IGERSHEIM Rolland, Léon

Par Daniel Grason

Né le 13 avril 1910 à Paris (XIe arr.), mort le 23 août 1944 à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris (XIIIe arr.) ; tapissier, maçon, matelot, gardien de la paix ; F.F.I.

Fils de Eugène Igersheim, maître d’hôtel, et de Gabrielle Carlier, sans profession, Roland Igersheim vécut son enfance, sa jeunesse et sa vie d’homme dans le XIe arrondissement. Il obtint son CEP à l’âge de treize ans. Rétrospectivement, il se souvenait mémoriser davantage les leçons de sciences et de géographie, sur les autres matières où il était en difficulté. Ses parents estimèrent plus sage de l’orienter vers un métier manuel. Dans son autobiographie écrite le 21 décembre 1934, il écrivit « ma mère me présenta chez un ami établi tapissier qui me prit comme apprenti. Je commençais donc comme arpette, puis petite main, jeune homme et ouvrier ».
Il débuta en 1923 jusqu’en juillet 1927 rue de Constantinople (XVIIe arr.). Ouvrier tapissier, il exerça sa profession rue de l’Ermitage (XXe arr.), rue d’Artois (VIIIe arr.) et dans le faubourg Saint-Antoine (XIIe arr.), retourna travailler dans le VIIIe arrondissement. Probablement en raison de difficultés économiques, Roland Igersheim exerça le métier d’aide-maçon de septembre 1929 à juin 1930, rue Mazarine (VIe arr.).
Il contracta un engagement de trois ans dans les Équipages de la Flotte à partir du 5 septembre 1930. Matelot de 1ère classe, la Marine nationale ne l’enchanta guère, surtout la rigidité de l’encadrement, il écopa de quelques peines légères de privation de liberté. Libéré de ses obligations militaires le 5 septembre 1933, il reprit son métier de tapissier chez un artisan du XVe, puis du VIIIe arrondissement.
À la fin juillet 1934, il fut sans emploi, il toucha un secours de chômage de la mairie du XIe à compter du 1er septembre 1934. Son frère gardien de la paix dans le IIe arrondissement lui conseilla de postuler auprès de la préfecture de police de Paris, ce qu’il fit.
Il débuta le 20 décembre 1934 comme stagiaire, titularisé, affecté au commissariat du IXe arrondissement il fut nommé chauffeur auxiliaire. Sa carrière se déroula sans accroc, en 1943 « actif et dévoué , telle était l’appréciation générale de sa hiérarchie. Il fut nommé chauffeur titulaire au garage.
Le 22 août 1944 vers 17 heures, il eut pour mission d’aller chercher des armes à Ivry-sur-Seine en compagnie de trois membres des F.F.I. Passant place Valhubert (XIIIe arr.), le véhicule fut mitraillé par un détachement de soldats allemands. Une balle explosive atteignit Roland Igersheim à la tête. Emmené à l’Hôpital de la Salpêtrière tout proche, il mourut au cours de la nuit. Son décès a été enregistré le 23 août.
Son inhumation se déroula le 26 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). Le jeudi 10 octobre, Roland Igersheim était-ré-inhumé dans le caveau familial dans le même cimetière, en présence d’une délégation de la préfecture de police comprenant un inspecteur principal, un inspecteur principal adjoint, un brigadier et dix gardiens de la paix. Le ministère des Anciens combattants attribua à Roland Igersheim la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I. Son nom figure sur la liste des Morts pour la Libération de Paris au Musée de la Police, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, (Ve arr.). Son nom a été gravé sur le monument aux morts du IXe arrondissement au 6 rue Drouot, ainsi que sur la plaque « À la mémoire des combattants du 9e arr. morts pour la Libération de Paris du 19 au 25 août 1944 ».
Roland Igersheim s’était marié le 13 avril 1935 à Paris (XIIIe arr.) avec Angèle, Jeanne Paris, le couple habita dans le XIe arrondissement, en dernier lieu 3 rue Camille Desmoulins. À la fin février 1945, elle fut employée à la préfecture de police.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article182829, notice IGERSHEIM Rolland, Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 21 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 18 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 59009. – Bureau Résistance GR 16 P 300977. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément