NYCKEES Chrétien, Georges, Arsène, dit Nicaise, Nic.

Par Joeri Puissant

Bruges (Brugge, pr. Flandre occidentale, arr. Bruges), 21 Juillet 1902 − Bourg-Léopold (Leopoldsburg , pr. Limbourg, arr. Hasselt), 27 janvier 1942 (fusillé). Militant communiste, résistant.

Fils de Charles-François Nyckees et de Louise-Pauline Calliouw, Chrétien Nyckees, dit Nikees ou de Nik, a sept frères et sœurs. Il connait une jeunesse difficile. Il termine son service militaire en 1922. Dans les années 1930, il vit à Hoboken (commune de, pr. et arr. Anvers - Antwerpen) où il tient un café.

Militant communiste, Chrétien Nyckees figure en 1936 sur les listes du Kommunistische Partij van België (KPB - Parti communiste de Belgique) pour les élections législatives dans l’arrondissement d’Anvers et provinciales dans le canton de Boom. Il participe à la lutte antifasciste. Il est proche de Jef van Extergem*. Actif dans la solidarité internationale, il héberge chez lui Paul Dix de la Fédération internationale des transports, ce dernier faisant de la propagande antinazie auprès des marins allemands dans le port d’Anvers.

En décembre 1938, Chrétien Nyckees habite ensuite au n° 77, Sint-Jacobsmarkt à Anvers, à proximité du quartier populaire du Seefhoek, fréquenté par les dockers. Il est receveur de tram, puis colporteur de journaux (ultérieurement mentionné chauffeur).

Durant les premiers mois de l’occupation allemande, devenu chômeur, Chrétien Nyckees anime le Volkscomite (comité populaire) Seefhoek et participe à l’organisation de manifestations de femmes pour le pain et l’amélioration du ravitaillement. Ces manifestations ont lieu au printemps 1941. Dès ce moment, Nyckees aurait été recruté par Jos Lenaerts* (conseiller communal à Hoboken qui mourra en déportation), dans un groupe clandestin qui préfigure les Partisans armés. Dirigé par John De Renty*, technicien à la Bell téléphone, syndicaliste et dirigeant communiste local, ce groupe diffuse la presse communiste clandestine et organise la collecte de fonds et leur distribution en faveur de familles de prisonniers et de clandestins. Il prépare bientôt des actions de sabotage, plus précisément l’acquisition d’explosifs et l’incendie d’un garage de l’armée allemande à Merksem (commune d’Anvers). Le groupe est dénoncé par l’un de ses membres, en fait un indicateur du commissaire Block de la police judiciaire en charge de la surveillance des communistes en relation avec la SIPO (Sicherheitspolizei- police de la sûreté). Le 11 septembre 1941, neuf personnes, dont l’indicateur, sont arrêtées à la Lange Lozanastraat en pleine réunion préparatoire.

Détenus et torturés à la prison d’Anvers située à la Begijnenstraat, les neuf militants sont jugés par le tribunal de la Feldkommandatur d’Anvers le 20 novembre 1941. Quatre d’entre eux sont condamnés à de lourdes peines de prison, les cinq autres à la peine capitale pour propagande bolchévique et anti-allemande et destructions par armes (sabotages). Trois sont exécutés en décembre : Jules Van De Walle*, Louis Lenaerts* et John De Renty*, les deux derniers à Schaerbeek le 28 décembre.

Chrétien Nyckees est fusillé à Bourg-Léopold le 27 janvier 1942, après ses compagnons d’infortune, l’occupant espérant sans doute le faire parler. Un ordre de confirmation de la sentence provenant du commandement militaire de Paris est daté du 24 janvier. Quant à au dénonciateur, il est abattu par la Résistance le 12 août 1942 : cette action entraînera la déportation de dix « communistes », dont plusieurs syndicalistes du chantier naval Mercantile-Beliard (Anvers).

Époux d’Elvire Sielbo et compagnon de Rachel Souritz, militante des Jeunesses communistes, Chrétien Nyckees a, avec cette dernière, un fils d’un an et en attente d’une fille qui naîtra en avril 1942. Reconnu résistant armé du 15 mars 1941 à sa mort, soldat des Milices patriotiques, Nyckees est chevalier de l’Ordre de Léopold II, titulaire des Croix de guerre avec palme, médaille de la Résistance et médaille du Souvenir avec sabres croisés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184012, notice NYCKEES Chrétien, Georges, Arsène, dit Nicaise, Nic. par Joeri Puissant, version mise en ligne le 24 août 2016, dernière modification le 8 juillet 2021.

Par Joeri Puissant

SOURCES : Archives générales du Royaume, fonds SPF Sécurité sociale, Direction générale Victimes de la guerre, Bruxelles : dossier Prisonniers politiques − AMSAB − CEGESOMA (merci à Jan Laplasse).

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