érection du monument Baudin. C’est chez lui que, peu avant la chute de l’Empire, Auguste Blanqui trouva un refuge, après la tentative malheureuse des blanquistes contre la caserne des pompiers de la Villette (14 août 1870). Il joua un grand rôle dans la journée du 4 septembre. Au moment des événements du 31 octobre, Blanqui logea à nouveau chez lui, 191, rue du Temple. Selon Dommanget, Cléray exerçait « une influence considérable dans les quartiers du Temple et des Enfants-Rouges ».

Le 7 novembre 1870, il fut élu adjoint à la mairie du IIIe arrondissement. Le 26 mars 1871, aux élections pour la Commune, il obtint 5 698 voix dans le IIIe arr., mais ne fut pas élu. Il quitta Paris en avril 1871. En 1873, le 6 avril, au premier tour de scrutin, il fut élu membre du Conseil municipal de Paris pour le quartier des Enfants-Rouges, IIIe arr. Il le demeura jusqu’en 1877.

Décédé en 1882, il fut enterré civilement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182657, notice CLÉRAY François ou CLÉRET François, Eugène, dit Juste, version mise en ligne le 19 juillet 2016, dernière modification le 13 février 2019.

SOURCES : Arch. Min. Guerre, A 12381. — Arch. PPo., Ba 1014. — I. Tchernoff, Le Parti républicain au coup d’État et sous le Second Empire. — M. Dommanget, Blanqui et l’opposition révolutionnaire à la fin du Second Empire, Paris, Armand Colin, 1960 — M. Dommanget, Blanqui. La guerre de 1870-71 et la Commune, Paris, Domat, 1947.

ICONOGRAPHIE : L’Estafette, décembre 1879.

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