BIGORGNE Sylvain, André

Par Didier Bigorgne

Né le 19 août 1915 à Nouzonville (Ardennes), mort le 3 juin 1986 à Reims (Marne) ; ouvrier métallurgiste ; militant de la FSGT dans les Ardennes.

Fils d’un ouvrier frappeur et d’une mère au foyer, Sylvain Bigorgne était le benjamin d’une famille de trois garçons. Il fréquenta l’école de garçons du quartier de Devant-Nouzon où il obtint le certificat d’études primaires. A l’âge de treize ans, il entra à l’usine Thomé-Cromback où son père travaillait dans les forges.

Pendant son apprentissage au pilon, Sylvain Bigorgne fut victime d’un accident du travail dans lequel il perdit l’oeil droit. Après un bref passage au bureau d’études, il exerça le métier de perceur sur métaux. Il devint manoeuvre, puis cariste.

Sylvain Bigorgne comptait cinquante ans d’ancienneté aux forges Thomé-Cromback et était titulaire de la médaille d’honneur « grand or » du travail quand il fut licencié le 27 janvier 1978. Il fit valoir ses droits à la retraite en 1980. Malade d’un cancer, il mourut à l’hôpital de Reims, six années plus tard.

Divorcé et père d’une fille, Sylvain Bigorgne avait épousé, en secondes noces, Simone Marcelle Durieux, une jeune fille sans profession qui devint ouvrière d’usine, le 23 septembre 1939 à Nouzonville. Le couple eut un fils.

Sylvain Bigorgne, membre du syndicat CGT des Métaux de Nouzonville, participa au mouvement de grèves de l’été 1936. Il fonda, avec son ami communiste Jean Roger*, le club de football travailliste, « L’Etoile sportive ouvrière nouzonnaise », qui s’affilia à la FSGT. Les deux jeunes ouvriers financèrent le démarrage de l’équipe en versant chacun cinq cents francs, somme qui leur fut remboursée quelques mois plus tard. Le club, qui participa au championnat de la FFF (1937-1938) puis au championnat FSGT à partir de 1938, fut dissout le 13 janvier 1940 sur instruction du gouvernement français.

Après la Seconde Guerre mondiale, Sylvain Bigorgne fut délégué CGT du personnel aux forges Thomé-Cromback, de 1947 à 1949. Fidèle lecteur de L’Humanité-Dimanche et sympathisant du Parti communiste, il restait toutefois fort influencé par les idées anarcho-syndicalistes qui gardaient audience dans la vallée de la Meuse industrielle.

Sylvain Bigorgne fut enterré civilement, et dans l’intimité, le 5 juin 1986 à Nouzonville. Son itinéraire ouvrier fut évoqué dans le film « Silence dans la vallée » de Marcel Trillat, réalisé en 2007 et diffusé sur France 2.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183312, notice BIGORGNE Sylvain, André par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 11 août 2016, dernière modification le 5 octobre 2020.

Par Didier Bigorgne

Sources : Arch. Dép. Ardennes, 73J 818 (Thomé-Cromback : personnel ouvrier, médaillés du travail)— Témoignage de l’intéressé. — Didier Bigorgne, 1936. Le Front populaire des les Ardennes, Editions MBcom, 2016.— État civil de Nouzonville.

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