GRUNSTEIN Maurice

Par Jean-Sébastien Chorin

Né vers 1919, de nationalité ou d’origine polonaise, exécuté sommairement le 9 juin 1944 à Communay (Isère, Rhône depuis 1967) ; résistant FTP-MOI du bataillon Carmagnole (Lyon, Rhône).

D’après certaines sources, Maurice Grunstein était juif polonais. A Lyon (Rhône), il s’engagea dans les rangs des Francs-tireurs et partisans-Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI) du bataillon Carmagnole. Maurice Grunstein, alias Armand, prit le numéro matricule 94027. Ce qui nous permet de déduire qu’il intégra le bataillon dans le courant de l’année 1943.
Le 6 septembre 1943, à 3 heures, Maurice Grunstein et plusieurs camarades FTP-MOI s’introduisirent dans les entrepôts de la SNCF de Saint-Priest (Isère, Rhône depuis 1968) et s’attaquèrent aux wagons-citernes, réservoirs et magasins. D’après le communiqué militaire de l’Inter-région HI4, plusieurs dizaines de milliers de litres de combustible flambèrent, mais Maurice Grunstein, « 94027, chef d’escouade », tomba entre les mains des soldats italiens.
Appréhendé, Maurice Grunstein fut conduit à la prison de Montluc (Lyon) et incarcéré dans la cellule 135. Après neuf mois de détention, le 9 juin 1944, il fut extrait de la prison avec dix-huit autres personnes. Les Allemands les enchaînèrent deux par deux et les firent monter dans deux camionnettes. Une motocyclette transportant des mitraillettes prit la tête du convoi, suivie de deux voitures noires conduisant des officiers de la Gestapo. Une seconde motocyclette transportant également des mitraillettes se plaça en queue de convoi derrière les camionnettes. Vers 20h30, les prisonniers, ainsi escortés par les Allemands, furent conduits à Communay (Isère, Rhône depuis 1967) via la route nationale 7. Les véhicules stoppèrent au bord du bois de Cornavent sur le côté de la route. Les Allemands bloquèrent la circulation des deux côtés de la nationale et éloignèrent les personnes se trouvant dans les champs alentour. Ils firent descendre huit prisonniers de la première camionnette en deux groupes successifs de quatre hommes. Au fur et à mesure qu’ils sortaient du véhicule, les détenus furent abattus à coups de mitraillettes. Les onze autres prisonniers furent sortis de la deuxième camionnette et furent exécutés de la même manière. Toutes les victimes furent achevées d’un coup de pistolet dans l’oreille. Les Allemands qui massacrèrent ces hommes étaient en civil. Après l’exécution, ils firent demi-tour vers Lyon, abandonnant les corps sur place.
La mairie de Communay fut alertée mais les autorités ne purent relever les corps que le lendemain car, le jour même, il pleuvait à torrent. Ils découvrirent les cadavres à environ dix mètres de la route nationale 7, répartis en trois groupes : deux de quatre hommes et un de onze.
Le corps de Maurice Grunstein fut décrit ainsi : 25 ans environ, cheveux châtains moyen, nez rectiligne, lèvres proéminentes, menton saillant, 1m65 environ, veste grise et pantalon noir, chemise à rayures blanches et noires, ceinture en cuir, galoches basses avec semelles de bois. Il fut identifié sous le numéro 2.
Le nom de Maurice Grunstein apparaît sur la plaque commémorative « La ville de Vénissieux en hommage aux combattants F.T.P.-M.O.I. du bataillon Carmagnole-Liberté, aux Juifs, aux immigrés, aux Français tombés pour la France et pour nos libertés », située place Léon Sublet (Vénissieux, Rhône). Son nom est également gravé sur le monument de Communay rendant hommage aux victimes du 9 juin 1944.
D’après Joseph Melcer, codétenu de la cellule 135, Maurice Grunstein avait une sœur, Mme Finkelstein, qui demeurait à Mende (Lozère), 6 rue du Collège.

Voir Communay

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183408, notice GRUNSTEIN Maurice par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 13 août 2016, dernière modification le 29 novembre 2021.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W459, 3460W1, 3460W5, 31J1F39, 3335W27, 3335W11, 3335W22 (Fichier Montluc, fiches et dossiers de Maurice Grunstein et Joseph Melcer). — Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours : 2824 engagements, 2003. — Notes de Dominique Tantin. — Mémorial GenWeb. — Site Internet Geneanet.

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