LIU Geping 劉格平

Par Jean-Luc Domenach

Né en 1912. Ce musulman du Hebei a joué après 1949 un rôle notable dans la politique des minorités nationales et connu une carrière de dirigeant provincial mouvementée.

Liu Geping
Liu Geping

Les informations sur la première partie de la vie de Liu Geping sont rares et polémiques. Il entre au P.C.C. en 1931. Emprisonné en 1935, il désobéit aux ordres de ses supérieurs de Chine du Nord et, contrairement à des hommes comme Peng Zhen (彭真), Bo Yibo (薄一波) et An Ziwen (安子文), refuse de faire une abjuration de façade. Il reste donc en prison jusqu’en 1944.
Cette fermeté d’âme et aussi ses origines musulmanes expliquent peut- être que ce personnage obscur reçoive, à la Libération, malgré l’animosité dont Liu Shaoqi (劉少奇) et An Ziwen l’auraient poursuivi, des postes relativement importants. Il est, avec Saifuding (賽福鼎), l’un des deux communistes non membres du C.C. nommés au Conseil du gouvernement central populaire (1949-1954). Jusqu’en 1958, il se spécialise dans le domaine des minorités nationales : il est vice-président de la Commission des affaires des nationalités (1949-1954), vice-président puis président (1955-1961) de l’institut central des Nationalités, président de la Commission des nationalités et membre du comité permanent de l’A.N.P. (1954-1964). Il occupe certains postes équivalents dans le Parti (il est directeur adjoint du Département du front uni de 1952 à 1958) et dans des associations destinées à promouvoir la culture des minorités nationales et les échanges avec les pays, notamment musulmans, du Tiers monde. En l’élisant au C.C. le VIIIe congrès du P.C.C. reconnaît la place qu’il occupe désormais (septembre 1956).
A partir de 1958, sa carrière acquiert un profil à la fois plus provincial et plus heurté. En octobre 1958, Liu devient gouverneur de la nouvelle Région autonome hui (c’est-à-dire musulmane) du Ningxia, où le premier secrétaire du Parti est un Chinois, Wang Feng. Mais à partir du milieu de l’année 1960, à une époque où les hommes proches de Liu Shaoqi gagnent en autorité, Liu Geping, accusé de « localisme », disparaît pratiquement de la scène publique. Il perd en 1961 la présidence de l’institut central des Nationalités et en 1964 ses postes dans les organes de l’A.N.P.
La Révolution culturelle le ramène aux avant-postes. Vice-gouverneur du Shanxi depuis décembre 1965, il y arbitre, en s’appuyant sur l’armée, les affrontements entre Gardes rouges et dirigeants locaux (janvier 1967).
Il devient, peut-être dès le printemps, président du comité révolutionnaire provincial et deuxième commissaire politique de l’importante région militaire de Pékin, le IXe congrès du P.C.C. le réélit au C.C. (mars 1969). Mais la synthèse intervenue au Shanxi aura sans doute été trop précoce. Liu Geping entretient de mauvaises relations avec ses collègues issus de l’A.P.L. Au cours de l’été 1969 éclatent à Taiyuan des heurts entre groupes civils et militaires, qu’une circulaire du C.C. condamne sévèrement (le texte en est reproduit in Zhonggong Yanjiu, 1969, n° 9). Liu est démis de ses fonctions au profit d’un officier, Xie Zhenhua. Cet événement qui témoigne de l’extension du pouvoir de l’armée de Lin Lin Biao (林彪), met provisoirement fin à une carrière qui semble avoir été particulièrement dépendante des conflits internes au P.C.C.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182744, notice LIU Geping 劉格平 par Jean-Luc Domenach, version mise en ligne le 14 décembre 2016, dernière modification le 24 août 2017.

Par Jean-Luc Domenach

Liu Geping
Liu Geping

ŒUVRE : Les articles de Liu Geping sur le problème des nationalités sont en général significatifs. On consultera par exemple ceux du RMRB 11 novembre 1958, 12 avril, 27 octobre 1959, 30 mars 1960.

SOURCES : Outre KC et WWCC, voir : Karnow (1972). — Rice (1972). — Zhonggong Yanjiu, 1969, n° 9.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément