CAGNAC Georges, Louis

Par Madeleine Singer

Né le 26 mars 1901 à Paris (VIe arr.), mort le 8 novembre 1983 à Paris (XVe arr.) ; inspecteur général ; représentant du Syndicat général de l’éducation nationale (SGEN) dans la commission administrative paritaire nationale des agrégés (CAPN) de 1948 à 1955.

Aîné des deux enfants de Siméon Cagnac, employé au Bon Marché, Georges Cagnac perdit son père à la guerre en 1918. Reçu à la fois à Polytechnique et à l’École normale supérieure en 1920, il opta pour cette dernière afin de vivre en qualité d’externe au foyer éprouvé tout en contribuant à son entretien par une activité d’appoint. Reçu premier à l’agrégation de mathématiques en 1923, il fit toute sa carrière de professeur en Spéciales, après un an de service militaire en qualité de sous-lieutenant d’artillerie. Il enseigna d’abord à Alger, puis à Dijon et enfin, à partir de 1930, à Paris au collège Chaptal qu’il quitta en 1932 pour le lycée Louis-le-Grand. Il s’était marié en 1926 avec Élisabeth Gache dont il eut six enfants. Mais en 1934, il perdit sa femme, emportée par une phlébite ; sa sœur vint alors pendant vingt ans gérer le foyer et élever les enfants.
Dans sa jeunesse, Georges Gagnac avait appartenu au groupe paroissial Saint Jean-Baptiste de la Salle ainsi qu’aux Équipes sociales de Robert Garric. Adhérant au SGEN à la Libération, il fut un des candidats du syndicat lors des premières élections aux CAPN en 1948. Élu en tête des agrégés scientifiques, il siégea jusqu’à ce que sa nomination d’inspecteur d’académie de Paris, en 1955, l’obligeât à céder la place à Maurice Durrande* qui le suppléait depuis 1948. Pendant sept ans, il assura donc le travail d’un élu qui contrôle promotions et mutations ; il fallait tenir au courant les membres du personnel qui lui confiaient leur défense, siéger plusieurs jours tant en mai-juin qu’en août pour effectuer avec l’administration les mutations. Après la séance inaugurale du 22 avril 1948, au cours de laquelle fut précisée la compétence de ces Commissions, il se préoccupa, avec Victor Tonnaire*, d’informer les adhérents par un long article dans École et éducation. Ces tâches obscures étaient pour lui une façon de se dévouer comme il le faisait partout, tant à Paris qu’à Treignac où il passait l’été Il prodiguait ses conseils à ses élèves, à des maîtres, à des familles qui le consultaient.
Pourtant, depuis la Libération, il était le président de l’Union des professeurs de Spéciales. À ce titre, il exerça des recours, fit annuler bien des épreuves écrites lorsque les jurys entraînaient les candidats hors du programme. Sa « Taupe » de Louis-le-Grand était réputée car, en quinze ans, il fit admettre quelque trois cents élèves à l’École polytechnique, sans compter ceux qui entrèrent à l’École normale supérieure.
En 1956, une nomination d’Inspecteur général le restitua à l’enseignement jusqu’à ce qu’il prît sa retraite en 1972. Comme le dit un camarade de sa promotion, Lucien Thiberge était un Inspecteur « très sensible aux qualités de conscience des maîtres », qui enseignait patiemment les maîtres auxiliaires ou les instituteurs pérennisés auxquels on n’avait pas appris ce qu’on leur demandait de professer. « Mais il faisait passer l’intérêt des élèves avant son indulgence envers leurs maîtres. » Cette même année 1956, il s’était remarié avec la fille d’un officier de marine péri en mer, Élisabeth Barbier, qui avait enseigné ses enfants au lycée Victor-Duruy.
Il présida quinze ans le jury féminin du CAPES et laissa une œuvre écrite appréciée des candidats aux Écoles et à l’Agrégation : un Cours de mathématiques spéciales (1936), un Cours de mathématiques supérieures et un tome d’Algèbre linéaire (1958), enfin un Traité de mathématiques spéciales (1965). Il était officier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18338, notice CAGNAC Georges, Louis par Madeleine Singer, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 juin 2022.

Par Madeleine Singer

SOURCES : École et éducation (1948-1955). — Notice de Lucien Thiberge sur G. Cagnac, Annuaire des anciens élèves de l’ENS, 1985. — Lettre de Bernard Cagnac à M. Singer, juillet 1995.

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