MISTRAL Gabriel, Victor, Ludovic [pseudonyme dans la Résistance : ACHILLE Gabriel]

Par Robert Serre, Jean-Marie Guillon (à partir du travail de Robert Pinel et de Mémoire Résistance HB)

Né le 17 août 1906 à Avignon (Vaucluse), abattu le 22 février 1944 à Izon-la-Bruisse (Drôme) ; huissier et greffier de la Justice de paix ; maquis Ventoux, Armée secrète (AS).

Fils de Paul Mistral, représentant de commerce, et de Colombe Robert, sans profession, Gabriel Mistral a passé son enfance et son adolescence à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), où ses parents géraient la distillerie Cap d’Anis. Issu d’un milieu aisé, il fit des études de droit et prit une charge d’huissier et greffier de la Justice de paix à Sault (Vaucluse), auprès du tribunal de Carpentras (Vaucluse). Il se maria le 22 décembre 1934 à Avignon avec Renée Gilles, avec qui il eut deux enfants.
Le couple s’engagea activement et, semble-t-il, tôt dans la Résistance dans le cadre des mouvements clandestins dont furent issus les MUR (Mouvements unis de la Résistance) et l’AS. Gabriel Mistral participa dès sa création à l’activité du Maquis Ventoux dont Sault était la « capitale ». Il convoyait les candidats au maquis vers les fermes sûres, la nuit. Son épouse servit de « parrain » à plusieurs d’entre eux et une correspondance du 9 août 1943 entre Raoul et Anatole (Maxime Fischer, chef adjoint du Maquis Ventoux) indique que celle-ci était « débordée de travail ». Gabriel Mistral fut impliqué aussi dans la tentative d’exécution d’un agent du Sipo-SD à Sault. D’après Claude Arnoux, elle aurait eu lieu le 21 octobre 1943. Cet agent, non identifié mais portant le matricule Me 129, recherchait Gabriel Mistral et « Gustave », ce dernier étant impliqué dans un attentat précédent contre un autre agent de la « Gestapo, qui avait eu lieu toujours à Sault le 19 septembre 1943 au soir. Cette tentative d’exécution est corroborée par l’enquête menée par la police française qui met en cause « Gustave ». En revanche, l’affaire du 21 octobre n’apparaît nulle part dans les documents de police ou de gendarmerie. En tout cas, étant repéré et menacé, Gabriel Mistral rejoignit le maquis. Sur la liste des maquisards dressée avant la tragédie du 22 février, il apparaît sous la fausse identité d’Achille Gabriel avec comme « correspondant », son épouse à Sault. Il commandait la 1e section qui servait en même temps de PC de compagnie. Depuis fin novembre 1943, les quatre sections qui composaient le maquis Ventoux étaient disséminées autour d’Izon-la-Bruisse. La 1e section occupait l’école du village.
Le maquis fut attaqué à l’aube du 22 février 1944 par un commando de chasse de la Lutwaffe et des auxiliaires français de la 8e compagnie Brandebourg. La plupart des maquisards de la 1e section furent surpris dans leur sommeil. Gabriel Mistral, dénoncé par deux traitres qui avaient déserté et savaient qu’il commandait le groupe, tenta vraisemblablement de fuir. Il fut abattu à 800 m de l’école d’Izon. Son corps ne fut retrouvé que le 12 mars à cause de la neige qui était tombée en abondance. Il fut inhumé aussitôt au cimetière de Sault.
Homologué lieutenant FFI (Forces françaises de l’Intérieur) à titre posthume, il fut cité à l’ordre de la Nation et décoré de la Croix de guerre, le 4 janvier 1949. Le titre de « Mort pour la France » lui fut attribué.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183536, notice MISTRAL Gabriel, Victor, Ludovic [pseudonyme dans la Résistance : ACHILLE Gabriel] par Robert Serre, Jean-Marie Guillon (à partir du travail de Robert Pinel et de Mémoire Résistance HB), version mise en ligne le 15 août 2016, dernière modification le 28 février 2021.

Par Robert Serre, Jean-Marie Guillon (à partir du travail de Robert Pinel et de Mémoire Résistance HB)

SOURCES : SHD 28 P 6 189. — Arch. dép. Drôme, fonds de l’AERD (dossier remis par le fils d’André Vincent-Baume). — site internet Mémoire des hommes (AC 21 P 95479). — La Marseillaise 22 février 2005 — Claude Arnoux, Maquis Ventoux, quelques pages de la Résistance en Vaucluse, Avignon, Les Presses Universelles, 1974 et rééd. 1994, p. 78-79, 86 et 115. — Association pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation dans les Hautes-Baronnies (Mémoire Résistance HB), La tragédie du maquis d’Izon-la-Bruisse, 22 février 1944, Eygalayes, 2013, p. 97-99. — Élisabeth Burles, La Résistance et les maquis en Drôme-sud, été 1942-août 1944, mémoire de maîtrise, 1976, p. 151. — Laurent Pascal, Maquis Ventoux, op. cit.— Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991. 88. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 270.

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