CAMO René, Antoine

Par Didier Bigorgne

Né le 30 juin 1903 à Varennes-en-Argonne (Meuse), mort le 4 janvier 1989 à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ; professeur, puis inspecteur d’Académie ; syndicaliste, militant mutualiste et associatif, dirigeant de la section des Ardennes de la FEN (1946-1950), président de la section des Ardennes de la MGEN (1947-1953), président de la fédération ardennaise de la Ligue de l’Enseignement (1945-1953).

René Camo était le fils d’Antoine, Thomas, Jean Camo, gendarme, et d’Aline, Émilie Lambert, sans profession. Après avoir effectué ses études à l’École normale d’instituteurs de Nancy, il fut reçu en 1924 au concours d’entrée de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, section Physique-Chimie-Sciences naturelles. À sa sortie en 1926, il effectua le service militaire (novembre 1926-octobre 1927) qu’il termina comme lieutenant d’artillerie. Nommé en 1927 professeur à l’école primaire supérieure de Givet (Ardennes), il enseigna successivement dans les écoles normales de Privas (Ardèche) où il était aussi chargé de l’économat et de Belfort en 1931. Inscrit à la faculté de sciences de Besançon, il obtint des certificats d’études supérieures (zoologie, géologie en 1933, chimie générale et botanique en 1934 ainsi qu’un diplôme d’études supérieures) et obtint sa mutation pour l’ENI de Nancy en 1934. Il obtint en 1938 l’agrégation de sciences naturelles et fut nommé au lycée Poincaré à Nancy comme professeur de la classe préparatoire de quatrième année de Saint-Cloud, puis, replié au lycée de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) en classe préparatoire à l’Institut agronomique, en 1940 avant de reprendre son poste au lycée de Nancy.

René Camo, mobilisé d’août 1939 à juillet 1940, avait été responsable de la radio dans un régiment d’artillerie.

Pendant ses années de professorat à Nancy, René Camo y épousa Yvonne, Germaine, Constance Losman, répétitrice, future surveillante générale de lycée, le 13 août 1931. De cette union naquit une fille.

Nommé inspecteur d’Académie en 1943, dès son entrée en fonction à Charleville, René Camo dut surmonter de nombreuses difficultés consécutives à la guerre : absence de nombreux maîtres mobilisés, prisonniers ou tués, écoles détruites, enfants sous-alimentés. En 1944, il fit preuve de courage en assistant aux obsèques du résistant Armand Malaise, mort en mission le 4 janvier, qui avait été secrétaire général de la section ardennaise du Syndicat national des instituteurs de 1929 à 1940 et démissionné d’office par le gouvernement de Vichy le 10 septembre 1942.
Après la Seconde Guerre mondiale, René Camo s’engagea dans la vie militante sur le plan syndical. En mars 1946, il participa à la création de la section des Ardennes de la Fédération de l’éducation nationale ; il en devint membre de la commission administrative. Réélu le 13 juillet 1948, il y siégea jusqu’au 28 octobre 1950.

Président du syndicat national des inspecteurs d’Académie de la FEN, il fut désigné pour faire partie du conseil consultatif spécial aux inspecteurs d’académie et élu en 1954 et en 1957 à la commission administrative paritaire nationale. Il présida à partir de 1957 l’association des inspecteurs et fut élu en 1962 à la commission consultative spéciale des inspecteurs.

Il termina sa carrière professionnelle à Paris. À la retraite en juin 1968, il se retira à Nancy.

René Camo s’investissait aussi dans le mouvement mutualiste. Le 27 mars 1947 à Charleville, il contribua à la naissance de la section ardennaise de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN). Deux jours plus tard à Mézières, il fut élu président de la section départementale de la MGEN. Enfin, il se consacra aux œuvres péri et postscolaires au sein desquelles il cumula les responsabilités. Président départemental de la Ligue de l’Enseignement à partir du 25 janvier 1945, il présida l’année suivante le conseil départemental des parents d’élèves de l’École laïque. Il s’investit plus particulièrement dans les associations au service de l’enfance : il occupa la présidence de la colonie de vacances « La Vénerie » à Signy-l’Abbaye (Ardennes) et de la section ardennaise de la Croix-Rouge de la Jeunesse. Membre de la Société d’Histoire naturelle des Ardennes, il donnait régulièrement des conférences dans tout le département.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18486, notice CAMO René, Antoine par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 30 décembre 2020.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Arch. Nat. F17 29111. — Arch. de la section des Ardennes de la MGEN. — Bulletin de la section ardennaise du Syndicat national des instituteurs, 1945-1953. — L’Ardenne nouvelle, 24 février 1945. — L’Ardennais, 11 février 1952. — Renseignements fournis par Yvonne Camo, épouse de l’intéressé. — État civil de Varennes-en- Argonne. — Notes de Jacques Girault.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément