KARAGULIAN Hagop (Carlo)

Par Astrig Atamian

Né en 1887 à Adabazar dans le sancak d’Ismit, Arménien originaire de l’Empire ottoman, membre de la Fédération Révolutionnaire Arménienne de 1905 à 1920, au Parti communiste français en 1926 à Privas en Ardèche puis à Paris, tailleur.

Hagop Karagulian suivit une scolarité de ses sept à ses dix-sept ans puis travailla comme éleveur de porcs. En 1905, il intégra le parti dachnak (Fédération Révolutionnaire Arménienne – IIe Internationale) et entreprit son apprentissage du métier de tailleur. Impliqué dans des actions terroristes menées par le parti révolutionnaire arménien contre le Sultan, il s’engagea en faveur de la Révolution jeune-turque en 1908.
Jusqu’en 1914, il fut le dirigeant du groupe dachnak d’Adabazar et du comité du rayon d’Adabazar comprenant 13 groupes. Il fut délégué au 2e Congrès dachnak d’Adabazar. Arrêté en 1913 et accusé du meurtre d’un policier turc tué par le parti, il fut libéré quinze jours plus tard. Mais au début de la guerre, Hagop Karagulian fut de nouveau arrêté et déporté à Konya. Il y resta un an. Il fut ensuite envoyé à Alep avec des camarades de la FRA. Ils furent mitraillés en chemin. Blessé à la tête, Hagop Karagulian survécut en faisant le mort et profita de la nuit pour s’échapper.
Intercepté, il fut emprisonné à Adana pendant un an. Au cours de son transfert à Konya où il devait être jugé, il sauta du train en marche. Arrêté une nouvelle fois, il fut incorporé de force au sein de l’armée. À Constantinople, il s’évada puis fut de nouveau arrêté et passa la dernière année du conflit mondial en prison.
De 1918 à 1925, Hagop Karagulian vécut à Constantinople (Istanbul) où il exerçait une activité de commerçant.
Avec soixante-quinze de ses camarades, il rompit avec le parti dachnak à la suite de la soviétisation de l’Arménie en décembre 1920.
Hagop Karagulian arriva en France en 1925 et adhéra au Parti communiste français en 1926 à Privas en Ardèche. Au sein du Parti communiste français, il forma avec son camarade Asdoyan du Pouzin, un groupe de langue arménienne en liaison avec la sous-section centrale dirigée par Zaven Papazian. Sur la proposition de ce dernier, Hagop Karagulian intégra le HOK (Comité d’aide à l’Arménie, fondé à Erevan en 1921) où il organisa huit sections dans les départements de la Drôme et de l’Ardèche. Il fut trésorier du Conseil central du HOK.
En 1927, il adhéra à la CGTU. Il exerçait le métier de tailleur.
Sur les instances de la sous-section arménienne de Lyon, Hagop Karagulian entraina les ouvriers arméniens dans les grèves du textile à Privas. Il fit également syndiquer dix Arméniens à la CGTU.
Il resta à Privas jusqu’en 1928 puis quitta la ville en raison d’incidents qui l’opposèrent aux dachnak locaux. Arrêté par la police, il récupéra ses papiers d’identité grâce à l’intervention de son patron. Il se rendit en famille à Paris où il n’obtint sa carte du parti qu’en 1932.
Il rejoignit la cellule 1124 (avec son camarade Bottani) de la région nord parisienne (anciennement 11e rayon).
Hagop Karagulian ne maîtrisait que moyennement la langue française. Il était toutefois considéré comme un bon élément par la Commission des cadres du Parti communiste français qui lui reprochait malgré tout qu’il lui restât « encore un peu d’idéologie dachnak, mystique ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183741, notice KARAGULIAN Hagop (Carlo) par Astrig Atamian, version mise en ligne le 19 août 2016, dernière modification le 19 août 2016.

Par Astrig Atamian

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 1115.

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