CAMIER Victor

Par Jean-Marie Conraud

Né le 17 mai 1926 à Givet (Ardennes) ; dessinateur industriel dans un bureau d’étude de la sidérurgie ; syndicaliste CFTC-CFDT, secrétaire général et permanent de l’Union locale de Longwy (Meurthe-et-Moselle), secrétaire général adjoint de l’UD de Meurthe-et-Moselle, secrétaire adjoint du syndicat régional de la sidérurgie, membre du conseil de la Fédération de la Métallurgie, administrateur général de la confédération CFDT ; militant socialiste.

Victor Camier
Victor Camier

Le père de Victor Camier était dessinateur au bureau d’études dans l’usine sidérurgique d’Aubrives (Ardennes) avant de faire partie, au début de l’année 1936, des employés mutés à l’usine de Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Il mourut en 1942. Victor Camier, alors âgé de seize ans, dut mettre fin prématurément à ses études et fut embauché dans le bureau d’études où travaillait son père. En 1944, il choisit de se soustraire au recensement des jeunes pour le STO et quitta Villerupt, commune située en zone interdite, pour vivre dans la clandestinité en Bretagne. En 1945, il s’engagea dans l’armée pour trois ans. Il rentra en 1948 et reprit son poste à l’usine. Dans sa jeunesse et jusqu’en 1950, il assuma un certain nombre de responsabilités dans le scoutisme. Il se maria le 23 novembre 1948 avec Rosette Schmitt et six enfants naquirent de cette union.

Victor Camier s’engagea rapidement dans le syndicalisme CFTC. Dès son adhésion à la fin de l’année 1948, il entra au bureau du syndicat, avec la charge de la trésorerie. Dans cette usine sidérurgique qui l’employait, où la CGT était massivement majoritaire, il fut élu délégué du personnel en 1949, délégué au comité d’entreprise en 1950 et délégué au comité central et au conseil d’administration de l’entreprise en 1954. Il avait été élu au conseil de l’Union départementale CFTC de Meurthe-et-Moselle en 1951 et au conseil du syndicat régional de la sidérurgie, avec la responsabilité de la branche ETAM, en 1953. À partir de 1962 il siégea aussi au conseil de la Fédération CFTC de la métallurgie. Pendant cette période, il essaya d’obtenir pour les militants CFTC la possibilité de s’exprimer dans le bassin industriel de Longwy dans lequel la CGT était toute puissante et dominatrice.

Le 1er mars 1965, Victor Camier fut sollicité pour devenir permanent de l’UD et on lui confia la responsabilité du nord de la Meurthe-et-Moselle. C’était la première fois que la CFTC, devenue CFDT l’année précédente, pouvait dégager un permanent pour le nord du département. Il fut spécialement chargé de renforcer l’implantation de la CFDT dans ce secteur difficile et de soutenir la petite équipe qui reconstituait dans les mines de fer un syndicat fortement amputé par la scission de 1964. Rentrant de son service militaire quand avaient débuté les dures grèves de 1948, il connut et anima également la grève de la sidérurgie et des mines de fer en avril 1967 et les nombreux conflits de mai 1968 et des années qui suivirent.

Victor Camier représenta la CFDT dans plusieurs organismes : à l’ASSEDIC de Nancy, dont il assuma la présidence de 1973 à 1975, à l’UNEDIC de 1971 à 1975, au Comité d’aménagement, de promotion et d’expansion de Meurthe-et-Moselle (CAPEMM) de 1969 à 1975, à la commission « logements » de la CECA de 1963 à 1975.

Sur le plan national, il fut membre du conseil national de la branche « sidérurgie » et du conseil de la Fédération Également membre de la commission fédérale d’organisation, il en assuma la présidence de 1971 à 1974. À la confédération, il représenta la Fédération de la Métallurgie à la FAS-CNAP, puis CNAS (Caisse nationale d’assistance syndicale) de 1966 à 1975 et participa aux travaux de la commission confédérale d’organisation de 1974 à 1976.

En 1975, Victor Camier décida de mettre fin à son mandat de permanent. Rencontrant un certain nombre de difficultés pour retrouver un emploi dans la région, il dut quitter la Lorraine pour Paris, où il fut embauché comme administrateur général de la confédération CFDT. À partir de septembre 1980, il intégra le secteur financier confédéral où il assuma différentes charges ainsi que la préparation des congrès confédéraux.

En mars 1983, il bénéficia d’un contrat « Emploi-solidarité » et fut chargé de différentes missions par la confédération (entre autres, l’organisation du déménagement de la confédération de la rue Cadet à Belleville). Fin 1984, il rejoignit le département du Vaucluse où il se mit à la disposition de l’Union départementale. En 1985, il entra au conseil et au bureau de cette union et y siégea jusqu’en 1995. De janvier 1988 à 1993, il fut élu au conseil de prud’hommes d’Avignon dans la section « encadrement ».

À partir de 1985, il fut élu au conseil et au bureau de l’Union départementale interprofessionnelle des retraités du Vaucluse. Il en assura la présidence de 1990 à 1996. Il siégea également à l’Union régionale des retraités Provence-Côte-d’Azur à partir de 1990. De 1987 à 1993, il fut membre du conseil d’administration du Centre national de formation professionnelle permanente « Yves Bodiguel ».

Victor Camier avait été élu conseiller municipal d’Errouville (Meurthe-et-Moselle) en 1953 et réélu en 1956 avec la responsabilité de deuxième adjoint. Il adhéra au Parti socialiste en 1971 et fit partie du bureau de la section d’Émerainville (Seine-et-Marne), puis de Morières les Avignon (Vaucluse).

Victor Camier fut élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en décembre 1984. Il était également titulaire de la médaille de la ville de Littré (Ille-et-Vilaine), remise à l’occasion du 50e anniversaire de la Libération de cette localité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18479, notice CAMIER Victor par Jean-Marie Conraud, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 28 novembre 2008.

Par Jean-Marie Conraud

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SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé.

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