KONOWALSKI Johan

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

Né en Pologne, exécuté le 29 août 1944 à Briançon (Hautes-Alpes) ; soldat de l’armée allemande ; maquisard Armée secrète (AS)-Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Soldat polonais fait prisonnier et incorporé de force dans l’armée allemande, Johan Konowalski fut affecté au poste allemand du dépôt de chemin de fer de Veynes (Hautes-Alpes), un groupement de la trentaine de soldats chargés de surveiller les voies ferrées. Il déserta le 3 août 1944 avec onze compatriotes, lors d’une opération du maquis contre ce poste et il rejoignit le camp AS-FFI du col de Montbrand (Hautes-Alpes). Intégré dans les FFI des Hautes-Alpes, secteur D-Buech, il fit partie des éléments venus prêter main forte aux résistants de Briançon, alors que la ville, évacuée par les Allemands le 24 août, restait sous leur menace. Il était membre de la section motorisée de dix hommes, commandée par l’adjudant André Varanfrain* qui fut envoyée le 29 août pour réoccuper le Fort des Têtes. Elle fut prise sous le feu des Allemands revenus inopinément, à proximité du village de Fontchristiane et de l’entrée Nord du Fort du Randouillet, au lieu dit Communication Y. Le FFI Henry Peuzin* fut tué alors que ses neuf camarades, rejoints par un agriculteur, parvenaient à se protéger derrière un parapet. Vers 15 heures, une patrouille allemande se dirigea vers eux, précédée de quatre civils prisonniers mis en couverture. Johan Konowalski et un autre FFI tentèrent de fuir et furent abattus. Tous les autres furent fusillés sans jugement contre le mur qui les avait protégés. Selon une rumeur qui circula alors à Briançon, Konowalski aurait eu la tête tranchée par ses assassins, ce qui fut démenti par les civils chargés de déterrer les corps. Les corps furent enterrés dans une fosse commune le 31 août. Cette fosse fut découverte le 3 septembre suivant par une commission venue identifier les corps de deux soldats américains tués. Après la libération de Briançon, les corps furent inhumés dans le cimetière de la ville lors d’une cérémonie officielle et religieuse. Leurs camarades de la compagnie leur firent un peloton d’honneur. Un monument fut érigé à la mémoire des maquisards du Buech fusillés de Briançon au col de Montbrand. Le nom de Johan Konowalski qui n’y figurait pas à l’origine y a été rajouté.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184544, notice KONOWALSKI Johan par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin, version mise en ligne le 31 août 2016, dernière modification le 6 septembre 2018.

Par Jean-Marie Guillon, Jean-Pierre Pellegrin

SOURCES : Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France, Hautes-Alpes, secteur D-Buech.— Richard Duchamblo, Cahiers "Maquisards et Gestapo", Gap, Ribaud Frères, 19 cahiers 1945-1949, reprint 2005, Gap, Éd. des Hautes-Alpes, tome 2, 15e cahier.— Jean-Pierre Pellegrin, 29 août 1944. Neuf résistants de la vallée du Buech assassinés à Briançon. Un crime resté impuni, texte inédit, 2016.

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