MASSÉ Gabriel

Par Daniel Grason

Né le 15 avril 1905 à Sedan (Ardennes), tué le 24 août 1944 à Paris (XVIe arr.) ; électricien, chauffeur, gardien de la paix ; résistant, F.F.I.

Fils de Alfred Massé, cocher, et de Marie Pauline Gire, cuisinière, enfant, Gabriel Massé habita Saint-Quentin-Louvry (Saint-Quentin-sur-Allan en 1926, rattaché à la Ferté-Milon en 1960). La Première Guerre mondiale eut des conséquences sur la scolarité de Gabriel Masse, les soldats allemands occupèrent le village, la famille émigra dans le Doubs. Il n’eut pas le CEP, travailla dès mars 1920 avec ses parents au débit de tabac qu’ils tenaient dans l’Oise. En octobre 1922, il fut embauché à l’atelier d’électricité de la société anonyme des Ateliers d’Aviation Breguet à Villacoublay (Vélizy-Villacoublay) en Seine-et-Oise (Yvelines).
Appelé le 12 mai 1926, il effectua dix-huit mois de service militaire au Levant, en Syrie alors sous mandat français au 39e Régiment d’aviation. À son retour, il devint chauffeur d’un représentant de commerce dans l’Oise. Le 20 décembre 1929, il débuta en tant que gardien de la paix à la Préfecture de police de Paris. Dans son autobiographie écrite le 23 décembre 1929, il expliqua son choix : « Ayant de nombreux amis faisant partie des gardiens de la paix et de la Police judiciaire j’ai pu apprécier qu’ils s’y étaient faits une situation des plus stables et de plus honorables. J’ai pris la résolution […] d’imiter leur exemple ».
Affecté au commissariat du VIIe arrondissement, il était considéré comme un bon gardien. Le 14 octobre 1930 il épousa à Paris (VIIIe arr.) Albertine Emery, une jeune femme originaire de Fleurines (Oise). Le 26 août 1932, il demanda l’autorisation pour son épouse de tenir la loge de concierge dans la propriété privée de la Comtesse de P… d… R… rue Pauline-Borghèse à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine). La permission fut accordée. Le couple eut trois enfants et habita par la suite une autre loge au 27 boulevard Suchet à Paris (XVIe arr.).
Dès le dernier trimestre 1942, il entra dans la Résistance. Le 24 août 1944, lors d’une mission il fut tué dans une embuscade au pont de l’Alma à Paris (VIIIe arr.), en même temps que René Alazard originaire de Bagnolet (Seine, Seine-Saint-Denis). Son corps a été transporté au dépôt mortuaire installé salle Gaveau. Gabriel Masse fut inhumé le 25 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis), puis exhumé et ré-inhumé au cimetière de Fleurines (Oise).
Son nom figure sur la plaque commémorative posée dans la cour de la préfecture de police à la mémoire des agents tombés pendant les deux guerres mondiales et sur la liste des policiers tués dans les combats de la Libération au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), ainsi que sur une plaque au 75 quai d’Orsay (VIIe arr.).
Déclaré « Victime du devoir ». Gabriel Masse a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France ». Homologué F.F.I. et au titre de la Résistance Intérieure Française (R.I.F.) pour la période du 1er octobre 1942 au 24 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185268, notice MASSÉ Gabriel par Daniel Grason, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 19 décembre 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 23 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 82561. – Bureau Résistance GR 16 P 401410. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

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