JEUDY Armand, Alphonse

Par Daniel Grason

Né le 28 mai 1911 à Saint-Germain arrondissement de Lure (Haute-Saône), tué le 21 août 1944 à Paris (XXe arr.) ; cultivateur, terrassier, journalier, gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police ; F.F.I.

Fils de Charles et de Marie, Louise, née Germain, cultivateurs, Armand Jeudy alla à l’école primaire, il obtint le CEP à l’âge de treize ans. Ses parents l’encouragèrent à continuer sa scolarité à l’école primaire supérieure, à seize ans, il échoua à l’examen du brevet élémentaire. Il poursuivit sa scolarité dans l’espoir de parvenir à entrer à l’école normale. Selon la biographie qu’il rédigea en 1937, peu de temps avant l’examen son père eut un grave accident qui l’obligea à rester aliter six mois. Il le remplaça sur l’exploitation familiale, effectua les travaux des champs jusqu’à l’âge de vingt ans.
Il devança l’appel, fut incorporé le 18 octobre 1931dans le 28e Régiment d’artillerie divisionnaire, devint 2e canonnier conducteur, il suivit le peloton de sous-officier, fut libéré avec le grade de brigadier. Libéré, il retourna à la ferme familiale, épaula ses parents et travailla comme journalier ou terrassier tâcheron. Il prit conscience qu’étant insuffisamment diplômé, le métier de gardien de la paix pouvait lui ouvrir d’autres perspectives professionnelles.
Il sollicita le 1er février 1936 un emploi de gardien de la paix auprès de la préfecture de police de Paris. Armand Jeudy faisait l’objet de bons renseignements de « conduite et de moralité irréprochables », en politique, il penchait à droite. Il entra dans la police parisienne le 10 juillet 1937. Il se maria la même année, le couple eut trois enfants, la famille vivait 11 rue de Bagnolet à Paris (XXe arr.).
Armand Jeudy fut affecté au poste de police de Charonne dans le XXe arrondissement. Patriote il rejoignit à une date inconnue Honneur de la Police d’obédience gaulliste. En cet été 1944, son épouse et ses trois enfants âgés de six, trois et deux ans partirent à Froideterre (Haute-Saône), village natal de leur mère.
Le samedi 19 août 1944, le XXe arrondissement se couvrait de barricades, il y en eut vingt dans un rayon de deux cents mètres autour du poste de police de Charonne rue des Orteaux, à proximité du cours de Vincennes emprunté par les troupes allemandes qui stationnaient dans la banlieue Est. Les agents furent sollicités pour garder des prisonniers, soldats de l’armée d’occupation ou collaborateurs. Certains étaient enfermés dans les locaux du poste de police. Peu après midi, ces locaux étaient attaqués par un ou plusieurs véhicules blindés. Armand Jeudy et Marcel Imbert, membres d’Honneur de la Police, étaient tués lors de l’attaque du poste, probablement d’une balle dans la tête alors qu’ils avaient été fait prisonniers.
L’inhumation de Armand Jeudy et de Marcel Imbert se déroula le 26 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). En décembre, sa veuve, mère de trois enfants écrivit au préfet de police, elle demandait d’avoir accès à un emploi de concierge dans une école de la ville de Paris. Elle obtint un emploi à titre temporaire en janvier 1945.
Déclaré « Victime du devoir », Armand Jeudy a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », et l’homologua F.F.I.
Son nom figure sur la plaque posée sur la façade du poste de police à l’angle de la rue des Haies et des Orteaux, en hommage à Marcel Imbert et Armand Jeudy, sur la plaque commémorative apposée dans la cour de la préfecture de police à la mémoire des agents tombés pendant les deux guerres mondiales et sur la liste des policiers tombés pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184669, notice JEUDY Armand, Alphonse par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 16 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 19 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 56916. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

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