LI Zhong 李中

Par Alain Roux

Né en 1897 à Xiangxiang (Hunan), mort le 9 août 1951 à Nanxian (Hunan) ; ouvrier de l’arsenal de Shanghai qui écrit, en septembre 1920, une lettre publiée par Laodong jie (le Monde du Travail), journal édité par le « petit groupe communiste de Shanghai ».

Appelé Li Shengxie, il est entra à l’École Normale n°1 de Changsha en 1913 où il aida Mao Zedong à organiser des cours du soir pour les travailleurs. Diplômé, il fut embauché comme tourneur sur métaux à l’arsenal de Shanghai à l’incitation de Chen Duxiu (陳獨秀). Il avait incité Mao à venir aussi travailler en usine.
Sa lettre publiée en septembre 1920 par Laodong jie (le Monde du Travail), journal édité par le « petit groupe communiste de Shanghai », est un document historique, car elle est le premier texte connu écrit par un ouvrier chinois s’inspirant en gros du marxisme. Elle appelle les ouvriers à s’organiser sur une base de classe, et évoque avec espérance le socialisme et la révolution russe. Mais elle demeure très vague dans ses objectifs et fort imprécise dans sa formulation. Jean Chesneaux qui l’a traduite y décèle avec raison des traces d’anarcho-syndicalisme avec l’insistance non pas sur la prise en main de l’appareil d’État mais sur la gestion directe de l’économie par les producteurs eux-mêmes. Ce texte reflète d’assez près la situation du « petit groupe » où marxistes, anarcho-syndicalistes et socialises utopiques se côtoyaient encore. Li Zhong n’était pas homme à s’en tenir à de vaines déclarations. Le 3 octobre 1920, il fonde le syndicat des mécaniciens de Shanghai, qui est le premier syndicat organisé sur une base de classe dans cette ville. Le manifeste publié par ce nouveau syndicat est fort net. Il condamne cinq types de syndicats auxquels il ne veut pas ressembler : les syndicats de capitalistes, les amicales régionalistes, les syndicats de politiciens, les syndicats mixtes ouvriers- patrons, les syndicats à pancarte publicitaire. Il précise qu’il est un syndicat d’« ouvriers vêtus en ouvrier ». Certes, ce nouveau syndicat dont Li Zhong est le président est un syndicat de métier et non pas un syndicat d’industrie : il réunit tous les mécaniciens même là où ils ne sont qu’une poignée comme dans l’industrie cotonnière. Sans doute ses activités essentielles sont-elles le secours mutuel et l’éducation. Mais son intérêt réside ailleurs : des ouvriers se sont, en le créant, dotés pour la première fois à Shanghai de structures qui soient uniquement à eux. On comprend mieux alors que les statuts aient été rédigés par Li Zhong avec l’aide de Chen Duxiu (陳獨秀). Li Zhong collabore en 1921-1922 avec le Secrétariat du travail.
Très actif lors du mouvement du 30 mai 1925 il fut arrêté après le 12 avril 1927. Libéré sous caution, il quitta le Parti communiste et devint instituteur dans sa région natale. Il mourut de maladie le 9 août 1951 à Nanxian sur la rive nord du lac Dongting alors qu’il était en route pour Pékin afin de répondre à l’invitation du président Mao Zedong. Son fils ainé était soldat de l’APL.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182708, notice LI Zhong 李中 par Alain Roux, version mise en ligne le 9 novembre 2016, dernière modification le 15 décembre 2021.

Par Alain Roux

ŒUVRE : « Haijun zaochuan suo gongren Li Zhong » (Lettre de l’ouvrier métallurgiste de l’arsenal Li Zhong) Laodongjie (Le Monde du Travail), n° 7 du 26 septembre 1920, traduite et publiée par Chesneaux (1965), p. 108-111.

SOURCES : Chesneaux (1962) et (1965). — Stuart Schram, éd., Mao’s Road to Power, vol 1 pages 605-609. — Chang Kai et al., Zhongguo gongyunshi cidian (Dictionnaire historique du mouvement ouvrier chinois). Laodong renshi chubanshe (Éditions des personnalités du travail), Pékin. 1990. p 737-738.

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