KONTANTINIAN/CONSTANTINIAN Alexandre/Iscander (André, Commandant Robert)

Par Astrig Atamian

Né à Hassanbeyli dans le vilayet d’Alep le 6 octobre 1904, mort en 1982 à Paris, Arménien originaire de l’Empire ottoman, orphelin de père, tailleur, au Parti communiste français en 1932 à Paris, à la CGTU habillement, résistant.

Né au sein d’une famille de cultivateurs et de petits commerçants, Alexandre Konstantinian perdit son père, sympathisant hentchak (SD arménien), fusillé par les Turcs en 1915.
Il fut berger chez des Arabes pendant quatre ans avant d’être recueilli dans l’orphelinat arménien d’Alep où il reprit sa scolarité.
À partir de 1923, il exerça le métier de tailleur. Alexandre Konstantinian intégra les jeunesses hentchak à la même époque. À l’aide de cousins établis à Marseille, il arriva en France le 1er août 1926. Il travailla brièvement comme manœuvre dans le Vaucluse, à Bollène, puis redevint tailleur en 1927.
Alexandre Konstantinian passa deux ans à Bordeaux, de 1928 à 1930 où il militait à la CGT. Il adhéra au HOK (Comité d’aide à l’Arménie, fondé à Erevan en 1921) en 1928.
Membre des jeunesses hentchak à Alep de 1923 à 1926, il adhéra au parti hentchak en France en 1926 et en démissionna en 1932 pour intégrer le Parti communiste français (Paris, août 1932). Il y fut introduit par David Davidian, l’un des dirigeants de la sous-section arménienne.
Alexandre Konstantinian fit partie de la cellule 176 du 19e rayon, secrétaire du groupe de langue arménienne de Saint-Michel dans le 5e arrondissement de Paris et membre de la CGTU habillement. Début novembre 1933, il fut élu membre de la sous-section centrale arménienne.
Sa femme, également membre du HOK, exerçait le métier de couturière et était une sympathisante du Parti communiste français. Alexandre Konstantinian remportait la satisfaction du parti.
Emprisonné au Fort du Hâ à Bordeaux le 15 mai 1942, il rejoignit à sa libération les FTP-MOI parisiens aux côtés de Missak Manouchian. Alexandre Konstantinian aurait vraisemblablement participé à cinq actions armées. À la chute du groupe en novembre 1943, il partit se réfugier dans le Loiret où il fut caché dans les familles de la petite communauté arménienne de Châlette-sur-Loing. Il organisa dans le maquis de Lorris une unité de combattants composée d’Arméniens de la région et de déserteurs soviétiques. À la Libération, il reçut la Croix de guerre et fut homologué au grade de Lieutenant FFI.
En 1945, Alexandre Konstantinian fit partie des fondateurs de la JAF (Jeunesse arménienne de France), association prosoviétique arménienne issue des rangs de la Résistance. Après guerre, il conserva un rôle prééminent au sein de mouvement communiste arménien.
En avril 1953, son activité politique lui valut d’être arrêté et assigné à résidence dans le Puy-de-Dôme. Il subit ainsi le même sort que son camarade Mihran Mavian, arrêté en juillet 1953 puis assigné à résidence dans le Cantal. Un Comité national de défense de ces deux anciens résistants arméniens fut mis en place et parrainé par des personnalités issues du Mouvement de la Paix.
Le 29 octobre 1955, la carte de Combattant volontaire de la Résistance fut délivrée à Alexandre Konstantinian alors qu’il n’avait toujours pas été autorisé à rentrer de Clermont-Ferrand.
Alexandre Konstantinian mourut à Paris en 1982.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183759, notice KONTANTINIAN/CONSTANTINIAN Alexandre/Iscander (André, Commandant Robert) par Astrig Atamian, version mise en ligne le 20 août 2016, dernière modification le 20 août 2016.

Par Astrig Atamian

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 1111. – Notre Voix mai 1953/N°17, octobre 1953/N°18, novembre 1953/N°19, février 1954/ N°21. – CCC-MNR, Champigny-sur-Marne, Fonds de liquidation des mouvements 0S-FN-FTPF, carton n°306. – Arsène Tchakarian, Hélène Kosséian, Les Commandos de l’Affiche rouge, Paris, Éd. du Rocher, 2012. 

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