PFEIFFER Jean, Edouard

Par Louis Botella, Laurent Dingli

Né le 21 décembre 1900 à Sochaux (Doubs), mort le 1er juillet 1950 à Montbéliard (Doubs) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire général adjoint de l’Union locale CGT de Montbéliard.

Fils de Edouard Pfeiffer, boulanger, alsacien originaire de Sundhouse (Bas-Rhin), et de Eugénie Donzé, sans profession, originaire de Nommay (Doubs), Jean Pfeiffer fut engagé volontaire dans l’armée française le 1er août 1918 dans laquelle son père a déjà fait la guerre alors que ses deux frères ont été enrôlés dans l’armée allemande, il rejoint le 3ème dépôt de la flotte à Lorient le 1er septembre 1918 ; apprenti marin, embarqué » à bord du « Guichen », croiseur léger transport de troupes, puis du « Gueydon », croiseur de combat, il débarque à Cherbourg le 13 décembre 1919 pour rejoindre ses foyers.

Il s’était marié le 25 septembre 1926 à Sochaux avec Lucie Guerry (ou Guery). Il entre aux établissements Peugeot le 20 octobre de la même année. Il était, en juillet 1930, secrétaire général adjoint de l’Union locale CGT de Montbéliard.
En 1936, il se fit l’ardent défenseur de la loi des quarante heures dans Le Métallo de Sochaux, bulletin syndical des usines Peugeot de Sochaux – CGT – FSI. Nommé chef d’équipe après avoir suivi un cours de perfectionnement, il occupa cette fonction à partir du 1er avril 1939 au modelage métallique (fonderie).
Affecté spécial à l’usine jusqu’à la débâcle de juin 1940, il continua de travailler chez Peugeot pendant l’Occupation. Il échappa miraculeusement à la mort pendant le bombardement du 16 juillet 1943 au cours duquel sa maison est entièrement détruite. À la Libération, il est poursuivi pour délit d’opinion accentué et propagande pro-allemande en faveur du STO. Dans sa séance du 10 décembre 1945, la section professionnelle d’épuration « sidérurgie » de Besançon exprima l’avis que l’intéressé soit frappé d’une interdiction de conserver un poste de commandement dans l’entreprise. Le 29 janvier 1946, le comité régional interprofessionnel d’épuration dans les entreprises (CRIEE) proposa de lui infliger un blâme sans affichage et un changement de service dans l’usine. Jean Pfeiffer reçut à cette occasion l’appui chaleureux de Maurice Richoux, directeur de la main-d’œuvre de Peugeot, et de André Girard, ancien secrétaire général du syndicat des Métaux de Sochaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184009, notice PFEIFFER Jean, Edouard par Louis Botella, Laurent Dingli, version mise en ligne le 7 septembre 2016, dernière modification le 3 juin 2018.

Par Louis Botella, Laurent Dingli

SOURCES : Arch. Dép. Doubs, 1911 W/ 2. — Arch. Dép. Côte-d’Or, 1187 W 95. Dossier Jean Pfeiffer et Le Métallo de Sochaux, bulletin syndical des usines Peugeot de Sochaux– CGT – FSI., première année, n° 4, juin 1937, BNF GR FOL-JO-1469. Laurent Dingli, Entreprises dans la tourmente - Renault, Peugeot, 1936-1940, PUFR, Tours, 2018. — État civil.

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