DEGUERRY (abbé)

Prêtre rallié à la Deuxième République, puis au Second Empire.

Ce fut le plus connu des prêtres socialisants de la Seconde République, mais non le plus tenace. Il avait été aumônier militaire sous la Restauration ; en 1830, il semble qu’il se rallia à Louis-Philippe. Au début de la Deuxième République, il se montrait ardent républicain et bénit l’arbre de la Liberté sur la place des Halles. Il fut candidat malheureux aux élections du 23 avril 1848 à la Constituante et aux élections partielles d’octobre. Il avait applaudi sans réserve au manifeste électoral de la Démocratie pacifique et il félicita les rédacteurs de l’Ère nouvelle, pour leur action en faveur des ouvriers.

Alors il lui sembla, sans doute, qu’il était allé trop loin. Il s’abstint de donner son adhésion au cercle de la Démocratie catholique fondé par Arnaud de l’Ariège (voir ce nom) et refusa de cacher ce dernier lors du coup d’État. Il se rallia à l’Empire, prêcha aux Tuileries, devint aumônier du Prince impérial. C’était maintenant une célébrité du Tout-Paris. Il signa, avec un certain nombre d’autres prêtres, comme l’abbé Clément, auteur de La Philosophie sociale de la Bible, le prospectus d’un nouveau journal qui ne parut jamais : Le Bien du Peuple, journal des réformes religieuses, sociales et politiques.

Le chanoine Deguerry, curé de la Madeleine, sera fusillé en mai 1871 comme otage de la Commune de Paris. Voir Flotte B.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182677, notice DEGUERRY (abbé), version mise en ligne le 20 juillet 2016, dernière modification le 27 mars 2019.

SOURCE : J.-B. Duroselle, Les Débuts du catholicisme social en France, 1822-1870.

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