JORIOT André Jules Hubert

Par Jean Louis Ponnavoy

Né le 3 novembre 1921 à Paris XVIIe arr.(Seine) ; exécuté sommairement le 30 novembre 1944 à Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne) ; militaire de carrière ; résistant du réseau SR Alliance.

André Joriot était le fils de Hermann Louis, ingénieur, âgé de 42 ans et de Geneviève Auzary, âgée de 24 ans.
Il fit ses études à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, à Aix-en-Provence de 1940 à 1942 et en sortit sous-lieutenant. Il entra dans la Résistance en juin 1943 au réseau Alliance comme chargé de mission de troisième classe de la DGER (Direction générale des études et de la recherche) avec le pseudonyme "Lamproie". Il fournissait de nombreux renseignements aux services anglais, notamment sur les mouvements des sous-marins des bases de l’Atlantique. Il devint adjoint au chef de la région Bordeaux-Charentes.
Arrêté par la Gestapo le 30 septembre 1943 selon le mémorial Alliance et le 08 décembre 1943 selon le général Roidot, blessé lors de son arrestation, il fut déporté vers l’Allemagne, via le camp de Compiègne et Strasbourg en janvier 1944, à destination de Buchenwald et fut emprisonné à Offenburg puis au camp de Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Le 3 mai 1944, le dossier d’accusation d’espionnage au profit d’une puissance ennemie fut transmis par la Gestapo de Strasbourg au Tribunal de guerre du Reich qui lui donna la classification "NN" (Nacht und Nebel-Nuit et Brouillard) et le 10 septembre André Joriot et huit autres membres du réseau Alliance furent remis sans jugement à disposition de la Gestapo de Strasbourg.
Devant l’avance alliée les allemands évacuèrent les camps et le 30 novembre au matin André Joriot et ses compagnons d’infortune furent emmenés en camionnette pour une destination inconnue. Après la Libération, sur les indications d’un prêtre alsacien, l’abbé Hett, qui avait été leur camarade de détention, un charnier fut découvert dans la forêt d’Ottenau, près de Gaggenau (Bade-Wurtemberg, Allemagne). André Joriot et ses compagnons avaient été fusillés à cet endroit. Son corps fut rapatrié en France, à Strasbourg le 10 juillet 1945 et identifié.
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 31 mars 1947 et la mention "Mort en déportation" par arrêté du 10 février 2012.
Il fut nommé à titre posthume Chevalier de la Légion d’Honneur et Médaillé de la Résistance.
Son nom figure sur la plaque commémorative du réseau Alliance à l’entrée de la base sous-marine, à Bordeaux (Gironde). Une citation de Marie-Madeleine Fourcade accompagne la liste des membres bordelais du réseau : "Leur sacrifice a permis de renseigner le Commandement Allié sur les mouvements des navires militaires allemands, sous-marins et torpilleurs arrivant et partant de l’Arsenal de Bordeaux. Bientôt, on ne saura plus ce qu’ils ont fait, ni pourquoi ils l’ont fait, même si c’était nécessaire de le faire, voire on les plaindra d’être morts pour rien. Je voudrais qu’on ne les oubliât pas et que l’on comprît surtout quelle était la divine flamme qui les animait... Madame Marie-Madeleine Fourcade (Hérisson)."

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183764, notice JORIOT André Jules Hubert par Jean Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 20 août 2016, dernière modification le 17 octobre 2018.

Par Jean Louis Ponnavoy

SOURCES : Marie-Madeleine Fourcade "L’Arche de ¨Noé", Fayard 1968. — Auguste Gerhards "Tribunal de guerre du 3e Reich", archives historiques de l’armée tchèque, à Prague, Le Cherche Midi, Paris 2014.— Mémorial de l’Alliance, 1948.— Sites Internet "Les Amitiés de la Résistance, communication du général Georges Roidot" et Wikipédia "Réseau Alliance".— Mémorial GenWeb.— État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément