VIZET Robert

Par Claude Pennetier

Né le 30 janvier 1924 à Igny (Seine-et-Oise), mort le 13 août 2018 à Massy (Essonne) ; ouvrier imprimeur ; député communiste de l’Essonne (1967-1968 ; 1973-1981), sénateur (1986-1995), maire de Palaiseau (1959-1965, 1973-1981).

Fils d’un couvreur-fumiste et d’une serveuse (Noémie Vizet) dans un café restaurant d’Igny, Robert Vizet vécut à Palaiseau où ses parents tenaient un café "A l’ami Jean", près de la gare, depuis 1930. Il vivra toujours, même après la Libération, dans ce lieu. Il avait trois sœurs qui par la suite furent communistes. Les conversations du café et la fréquentation d’un club sportif de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) où il pratiquait le football, favorisèrent sa politisation. Le député de Palaiseau, grand invalide de guerre Jean Duclos, frère de Jacques Duclos, et cinq communistes siégeaient au conseil municipal dont Eugène Deloges devenu maire de Palaiseau après la Libération.
Titulaire du certificat d’études en 1936, Robert Vizet tenta de pousser plus loin ses études mais sans succès. Il entra en apprentissage dans une imprimerie de Paris en 1940 mais la débâcle mit fin à cette formation. Favorable à la Résistance, il refusa de partir pour le STO en février 1943, entra dans la clandestinité à Paris et établit le contact avec le Parti communiste en décembre 1943, particulièrement avec René Dequin, responsable des Jeunesses . Il militait aux Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) dans le secteur de Palaiseau. Il participa à des sabotages et s’investit dans l’organisation de la manifestation publique du 14 juillet 1944 à Verrières-les-Buissons en hommage au fusillé gaulliste Honoré d’Estienne d’Orves. Lors de la libération de Paris, membre du "groupe Léon Frot", il construisit des barricades et occupa le syndicat du Bois, boulevard Saint-Antoine. Intégré aux FFI, il rejoignit ensuite le 6e régiment d’infanterie sur le front de La Rochelle. Le 18 juin 1945, il participa au premier défilé de la Victoire à Paris.
Robert Vizet effectua son service militaire dans l’infanterie, comme caporal du 3 septembre 1944 au 12 novembre 1945. Déjà membre de la Jeunesse communiste depuis mars 1944, il donna son adhésion au Parti communiste pendant son service, en avril 1945. Revenu à Palaiseau, rue Gallieni, il travaillait à l’imprimerie Dubois et Bauer, 34 rue Laffitte, à Paris IXe arr. Il se maria en 1947, malgré l’opposition des beaux-parents, avec Gisèle Dequatre, employée de l’Assistance publique, sympathisante communiste ; le couple eut un enfant, Guy, en juillet 1948. Robert Vizet donna son adhésion à la CGT en janvier 1946 et milita au syndicat du Livre.

Membre du comité de section communiste de Palaiseau ; membre du comité fédéral de Seine-et-Oise, il suivit une école fédérale du 12 au 24 novembre 1945, à Livry-Gargan et une école centrale de la jeunesse en septembre 1948 à Viroflay où la direction fit une évaluation assez sévère. Il était cependant un lecteur assidu des ouvrages classiques du marxisme léninisme. Il s’affirma par le militantisme, en restant discret et efficace. Responsable local et national des jeunesses, avec Louis Maximilien, il fut le secrétaire pour la Seine-et-Oise du mouvement des Vaillants et Vaillantes. Au début des années 1950, le Parti communiste lui confia la gestion d’une petite imprimerie dans la XVIIIe arr., entreprise à la double vie car après le travail normal de la journée elle imprimait discrètement la nuit, sur papier fin, le journal clandestin du Parti communiste espagnol.
Candidat aux élections municipales de 1947 à Palaiseau, il entra au conseil en 1953 et siégea jusqu’en 2001 soit près d’un demi-siècle. Secrétaire de section depuis 1951 puis permanent, premier adjoint au maire Eugène Deloges dès 1953, il devint maire de la ville en 1959 (la ville comptait alors environ 10 000 habitants) et le resta jusqu’en mars 1965 (avec une annulation et une réélection en 1962), puis, réélu en 1971, il quitta ses fonctions en mars 1979. L’échec de 1965 pour quelques dizaines de voix (il fut le seul élu de sa liste) était dû en partie au refus de Robert Vizet d’attribuer au PSU un poste d’adjoint et deux conseillers supplémentaires. Il s’en voulut se considérant comme personnellement responsable mais il revint en 1971. . Maire de terrain, il mobilisait le personnel municipal comme les bénévoles pour faire vivre socialement et culturellement une ville dont la population doubla pendant son mandat.
Membre du bureau fédéral de Seine-et-Oise en mai 1959, réélu jusqu’en 1971, il resta au comité fédéral de l’Essonne jusqu’en 1979 mais demanda à ne plus en être membre en raison de l’ampleur de ses responsabilités : député, conseiller général, maire. Il revint au Comité fédéral de 1982 à 1997
Conseiller général du canton de Palaiseau de juin 1961 (après une candidature sans succès en 1955) à mars 1994, vice-président du conseil général de 1979 à 1982, après un échec en 1956 sur la liste dirigée par Lucien Midol, il fut élu député de la 4e circonscription de l’Essonne en mars 1967, dans la vague qui porta trois communistes [Pierre Juquin, Robert Combrisson] sur les 4 élus de l’Essonne, mandat perdu lors du flot gaulliste de juin 1968. Le siège lui revint en mars 1971 qu’il conserva jusqu’en mai 1981. Il entra au palais du Luxembourg en septembre 1986 comme sénateur et le quitta en octobre 1995.
Hubert Coudamne, président de l’Université Paris-Sud (Orsay) écrivait : « Côtoyer Robert Vizet, c’est rester sensible à sa discrétion, à son dévouement, mais aussi à son efficacité redoutable. »
Dans sa postface au livre biographique d’Olivier Mayeur, il laisse percer une certaine amertume accompagné d’un sursaut d’espoir : « J’assume ma participation à toute cette période. Je peux dire avec d’autres que si nous avions su... mais nous ne pouvions pas savoir ou nous ne voulions pas savoir... Car dans tous les cas de figure, nous avions toujours en face le même adversaire, ce qui simplifiait abusivement nos raisonnements et nos réponses aux problèmes. Nous n’avons pas fait que des erreurs, mais certaines ont pesé lourd dans le bilan, au point d’entacher notre idéal. Nous avons mis du temps à les reconnaître comme des fautes et à les corriger publiquement. Toujours cette peur de faire le jeu de l’adversaire ! La fin peu glorieuse de "notre modèle", un contre modèle en réalité, a libéré définitivement notre capacité de réflexion, de construction d’une visée communiste de notre temps. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article184796, notice VIZET Robert par Claude Pennetier, version mise en ligne le 4 septembre 2016, dernière modification le 8 février 2022.

Par Claude Pennetier

Robert Vizet
Robert Vizet

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Olivier Mayeur, Robert Vizet un parcours citoyen, Le Temps des cerises, 2005, 220 p. — Assemblée natoinale : mandat de député.

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