POSTBRIF Majleck

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 10 juillet 1900 à Varsovie (Pologne), massacré le 17 août 1944 à Bron (Rhône) ; de nationalité polonaise ; fourreur ; victime civile.

Majleck Postbrif était le fils de Benjamin Postbrif et de Gemialzitska Fayer. Il était marié avec Sprynca (ou Spryncia) Wasserstram et avait une fille. Il exerça la profession de fourreur à Paris (XIe arr.).
Soldat en 1940, Majleck Postbrif fut démobilisé en août à Grenade et autorisé à passer la ligne de démarcation pour rejoindre Paris. En 1944, il demeurait au 26 rue Philibert Laguiche à Mâcon (Saône-et-Loire).

Le 13 août 1944, Majleck Postbrif fut victime d’une rafle de Juifs organisée à Mâcon par la Gestapo et la Milice en représailles des pertes subies par les troupes allemandes dans la région de Cluny (Saône-et-Loire). Il fut incarcéré à la prison de Montluc (Lyon), dans la « baraque aux Juifs ».

Le 14 août 1944, eurent lieu des bombardements sur la base aérienne de Bron (Rhône). Devant l’ampleur des dégâts, les Allemands décidèrent de faire travailler sur le camp d’aviation des détenus juifs de la prison de Montluc.

Le 17 août, à 9 heures du matin, 50 prisonniers furent extraits « sans bagage » de la « baraque aux Juifs ». Le gardien Wittmayer fit l’appel et, à la dernière minute, les Allemands remplacèrent deux catholiques par des Juifs. Ils furent embarqués sur trois camions gardés par des soldats allemands armés de mitraillettes, puis amenés sur le champ d’aviation de Bron. A Bron, les prisonniers furent répartis par groupes de trois et contraints de rechercher, d’extraire et de désamorcer des bombes non éclatées. Vers midi, ils furent dirigés près d’un hangar pour déjeuner. L’un des détenus, Jacques Silbermann, profita de cette occasion pour s’évader. Après des menaces de représailles et de vaines recherches, les soldats allemands conduisirent les 49 détenus sur le chantier pour reprendre le travail. A 18h30, alors que les prisonniers remontaient sur un camion pour regagner Montluc, un major allemand donna l’ordre de les amener sur un autre chantier. Les 49 détenus furent conduits près de trois trous d’obus au-dessus desquels ils furent exécutés par balles. Leurs corps furent ensuite recouverts de terre et de gravats.

Le lendemain, 18 août, 23 détenus juifs de Montluc, dont au moins 20 de la « baraque aux Juifs », furent également conduits sur le terrain d’aviation de Bron. Ils subirent le même sort que les prisonniers de la veille. Ils furent exécutés au-dessus d’un trou d’obus après avoir recherché, extrait et désamorcé des bombes non éclatées toute la journée.

Le 19 août, le chef de la « baraque aux Juifs », Wladimir Korvin-Piotrowsky, dû remettre « en tas » les bagages des 70 prisonniers aux autorités allemandes.
En septembre 1944, cinq charniers furent découverts sur le terrain d’aviation de Bron. Le corps de Majleck Postbrif fut retrouvé dans le charnier D, situé entre les hangars 75 et 80 et contenant 22 cadavres. D’après le rapport du médecin légiste, il avait été tué d’une balle dans la région cervicale. Grâce au témoignage du seul rescapé de l’exécution du 17 août, Jacques Silbermann, nous pouvons déduire que la fosse D contenait 21 victimes du 17 août et 1 victime du 18 août (Charles Schwartz). Majleck Postbrif fit donc vraisemblablement partie du groupe des 49 exécutés du 17 août 1944.

Le corps de Majleck Postbrif fut décrit comme suit : 1m70, cheveux châtains avec calvitie sommitale. Sur son cadavre fut retrouvé un mouchoir aux initiales « 32.C ». Majleck Postbrif fut d’abord enregistré sous le numéro 71 puis reconnu le 5 octobre 1944 par sa veuve qui reçut son alliance en or. Son acte de décès fut dressé à Bron le 6 octobre 1944. Il fut inhumé au cimetière de Lyon - La Mouche (VIIe arr.).

En 1947, Sprynca Postbrif demeurait à Paris, 10 rue Croix Faubin (XIe arr.).

Voir Bron (17-21 août 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183659, notice POSTBRIF Majleck par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 18 août 2016, dernière modification le 17 mars 2021.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : DAVCC, Caen, dossiers de Majleck Postbrif et de Maïer Kaczka.— Arch. Dép. Rhône, 3460W1, 3335W22, 3335W17, 3460W4, 3808W866, 31J66.— Bulletin de l’Association des Rescapés de Montluc, N°18, mai 1946.— Bulletin de l’Association des Rescapés de Montluc, N°23, octobre 1946.— Pierre Mazel, Mémorial de l’oppression, fasc. 1, Région Rhône-Alpes, 1945.

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