RAGONNET Gustave, Adolphe

Par Daniel Grason

Né le 25 février 1906 à Meurcourt arrondissement de Lure (Haute-Saône), disparu le 19 août 1944 à Paris (Xe arr.) ; gardien de la paix ; membre du Front national de la police ; résistant F.F.I.

Fils de Charles, Émile, cultivateur et de Marie, Sidonie née Quermont, cultivatrice. Il alla à l’école primaire, obtint le CEP, ensuite il travailla la terre à la ferme familiale. Mobilisé par le centre de recrutement de Vesoul, Gustave Ragonnet fit son service militaire du 10 mai 1926 au 160e Régiment d’artillerie à pied, 7e bataillon d’ouvriers à Besançon (Doubs), sa démobilisation eut lieu le 10 mai 1927. Il postula pour entrer dans la police parisienne, débuta en 1928, il habitait 8 rue de la Verrerie à Paris (IVe arr.). Le 25 février 1930 il épousa Louise Perrin en mairie de Meurcourt. Trois enfants naquirent : Claude (1932), Jean-Pierre (1937) et Anne-Marie (1939). La famille habita depuis le 25 janvier 1935 au 35 rue Stephenson à Paris (XVIIIe arr.).
Gardien de la paix, Gustave Ragonnet était affecté au poste de police de l’Hôpital Saint-Louis (Xe arr.). Le 8 août 1944 à la suite d’un accident sur la voie publique, il était en arrêt maladie, il disparut le 19 août 1944. Une commission rogatoire ordonna l’ouverture d’une enquête, elle fut menée par la police judiciaire. Le rapport en date du 9 juin 1947 reconstituait la journée fatale du gardien de la paix.
Une voisine Aline N… témoigna : « Je l’ai vu pour la dernière fois le 19 août 1944 vers 10 heures du matin dans l’escalier, il allait faire un tour dans le quartier, il me précisa qu’il était armé. J’ignore s’il appartenait à la Résistance ». Auditionné, le cousin de Gustave Ragonnet, né aussi à Meurcout, Francis Favier inspecteur principal adjoint au commissariat du XXe arrondissement, déclara : « J’ai appris qu’il avait quitté son domicile le 19 août au matin. J’ai commencé des recherches dans tous les Hôpitaux de Paris, les cimetières et à l’Institut Médico-Légal dans le but de la retrouver, mais sans résultat ». Il fit le tour des quelques connaissances de son cousin, un marchand de quatre saisons rue du Faubourg du Temple et la patronne d’un bar, 40 rue Corbeau (Jacques-Louvel-Tessier).
La dernière personne rencontrée par Gustave Ragonnet après 17 heures avait été un employé de bureau ex. gardien de la paix demeurant 99 rue du Faubourg du Temple, cour de Bretagne. Ce dernier René S… quitta vers 19 heures 45 Gustave Ragonnet, ce dernier alla au bar de la rue Corbeau, il quitta l’établissement vers 20 heures 15 en déclarant qu’il rentrait chez lui. Il emprunta le boulevard de Belleville pour se rendre rue Stephenson…
La carte d’identité de Gustave Ragonnet fut découverte à l’intérieur de l’école du 199 quai de Valmy (Xe arr.). Le groupe scolaire avait été occupé par l’armée allemande, Marcel Carrou faisait partie des F.F.I. qui reprirent possession des lieux. Il témoigna que la carte d’identité avait été trouvée lors du nettoyage des locaux. « Il régnait dans la salle des chaudières une odeur pestilentielle. Mais je n’ai pas attaché d’importance à cette odeur car lors du nettoyage j’ai trouvé certaines denrées alimentaires totalement pourries ».
Selon les enquêteurs Gustave Ragonnet avait probablement été interpellé par des soldats allemands à proximité du carrefour Jean-Jaurès – place de Stalingrad. L’école du quai de Valmy était toute proche, Ragonnet était porteur d’une arme, ce qui ne laissait guère de doute sur son sort. En ces journées insurrectionnelles, les allemands ne s’embarrassaient pas de prisonniers, son corps fut très probablement brûlé dans une chaudière de l’école.
Son épouse engagea une procédure auprès du Tribunal de la Seine pour que la mort de son mari soit reconnue. Le 6 avril 1950 elle obtint satisfaction, le décès de Gustave Ragonnet fut reconnue en août 1944, et enregistré à l’état civil de la mairie du XVIIIe arrondissement où il habitait, puis transcrit à la mairie de Meurcourt.
Gustave Ragonnet a été homologué au titre de la Résistance Intérieure Française (R.I.F.), comme membre du Front national de la police du 1er juin 1943 au 19 août 1944, homologué F.F.I. Il a été décoré à titre posthume de la Médaille militaire et de la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme. Sur les actes de naissance et de décès figure la mention « Mort pour la France ».
Son nom figure sur le monument de la Libération, à Besançon (Doubs), sur le monument aux morts, à Meurcourt et le Mémorial de la Résistance, à Vesoul (Haute-Saône) et sur la plaque commémorative de la Police, à Paris (IVe arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184116, notice RAGONNET Gustave, Adolphe par Daniel Grason, version mise en ligne le 25 août 2016, dernière modification le 17 mars 2020.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, JA 246. – Bureau Résistance GR 16 P 497607. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – État civil. – Nos remerciements à monsieur Pascal Ragonnet, petit-fils de Gustave Ragonnet pour les informations qu’il nous a fait parvenir.
PHOTOGRAPHIE : Archives familiales.

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