RAMOND Louis

Par Olivier Dedieu

Né le 23 août 1905 à Sète (Hérault), mort le 9 mars 1993 à Sète ; professeur de lettres, militant SFIO, syndicaliste CGT puis CGT-FO, maire-adjoint et conseiller général de Sète.

Louis Ramond était le fils d’un militant actif de la section SFIO de Sète, Paul Ramond, masseur. À l’âge de 17 ans, en opposition avec son père, il choisit de quitter le domicile familial et partit à Lyon. Travaillant pour financer sa scolarité, il fut employé aux halles puis par la suite percepteur. Scolarisé au lycée Ampère, il prépara le concours de l’École normale supérieure. Après son échec, il s’inscrivit à la faculté des lettres. Deux fois admissible à l’agrégation de lettres, il devint professeur certifié de lettres. Son classement lui permit d’obtenir un poste à Lunel (Hérault). Après deux ans, en 1927, il obtint un poste au collège classique de Sète et fit l’essentiel de sa carrière dans cette ville, au collège puis au lycée Paul Valéry.

Mobilisé en 1939, il fit la campagne de France. Évacué de Dunkerque, il fut rapatrié en France pour continuer le combat et fut finalement fait prisonnier. Evadé, il retourna à Sète où il reprit ses activités professionnelles. Après avoir facilité la fuite de juifs par l’Espagne avec l’un de ses amis enseignants de Lunel, il dut quitter la ville et prit un poste à Clermont-l’Hérault quand les Allemands décidèrent de vider la ville de Sète de ses habitants. À la Libération, il adhéra à la section SFIO de Sète dont son père était un membre important et occupa rapidement des responsabilités de premier plan. Après le décès de Georges Reynes, il fut élu en 1946 secrétaire de la section locale.

Membre de la commission administrative fédérale dès 1946, il prit en charge l’École socialiste créée l’année suivante. En 1947, il mena la liste SFIO lors des élections municipales. Avec quatre élus, la section eut alors le choix, soit d’intégrer la liste communiste, soit de s’allier avec Gaston Escarguel. Il opta pour l’alliance anti-communiste et devint 1er adjoint de la municipalité. Deux ans plus tard, en 1949, il fut candidat de la SFIO lors des élections cantonales. Face au sortant, le communiste Pierre Arraut, il arriva en 2e position. Il bénéficia alors du soutien de l’ensemble des partis anticommunistes et fut élu conseiller général de Sète.

En 1950, Louis Ramond abandonna le secrétariat de section et devint membre, durant un an du cabinet de Jules Moch avant de reprendre son poste l’année suivante. En 1952, il intégra le bureau fédéral et fut secrétaire fédéral adjoint. L’année suivante, il fut tête de liste SFIO puis de nouveau élu maire-adjoint avant d’être réélu conseiller général en 1955. Comme Jules Moch dont il était proche, il prit part au débat sur les accords de Londres et de Paris, affichant son hostilité à leur ratification.

En 1959, il fut de nouveau tête de liste socialiste au 1er tour. Il perdit néanmoins ses fonctions municipales, le maintien de la liste gaulliste entraînant la victoire des communistes à la mairie. En 1961, arrivé en 3e position derrière les candidats communiste et gaulliste, il perdit son mandat de conseiller général. Son hostilité au candidat UNR, Lurie-Cerf qui avait battu Jules Moch aux législatives puis permit aux communistes de reprendre la mairie fit que Louis Ramond ne soutint pas ce dernier, au bénéfice de Pierre Arraut, élu conseiller général.

Jusqu’à sa défaite électorale, Louis Ramond fut le principal dirigeant de la section de Sète. Adepte de la ligne fédérale, hostile à l’union avec les communistes, il fut membre, de 1949 à 1972 de la commission administrative fédérale, membre du bureau fédéral en 1961 et 1968. En 1968, il fut président du bureau départemental des cercles Jean Jaurès.

Dans une section de plus en plus divisée à partir de 1962 sur la question de l’alliance avec le PCF, il resta adepte de la ligne opposée à cette alliance. Quand la section décida de faire liste commune avec le Parti communiste, il ne quitta pas le parti, mais se mit en retrait et ne figura pas sur la liste. Il en fut de même en 1971. Encore respecté dans la section, il ne prit pas position publique contre les choix de cette dernière et soutint encore, en 1982, le candidat PS aux élections cantonales.

En 1945, Louis Ramond était responsable du Syndicat national de l’enseignement de Sète. Au moment de la scission de la CGT, Louis Ramond fut désigné, dès fin décembre 1947, par la direction de Force Ouvrière comme son responsable provisoire pour l’Hérault. Quelques jours plus tard, Paul Cielle lui succéda dans cette fonction. Il resta responsable de la tendance FO des professeurs de collèges et lycées de Sète.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184074, notice RAMOND Louis par Olivier Dedieu, version mise en ligne le 25 août 2016, dernière modification le 1er avril 2021.

Par Olivier Dedieu

SOURCES : Arch. Dép. Hérault, 1 R 1386, 12 W 762, 18 W 29, 338 W 59, 356 W 141, 376 W 64, 515 W 26, 676 W 131, 785 W 20. — Dossiers Hérault, archives de l’OURS. – Arch. Charles Alliès. – Combat socialiste, 1945-1980. — Force Ouvrière, hebdomadaire de la CGT-FO, 1er et 8 janvier 1948. — Entretien Georges Gali, Henri Ricard. — Notes de Louis Botella.

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