SORANZO Antoine ou Antonio, père

Par Antonio Bechelloni, Robert Serre, Michel Thébault, Jean-Luc Marquer

Né le 13 octobre 1900 à Cismon-del-Grappa (Vicence, Italie), mort en action le 21 juillet 1944 à Vassieux-en-Vercors (Drôme) ; maçon ; résistant de l’Armée secrète

D’origine italienne, Antonio Soranzo était le fils de Domenico et de Maria Gobbo.
Il épousa Maria Vanin.
La famille obtint la nationalité française le 17 août 1938, décret paru au journal officiel le 21 août 1938.
C’était un résistant originaire de Villard-de-Lans (Isère), maçon domicilié avenue Nobécourt. Il était père d’un fils prénommé comme lui Antonio. Tous deux s’engagèrent dans la Résistance rejoignant les maquis du Vercors, secteur 8 de l’AS-Isère.

Ces maquis se mirent en place à partir des premiers mois de 1943 dans tout le massif du Vercors. L’annonce du débarquement de Normandie entraîna l’arrivée massive de centaines d’hommes. A la mi-juillet, près de 4 000 Résistants étaient dans le Vercors, soit la plus importante concentration de la région. Sept terrains, désignés avec le nom d’articles de papeterie, avaient été répertoriés par les Alliés dans le Vercors et le plus important était le terrain Taille-crayon à Vassieux conçu pour accueillir hommes et matériel avec une piste construite à proximité du village dans l’attente de l’atterrissage des premiers avions alliés. Des groupes de résistants dont faisaient vraisemblablement partie les deux Soranzo père et fils devaient assurer la protection de ce terrain. Les services de renseignements allemands repérèrent les aménagements et la piste. Le village devint la cible de bombardements. Dans la crainte de voir arriver des troupes en nombre important, le commandement allemand lança le 21 juillet 1944 une opération aéroportée contre le village de Vassieux. 200 hommes issus en grande partie du Fallschirm-Kampfgruppe « Schäfer », furent aéroportés de Lyon-Bron à Vassieux par des planeurs remorqués par des Dornier-17. Malgré l’effet de surprise, les résistants tentèrent de riposter. De violents combats s’engagèrent qui finirent par contraindre les résistants au repli. C’est dans ces circonstances qu’Antonio Soranzo et son fils trouvèrent la mort en combattant.
Un jugement du tribunal civil de Die du 24 juillet 1945 tient lieu d’acte de décès.
Antonio Soranzo obtint la mention « Mort pour la France ».
En date du 21 juillet 1957 un certificat de validation de la qualité d’interné de la Résistance avec le grade à titre posthume de soldat de 2e classe, pour la période allant du 21 juillet 1944 au 21 juillet 1944, fut remis à sa veuve, Soranzo Maria. Il reçut, en outre, à titre posthume, la Croix de guerre avec étoile d’argent avec la motivation suivante : « Soldat courageux. Mort pour la France le 21 juillet 1944 à Vassieux, lors de l’attaque par les troupes aéroportées ».
Père et fils sont enterrés au cimetière communal de Villard-de-Lans sous le prénom Antoine.
Leurs noms sont inscrits sur le monument aux mort de Villard-de-Lans et sur la plaque commémorative de la station 2 du chemin de croix de Villard-de-Lans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184205, notice SORANZO Antoine ou Antonio, père par Antonio Bechelloni, Robert Serre, Michel Thébault, Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 26 août 2016, dernière modification le 27 septembre 2021.

Par Antonio Bechelloni, Robert Serre, Michel Thébault, Jean-Luc Marquer

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 552886 — Archives remises à l’AERD par le fils d’André Vincent-Baume, puis déposées aux Arch. Dép. Drôme. — Archivio centrale dello Stato, CPC, Busta 4871 (à consulter) — Anna Balzarro, Le Vercors et la zone libre de L’Alto Tortonese. Récits, mémoire, histoire, Paris, L’Harmattan, 2002 — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 230. — Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 279. — Pia Carena Leonetti, Les Italiens du maquis, Paris, Éditions mondiales, 1968 — Mémoire des hommes — Mémorial genweb. — Geneanet. — JORF Gallica. — État civil.

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