JARRIGE Pierre, Désiré alias Delsy

Par Daniel Grason

Né le 20 janvier 1924 à Paris (XIVe arr.), exécuté le 16 août 1944 à Châtenay-Malabry (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé aux écritures affecté à l’Inspection Générale des Services (I.G.S.) à la préfecture de police de Paris ; homologué FFI.

Orphelin de père à l’âge de huit ans, Pierre Jarrige vivait chez sa mère 23 avenue Victor-Hugo à Clamart (Seine, Hauts-de-Seine). Il entra dans la police le 22 mars 1944, fut employé auxiliaire aux écritures à titre provisoire affecté aux archives de l’Inspection Générale des Services. À l’insu de ses collègues, il faisait partie d’un groupe de Résistance de Clamart (Seine, Hauts-de-Seine).
Le 16 août 1944, les F.F.I. Henry Golaudin, commandant, Jacques Lauduique, alias Patrice lieutenant, Pierre Jarrige sous-lieutenant et Henri-Jean Golaudin alias Rico, cousin d’Henry, de retour d’une action de récupération d’armes à Malakoff étaient arrêtés avant 15 heures 30 par des civils porte de Vanves. Les quatre hommes furent poussés sans ménagement dans une camionnette. Conduits au siège de la police de sécurité et du renseignement de la SS (Sipo-SD), appelée communément la Gestapo, ils furent interrogés, probablement torturés. Emmenés dans un terrain vague aux « Friches de Malabry » à Châtenay-Malabry, ils y ont été exécutés.
Le 20 août 1944 vers 16 heures 30, deux jeunes filles âgées de dix-huit et vingt ans découvraient les quatre cadavres. Elles prévenaient les gendarmes, ceux-ci constataient que les quatre hommes portaient des blessures multiples à la tête et à la poitrine, ils avaient été exécutés par des armes à feu : pistolets et mitraillettes. Les familles reconnurent les corps. Elles n’ignoraient pas que leurs enfants étaient dans un groupe de Résistance, mais ne connaissaient pas la teneur de leur implication.
L’inhumation de Pierre Jarrige se déroula dans le carré militaire du cimetière de Clamart. Le ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I. Le conseil municipal de Chatenay-Malabry nomma « avenue des Quatre-Fusillés » une artère de la ville. Une stèle à la mémoire des quatre jeunes résistants a été posée sur le lieu des exécutions.
Dans les mois qui suivirent la Libération, et pour perpétuer son souvenir, son portrait a été placé dans le salon d’attente de l’I.G.S. En présence du préfet Luizet son nom a été donné à la salle où se trouvaient les archives en présence de sa mère. Son nom a été donné à la salle où se trouvaient les archives, Pierre Jarrige figure sur la liste des policiers morts dans les combats de la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.).
Une plainte de la mère de Henri Golaudin déclencha une enquête de la police judiciaire. Jean Mamy alias Paul Riche (son nom de plume) fut arrêté. Monteur, acteur, scénariste, journaliste et cinéaste, militant CGT du cinéma, de 1933 à 1936, exclu au moment du Front populaire, il collabora au journal La Flèche, devint membre du Grand Orient de France. Il devint rédacteur en chef du journal antisémite et antimaçonnique Au Pilori, la section VI du SD de Paris le recruta fin 1940. Il devint membre du comité directeur du PPF, réalisa un film antimaçonnique Les Forces occultes. Il infiltra plusieurs groupes de résistants, sa secrétaire dactylographia une liste de six-cents dénonciations. Il assistait aux arrestations de résistants qu’il avait dénoncés en compagnie de la Gestapo. Il infiltra le groupe de F.F.I d’Henri Golaudin, le dénonça à la Sipo-SD, assista aux arrestations et aux exécutions par des Géorgiens de la Gestapo. Arrêté en 1946, jugé, condamné à mort le 24 décembre 1948, Jean Mamy a été fusillé le 23 mars 1948 au Fort de Montrouge.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184731, notice JARRIGE Pierre, Désiré alias Delsy par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 septembre 2016, dernière modification le 16 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 19 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD Caen AC 21 P 57886. – Bureau Résistance GR 16 P 307018. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection deLs policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Sous la dir. de Pierre-André Taguieff, L’antisémitisme de plume 1940-1944, (texte de Michaël Lenoire), Berg International, 1999. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet « La Libération de Paris » de Gilles Primout.

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