GAGLIAZZO Carlo.

Par Anne Morelli

Ronco (Italie), 13 décembre 1877 – Moscou (URSS), 23 décembre 1933. Ouvrier métallurgiste, député communiste italien.

Avant la Première Guerre mondiale, Carlo Gagliazzo est condamné suite à la parution d’un article contre le clergé pour délit de presse, à un an et demi de prison. Pour y échapper, il s’exile et séjourne notamment à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) de 1908 à 1914. Il participe à la guerre puis entre au Parti communiste italien dès sa fondation. Issu d’une famille très pauvre, il n’a fréquenté que l’école primaire mais il s’est constitué une vaste culture générale. Grâce à son ingéniosité, il devient un inventeur spécialisé dans la fine mécanique. Il fait breveter plusieurs de ses inventions et les réalise dans l’atelier qu’il a fondé et où les ouvriers travaillent en collaboration avec lui.

En 1920, Carlo Gagliazzo est accusé de construire en secret des pièces de mitrailleuses pour les ouvriers occupant des usines. Il est arrêté et sa maison incendiée par les fascistes. En décembre 1922, il est élu député, à la place de Francesco Misiano, démis, et sort ainsi de prison.

Carlo Gagliazzo quitte l’Italie et s’installe à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles). Il y dépose plusieurs brevets dont celui de la première machine à écrire, la « Grapho ». Pendant les huit années de son séjour en Belgique, il n’interrompt pas ses activités politiques. Il est notamment très actif au sein des Ligues italiennes antifascistes de Belgique (LIAB, voir à ce sujet le Congrès des LIAB à la Maison du peuple de Châtelet (pr. Hainaut, arr. Charleroi) le 25 mars 1928) et du Secours rouge international. De plus, l’aide qu’il accorde personnellement aux persécutés italiens fait de lui que les jeunes communistes appellent « papà Carlo », le Secours rouge n° 2 à Bruxelles.

La police belge et la Sûreté italienne collaborent efficacement pour surveiller Carlo Gagliazzo. Le Consulat d’Italie à Bruxelles, par exemple, envoie à Rome sa photo « qui lui est parvenue par voie confidentielle, par le ministère de la Justice belge ». Une perquisition de police à Seraing (pr. et arr. Liège) révèle qu’il est responsable d’une colonie à la mer du Nord organisée pour les enfants d’antifascistes et qu’il reste en rapport avec le centre extérieur du PCI en France. Accusé en outre d’être le directeur du Riscatto, hebdomadaire des groupes de langue italienne du PCB, il est expulsé de Belgique le 23 avril 1931 « pour manquement grave à la réserve qui lui est imposée en sa qualité d’étranger ». Gravement malade, il trouve refuge en Union soviétique où il meurt deux ans plus tard.

Carlo Gagliazzo est l’époux de Carolina Guelpa. Mario Montagnana l’appelle, dans ses mémoires, « le père de toute notre petite colonie de communistes italiens en Belgique ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185257, notice GAGLIAZZO Carlo. par Anne Morelli, version mise en ligne le 16 septembre 2016, dernière modification le 30 mai 2020.

Par Anne Morelli

SOURCES : Archives centrales de l’État, Rome : CPC 3693 (icono) et PS, 1928, pacco 160, C2 – Il Riscatto, 6 juillet 1930 – Enciclopedia dell’antifascismo e della Resistenza, vol. 2, Ed. La Pietra, Milano-Roma, 1971, p. 464 (article contenant une évocation de Gagliazzo par Gramsci) – Interview de Dante Gagliazzo, le 19 janvier 1975.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément