MIRAUT Jules, Louis

Par Daniel Grason

Né le 31 juillet 1905 à Paris (XIe arr.), tué le 19 août 1944 à Paris (VIIIe arr.) ; brigadier des gardiens de la paix ; F.F.I.

Fils de Jules Miraut, gardien de la paix, et de Augustine Divo, ménagère, Jules Miraut épousa Georgette Soudrille, vendeuse, le 3 janvier 1928 à Paris (XIe arr.). Le couple vivait 57 avenue du Général Bizot à Paris (XIIe arr.). En 1944, il était formateur à l’École pratique des gardiens de la paix 51 rue de Courcelles à Paris (VIIIe arr.). Le 19 août au matin, habillé en civil, il quitta vers 8 heures son domicile à bicyclette pour se rendre à son travail, il portait sur lui son pistolet administratif et sa carte de tabac. Vers 10 heures, il se trouvait devant l’École, l’entrée principale étant fermée, il était à l’entrée de la rue du Faubourg Saint-Honoré en compagnie de plusieurs collègues.
Après quelques minutes d’attente, Jules Miraut décidait de se rendre à la Préfecture de Police avec Jean Perié, gardien de la paix. À vélo, ils empruntèrent la rue du Faubourg Saint-Honoré, l’avenue Victor-Emmanuel III, et l’avenue des Champs-Élysées. Il était environ 11 heures 15, tous les deux se trouvaient place de la Concorde à la hauteur de l’Obélisque, une violente fusillade se déclencha, elle partait du ministère de la Marine et de l’hôtel Crillon. Ils accélérèrent l’allure contournant la place vers le pont de la Concorde, Jules Miraut se trouvait à droite de Jean Perié.
À une vingtaine de mètres du pont Jean Perié avait continué son chemin en direction du quai des Tuileries, il s’était arrêté, abandonna son vélo, se coucha à terre sous un banc. Dès la fin de la fusillade, il chercha en vain Jules Miraut. Perié récupéra son vélo et se dirigea vers le pont Solferino. Quelques jours après la reprise des cours à l’École pratique, il apprenait la disparition de Jules Miraut. Il informa ses supérieurs des circonstances dans lesquelles il l’avait perdu de vue.
Le corps de Jules Miraut ne fut pas retrouvé. Sa femme se rendit en vain à l’Institut Médico-Légal et au fort de Vincennes où les allemands exécutèrent des civils et des policiers. Elle donna son signalement à la Croix-Rouge et visita sans succès plusieurs hôpitaux. La Défense passive des VIIe et VIIIe arrondissements porta secours à de nombreux blessés, les policiers consultèrent leurs archives, sans résultat.
Un inspecteur de la police judiciaire fut chargé de l’enquête sur la disparition de Jean Miraut, il recueilli les témoignages de Georgette Miraut et Jean Périé. Il rédigea un rapport le 10 juillet 1947, il concluait : « S’il avait été blessé ou tué au cours de la fusillade, il est probable que le service sanitaire l’aurait relevé et transporté à un hôpital ou tout autre lieu et il aurait été identifié ».
« La seule hypothèse admissible est la suivante : le brigadier Miraut, au lieu de continuer sa route en compagnie du gardien Perié, a dû prendre le Pont de la Concorde, vers la Chambre des Députés ».
« Celle-ci était occupée par les Allemands, qui vraisemblablement alertés par la fusillade provenant de l’autre côté de la Seine, ont arrêté et fouillé toutes les personnes qui se sont présentées à eux ».
« Le Brigadier Miraut a été probablement arrêté dans ces conditions et du fait qu’il était porteur de son pistolet on devine le sort qui lui a été réservé ».
Le ministère des Anciens combattants délivra un certificat de disparition à sa veuve daté du 10 juillet 1947, et attribua à Jules Miraut la mention « Mort pour la France », « Cause du décès tué par balle ». Il a été homologué F.F.I.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184013, notice MIRAUT Jules, Louis par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 17 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JA 246. – SHD, Caen AC 21 P 95752. – Bureau Résistance GR 16 P 421183. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. — État civil.

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