RICARD Gilbert, Camille

Par Daniel Grason

Né le 24 août 1908 à Alizay arrondissement Les Andelys (Eure), mort par l’explosion d’une mine le 17 mars 1945 à Troarn arrondissement de Caen (Calvados) ; charbonnier, manœuvre, démineur ; volontaire en Espagne républicaine ; militant communiste d’Arcueil (Seine, Val-de-Marne).

Fils naturel de Marguerite Ricard, employée de commerce, Gilbert Ricard, père de trois enfants, s’était marié le 11 janvier 1936 avec Élise Gosse à Arcueil où il demeurait avec sa famille 46 rue Branly. Syndiqué à la CGTU, puis à la CGT, sympathisant communiste, Gibert Ricard se porta volontaire en Espagne républicaine. Il partit du centre de recrutement de l’avenue Mathurin-Moreau à Paris (XIXe arr.). Il indiqua avoir effectué son service militaire dans la cavalerie.
En Espagne, il aurait adhéré au Parti communiste et à l’Association des volontaires en Espagne républicaine (AVER). Rapatrié à une date inconnue, il travailla en tant que manœuvre dans diverses entreprises : à la briqueterie Lepage 61 rue de Chevilly à l’Hay-les-Roses, du 12 avril 1939 au 24 juin 1939 ; Aux Négociants 8 rue de la Poterie à Paris (Ier arr.), du 6 septembre 1939 au 14 août 1940 ; et à la société Électro mécanique, du 11 octobre 1940 au 31 décembre. Pendant les périodes où il était sans travail, il s’inscrivait au bureau de chômage de la ville d’Arcueil.
Lors de la déclaration de guerre, il ne fut pas mobilisé. Le 27 août 1939, il distribuait avec trois autres militants des tracts édité par le Parti communiste ayant en comme en-tête l’Humanité. Un numéro ronéoté, le Parti communiste ayant approuvé le pacte germano-soviétique l’Humanité était interdite depuis le 26 août 1939. Des policiers du commissariat de Gentilly arrêtèrent les quatre militants.
Le 23 janvier 1940, Gilbert Ricard comparut devant le tribunal militaire de Paris qui le condamna à six mois de prison. Le 23 mars 1940, des policiers se présentèrent au 21 rue Branly à Arcueil, ils perquisitionnèrent sans succès le domicile familial (il était père de sept enfants).
Un rapport en date du 13 mars 1942, indiqua que Gilbert Ricard avait été membre du Parti communiste de la région Paris-Sud. Les policiers le qualifiaient de « militant particulièrement actif, et propagandiste des théories moscoutaires ».
Après la Libération, il s’engagea dans l’armée, devint sergent. Il participa aux opérations de déminage dans le Calvados. Ce 17 mars 1945, à Noyers-Bocage, une vache avait sauté sur une mine. Une équipe de six démineurs. À Troarn le sergent Gilbert Ricard, manipula une mine pour la neutraliser, mais elle était piégée, l’explosion le tua. Le sapeur Julien Menager mourut dans des conditions similaires. Les opérations de déminages firent deux mille cinq cents morts et près de cinq mille blessés.
Élise la veuve de Gilbert Ricard était enceinte de son huitième enfant.
Gilbert Ricard reçut la mention « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183901, notice RICARD Gilbert, Camille par Daniel Grason, version mise en ligne le 25 août 2016, dernière modification le 26 août 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77W 232 (transmis par Gilles Morin). – Arch. RGASPI 545.6.45/4 (Moscou). – Ils ont déminé la Normandie 1944-1945, Benoit Jeanne, Les Éditions Marianne, p.69-71 (Notes de Barbara Bonazzi). – État civil en ligne cote 2 E 7333, vue 42.

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