KASPI Edgar ou Lazare, Salomon, ou Abraham, (« Lieutenant Kléber »)

Par Claude Pennetier

Né le 6 août 1921 à Paris (IIIe arr.), mort en action le 4 juin 1944 à Arpavon (Drôme) ; étudiant ; résistant, membre des Jeunesses Laïques Combattantes, Lieutenant FTP.

Lazare Kaspi
Lazare Kaspi

Âgé de 23 ans, étudiant à Paris, d’origine juive. Ses parents habitaient rue de Crimée dans le 19e arrondissement de Paris.
Lieutenant FTP du maquis d’Arpavon (Chaboite). Membre des Jeunesses Laïques Combattantes. Il est dans le maquis Ventoux, début 1943. Le 20 janvier 1944, sous le pseudonyme de Laurent Kleber, il fit partie des 24 membres de ce maquis qui rejoignirent les FTP, avec armes et bagages, à la faveur de la garde montée ensemble, pour continuer le combat à leur façon.
Véritable apôtre, il s’était donné pour tâche de recruter des camarades dans les camps de l’A.S. Il n’eut pas de mal à persuader Jacques Bloch et plusieurs jeunes gens de le suivre. En novembre 1943, il est au camp 5 à Verclause. Il fut nommé CE du camp FTP n°2 Sud-Drôme en mars 1944. Le 1er mai 1944, de nombreuses manifestations furent organisées dans tous les secteurs. Jack [Borel], du camp FTP 2, passa outre les ordres et organisa un défilé à Sainte-Jalle où le maquis d’Arpavon défila dans les rues d’abord désertées par la population non prévenue et craintive, puis envahies ensuite par la foule qui acclama les maquisards défilant au pas cadencé, arme à l’épaule. 15 hommes vêtus de bleu, casqués, le fusil à l’épaule, le lieutenant « Kléber » Kaspi marchant en tête avec une gerbe de fleurs, se dirigèrent vers le monument aux morts. Brève cérémonie, minute de silence, seul le curé, Résistant convaincu, est aux côtés des maquisards. Puis la population comprend enfin le geste et vient remercier les maquisards - que certains avaient pris pour des miliciens - de leur geste. Une délégation du conseil municipal vient les féliciter et leur offrir un apéritif d’honneur.
Le 4 juin 1944, le camp Borel fut encerclé à la Lauze à l’aube vers 6 h 30 par les Allemands. Le fermier Louis Salomon se sacrifia pour alerter les maquisards et se fit tuer. Ceux-ci évacuèrent en catastrophe leur position et gagnèrent Arpavon, mais il y eut quatre victimes : Pierre Flambeau, Lazare Kaspi, Marcel Tardieu et Jiachero. Parmi les SS se trouvait le traître Jean qui avait déserté le 28 mai.
Son nom est inscrit à Eygalières (Bouches-du-Rhône) sur le Monument aux Morts, à Paris XIe sur le Monument aux Morts du Lycée Voltaire et à Bagneux (Hauts-de-Seine) sur la stèle Commémorative de l’Unisson.
Lazare Kaspi était le frère de l’historien André Kaspi.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183396, notice KASPI Edgar ou Lazare, Salomon, ou Abraham, (« Lieutenant Kléber ») par Claude Pennetier, version mise en ligne le 13 août 2016, dernière modification le 30 novembre 2020.

Par Claude Pennetier

Lazare Kaspi
Lazare Kaspi

SOURCES : Patrick Martin, La Résistance dans le département de la Drôme, 1940-1944, thèse Université Paris IV Sorbonne, 2001, base de données noms. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 132-133. L-E Dufour, Drôme terre de liberté, PL-NT 1994, p. 37, 152-153, 161-162. Claude Arnoux "Maquis Ventoux", page 90. Borel-Bloch, page 19, 21, 23-24, 31, 41 à 43 (témoignage R. Pagon). Amicale Maquis Collectif, Maquis et bataillon Morvan, 1992, p. , page 150. Archives remises à l’AERD par le fils d’André Vincent-Baume, puis déposées aux Arch. Dép. Drôme. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 132. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 274. — SHD, GR 16 P 317051.

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