CAILLOL Jean, Baptiste, Louis

Par Éric Belouet

Né le 21 septembre 1929 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; électricien à la SNCF ; militant jociste à Marseille, permanent de la JOC (1951-1954) ; syndicaliste CGT ; membre de l’ACO.

Né d’un père cheminot au PLM à Marseille, syndiqué à la CGTU et membre du PC, et d’une mère sans profession, Jean Caillol avait un frère né en 1922. Sa mère mourut en avril 1932 et son père, confronté à la difficulté d’élever seul ses deux enfants, se remaria en janvier 1934 avec une voisine, sans profession. Celle-ci, catholique pratiquante, parvint à convaincre son mari d’élever Jean et son frère dans la religion. Après la mort du père en janvier 1938, celle que Jean Caillol appelait « [sa] deuxième mère » (témoignage de l’intéressé, octobre 2007), éleva seule les enfants.

Jean Caillol fréquenta l’école communale et obtint le certificat d’études primaires. En raison de la pénurie liée à la période de guerre, son état de santé se dégrada et le médecin conseilla un « changement d’air ». Il alla alors vivre pendant deux ans et demi dans une famille de paysans à Saint-Étienne-en-Dévoluy (Hautes-Alpes) où il gardait les vaches. Entre-temps, son frère était parti en Allemagne dans le cadre du STO et sa belle-mère fut grièvement blessée au cours d’un bombardement américain en mai 1944 qui détruisit leur logement. Par la suite, la famille s’installa dans un deux-pèces 51 rue Jacques Hébert.

À son retour à Marseille en 1946, Jean Caillol entra en apprentissage d’électricien en bâtiment aux établissements Richard et Souchon, une petite entreprise marseillaise dans laquelle il travailla jusqu’en 1951. Peu de temps après, il adhéra à la JOC (son frère avait été jociste de 1936 jusqu’à son départ en Allemagne). Militant local, il devint ensuite responsable de la fédération Marseille-Sud et assista à un rassemblement jociste international à Bruxelles. Sollicité par le secrétariat général de la JOC pour devenir permanent de la province du Sud-Est en remplacement de Christian Hernandez*, il quitta son emploi et prit ses nouvelles fonctions en avril 1951. Il fit alors équipe avec Jean Dubernet, les deux hommes se partageant six départements (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Var, Vaucluse). Parallèlement, Jean Caillol avait la responsabilité de la branche « Apprentis » (14-17 ans). Il conserva son poste de permanent jusqu’en mars 1954 puis se maria en mai 1954 à Marseille avec Anne-Marie Fantasia, militante fédérale de la JOCF. Le couple eut trois enfants – nés en 1955, 1956 et et 1963 – qui, tous trois, eurent des engagements militants.

Après son départ de la JOC, Jean Caillol tenta de se faire embaucher dans une grande entreprise pour y militer syndicalement, mais son passé militant ne lui facilita pas la tâche et il dut se résoudre à retourner travailler dans la petite entreprise d’électricité qu’il avait quittée en 1951. Il y resta environ dix-huit mois, travailla ensuite quelque temps dans une entreprise de plomberie où il se syndiqua à la CGT. L’entreprise ayant fait faillite, il se lança avec cinq autres personnes dans un projet de type Castors qui déboucha sur la construction d’un bâtiment de quatre étages sur le terrain d’une ancienne école libre dans le quartier du Rouet. En 1957, Jean Caillol, fils de cheminot, parvint à se faire embaucher à la SNCF au terme d’un essai. Après un mois passé aux Ateliers du Prado, il fut muté à Marseille-Lavage, rue Guibal, où il travailla comme électricien à l’entretien des véhicules de voyageurs.

Dès son entrée à la SNCF, Jean Caillol se syndiqua à la CGT et fut élu délégué du personnel l’année suivante. Par la suite, il fut également responsable d’établissement, délégué au Comité local des activités sociales (CLAS) et au Comité régional des activités sociales (CLAR). En Mai 1968, lors de la grève totale de la SNCF, il assura presque en permanence les piquets de grève. Fin 1970 ou début 1971, il demanda sa mutation aux Ateliers du Prado et y travailla jusqu’à son départ à la retraite en 1985. Au cours de cette période, il continua à militer à la CGT, mais sans y prendre de responsabilités.

Parallèlement à cet engagement syndical, Jean Caillol s’engagea à l’ACO. D’abord membre du comité d’évangélisation du quartier du Rouet qui comptait des prêtres assomptionnistes très engagés auprès des ouvriers, il fit partie du comité diocésain, puis participa à la fondation de la Mission ouvrière et y représenta longtemps l’ACO aux côtés des prêtres Roux, de la Pommeraie et Jean Arnaud.

En 2007, Jean Caillol et son épouse vivaient à Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18384, notice CAILLOL Jean, Baptiste, Louis par Éric Belouet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 10 décembre 2008.

Par Éric Belouet

SOURCES : Arch. JOC (SG), fichier des anciens permanents. — Renseignements communiqués par Dominique Alunni, Fausto Da Roit et Pierre Hadj-Amar. — Témoignages de Jean Caillol, octobre 2007. — État civil de Marseille.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable