PICARD André [pseudonyme dans la Résistance : PIERRARD André]

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Robert Serre

Né le 31 mai 1915 à Commercy (Meuse), exécuté sommairement le 22 février 1944 à Izon-la-Bruisse (Drôme) ; FFI.

André Picard
André Picard
SOURCE : L’Union

André Picard était le fils de Marcel Picard, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, négociant, et de Rosa Franck, sans profession. Célibataire, il habitait chez ses parents venus s’installer à Reims (Marne). En 1939, lorsqu’il a été mobilisé, il était domicilié à Bar-le-Duc (Meuse).

Après l’armistice de juin 1940, il a échappé à la captivité et, étant juif, s’est réfugié en zone non occupée, à Billom (Puy-de-Dôme). Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il rejoignit le Maquis Ventoux implanté dans la Drôme. Installé dans l’école et les fermes abandonnées d’Izon sur la commune de La Bruisse, (Drôme) ce maquis fut infiltré par deux miliciens et assiégé par les troupes allemandes le 22 février 1944. Au terme d’une résistance désespérée et brève, une trentaine de maquisards furent capturés. André Picard fit partie des onze maquisards exécutés sur place au lieu-dit La Basse Grange ; vingt-quatre autres, emmenés dans la ferme d’Eygalayes où se trouvaient entreposés leurs vivres et munitions, y ont été exécutés à leur tour.

Sur la liste des membres du maquis établie par les responsables avant les événements du 22 février, André Picard apparaît avec la fausse identité d’André Pierrard avec pour correspondant, Franck Pierre chez Combe, quartier Peyrarde, Sorgues (Vaucluse) et pour parrain, Gleize d’Entraigues (Vaucluse) qui a parrainé plusieurs maquisards. Il appartenait à la 3e section du maquis (camp Koenig) qui se trouvait à la ferme Jullien, aux Granges-Basses, commune d’Izon-la-Bruisse. Il s’était blessé au pied en manipulant un revolver quelques jours avant – peut-être la veille - le 22 février 1944. Ce jour-là, le maquis fut attaqué à l’aube par un commando de chasse de la Lutwaffe et des auxiliaires français de la 8e compagnie Brandebourg. La 1e section qui était à l’école du village d’Izon et la 3e furent surprises en même temps que le poste de garde qui était en contrebas. La plupart des maquisards de la 3e section furent tués à l’extérieur de la ferme en tentant d’échapper aux assaillants. Ce fut le cas d’André Picard, découvert avec Franck Samuel* et leur chef Jean-Paul Maugard, qui seul put s’échapper.

L’acte de décès numéro 5, dressé en mairie d’Izon-la-Bruisse le 23 février 1944, constate le décès le 22 février de Pierrard dont le corps a été retrouvé sur le territoire de la commune au lieu-dit Grange Basse.
Le 23 novembre 1945, un jugement du tribunal civil de Nyons a déclaré que cet acte de décès s’appliquait à André Picard.

André Picard est inhumé dans la nécropole nationale d’Eygalayes (Drôme) où sont rassemblées les tombes des 35 maquisards fusillés le 22 février 1944, sous l’inscription « Aux morts du maquis Ventoux-À ceux d’Izon-la-Bruisse ».

André Picard a été reconnu « Mort pour la France » et a été homologué FFI. Le statut d’Interné-résistant lui a été attribué ainsi que la Médaille de la Résistance par décret du 26 juillet 1960 publié au JO le 20 août 1960.

Dans la Drôme, le nom d’André Picard est inscrit sur une plaque commémorative apposée dans le hall de l’Hôtel de ville de Romans-sur-Isère.
Dans la Meuse, il figure sur le monument aux morts de Commercy.
À Reims dans la Marne, il est gravé sur le monument aux martyrs de la Résistance et sur la stèle élevée en 1949 devant la synagogue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article183986, notice PICARD André [pseudonyme dans la Résistance : PIERRARD André] par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Robert Serre, version mise en ligne le 25 août 2016, dernière modification le 14 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Robert Serre

André Picard
André Picard
SOURCE : L’Union
Dans la nécropole d'Eygalayes
Dans la nécropole d’Eygalayes
Sur le monument </br>aux martyrs de la Résistance de Reims
Sur le monument
aux martyrs de la Résistance de Reims
Sur la stèle</br> de la synagogue de Reims
Sur la stèle
de la synagogue de Reims
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC21P 133949. — SHD 28 P 6 189 et GR 16 P 47071. — Arch. dép. Drôme, fonds de l’AERD (dossier remis par le fils d’André Vincent-Baume). — L’Union, 11-12 mai 1946. — Site internet Mémoire des hommes AC 21 P 133949. – Claude Arnoux, Maquis Ventoux, quelques pages de la Résistance en Vaucluse, Avignon, Les Presses Universelles, 1974 et rééd. 1994, p. 88. — Serge Ejnès, Histoire des Juifs de Reims pendant la Seconde Guerre mondiale, Reims, à compte d’auteur, 1995. — La Résistance dans la Drôme-Le Vercors, AERI-Fondation de la Résistance, 2007. — Association pour la Mémoire de la Résistance et de la Déportation dans les Hautes-Baronnies (Mémoire Résistance HB), La tragédie du maquis d’Izon-la-Bruisse, 22 février 1944, Eygalayes, 2013, p. 106-108. — Laurent Pascal, Maquis Ventoux, op. cit.— Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991. 88. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987 270. — Yadvashem. — État civil, Commercy (acte de naissance) ; Izon-la_Bruisse (acte de décès).

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