DESCHAMPS Jean-Louis

Né le 18 thermidor an XI (6 août 1803) et mort le 28 novembre 1889 à Saint-Cyr-la-Lande (Deux-Sèvres) ; tailleur de pierre ; opposant au Second Empire ; sympathisant de la Commune de Paris ?

Fils de Jean Deschamps (1770-1824), volontaire à la 83e demi-brigade d’infanterie, créée en 1796, et dissoute en 1803, devenu garde-champêtre, et de Marie Beliard (1777-1851), Jean-Louis Deschamps fut élevé et vécut dans le village de Ferolle, commune de Saint-Cyr-la-Lande dans la plaine thouarsaise, où les idées républicaines avaient fait leur chemin depuis la Révolution.

Il avait un jeune frère cadet, Charles, Paul, né le 3 mai 1816, marié le 9 janvier 1844 à Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) à Henriette Sorin. Tous deux étaient maçons, tailleurs de pierre.

Jean-Louis Deschamps se maria le 17 mars 1824 à Pas-de-Jeu (Deux-Sèvres) avec Eléonore Rouleau (1799-1872), couturière. Ils eurent cinq enfants : Jean Célestin (1825-1903), Jeanne Eléonore (1826-1840), Charles Auguste (1829, vit en 1889), Virginie (1831-1911) et Céleste (1839-)

Il fut condamné, le 13 septembre 1856, par le tribunal correctionnel de Bressuire, à trois mois de prison pour affiliation à la société secrète la Marianne, tout comme Michel Aubry, maréchal ferrant dans la même commune, et Louis Billon, tisserand dans la commune voisine de Brion. Cette association républicaine, fondée à Angers en 1850, était influente dans le villages au nord de Thouars. Les nombreux « Marianneux » de Sainte-Verge, commune voisine de Thouars, avaient décidé de mettre le feu à tous les blés sur pied et à toutes les propriétés de nobles et de curés, le 25 juillet, mais ils furent dénoncés (voir Antoine, tisserand à Sainte-Verge et liste des « Marianneux » de la commune). Peu après 5 à 600 ouvriers ardoisiers de Trélazé tentèrent de marcher sur la capitale angevine pour y rétablir la République les 26-27 août 1855. 138 d’entre eux furent arrêtés et les meneurs durement condamnés. Jean-Marie Secrétain, mourut à l’île du Diable en 1856 et François Attibert fut envoyé au bagne de Cayenne, s’en évada en 1856 et fut amnistié en 1859.

Une lettre anonyme du 24 mars 1871, adressée au commissaire de police de Thouars, dénonçait « les frères Deschamps » comme étant « affiliés » à la Commune de Paris. D’après cette lettre, l’un des deux frères était un négociant « bientôt ruiné » (sic), l’autre ex-commandant de la garde « mobilisée », renvoyé dans ses foyers pour raison de santé.
Toujours d’après la même source, tous deux seraient des « agents secrets du Comité révolutionnaire de Paris » chargés d’organiser le mouvement à Thouars, « de concert avec le citoyen Bap (?) et compagnie des environs » ; mais les conspirateurs trouvant que Paris « n’allait pas assez vite » et que le comité de Niort « ne bougeait pas », leur chef de file, le citoyen Couteleau, s’est réuni avec ses amis politiques à Thouars et le voyage à Paris aurait été décidé pour aller prendre auprès d’Assi, membre du Comité révolutionnaire, toutes les instructions ». En transmettant ce document au préfet des Deux-Sèvres le 28 mars 1871, le sous-préfet de Bressuire déclarait ne pas attacher une grande importance aux faits énoncés dans un écrit non signé ; mais il rappelait que le canton de Thouars était autrefois le centre de la conspiration dite la Marianne et que les frères Deschamps avaient toujours passé pour en avoir fait partie (Voir aussi Arnault Philippe-Auguste notice comportant la liste des « Marianneux des Deux-Sèvres).

Jean-Louis Deschamps, veuf, se remaria aussitôt avec Jeanne Robert, le 20 janvier 1873 à Saint-Cyr, et y mourut à 87 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182683, notice DESCHAMPS Jean-Louis, version mise en ligne le 20 juillet 2016, dernière modification le 23 janvier 2021.

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres, état- civil, registre des jugements rendus par le tribunal de Bressuire, année 1856 et 4 M 6/23. — Site Association 1851 pour la mémoire des Résistants républicains.— Notes d’Alain Dalançon

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