CAMP Henri, Joseph

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 12 juin 1902 à Athée (Côte-d’Or), mort au combat le 3 août 1944 à Genay (Côte-d’Or) ; ébéniste ; militant socialiste ; chef du maquis Henri Bourgogne et résistant des Forces françaises combattantes (FFC) et des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Henri Camp était le fils de Henri, jardinier et de Marie Joséphine Gercet. Il se maria le 20 septembre 1924 à Villers-les-Pots (Côte-d’Or) avec Suzanne Lucie Adèle Lerat et eut une fille.

Il passa une grande partie de son enfance chez ses grands-parents à Semur-en-Auxois où il apprit et exerça la profession de tourneur sur bois et était militant socialiste de la Fédération de Côte-d’Or. Devenu menuisier-ébéniste, il fonda près de Semur sa propre scierie et fabriqua des meubles.

Il ne fut pas mobilisé à l’armée mais il ne resta pas inactif face à la présence ennemie. Il se mit à récupérer des armes abandonnées par les soldats français lors de la débâcle et les cacha dans sa propriété puis il mit en place un réseau d’évasion de prisonniers français, internés au camp de Massène, près de Semur. Son entreprise lui permit de nouer de nombreux contacts : braconniers, bûcherons, artisans, médecins, élus locaux etc. et de constituer un véritable réseau de Résistance. Lié au BOA de Dijon, il organisait des parachutages et à partir de juin 1943, il se rapprocha du réseau "Jean-Marie Buckmaster". Ayant rassemblé les groupes de Résistance du nord de la Côte-d’Or et du sud de l’Yonne il créa en octobre le maquis "Henri Bourgogne".

Au printemps 1944, le groupe Henri Bourgogne s’installa dans le bois de Dandarge à proximité de Lantilly. Henri Camp, jugeant l’endroit peu sûr, décida son transfert sur la montagne de Cras. Dans la nuit du 24 au 25 mai 1944, le déménagement commença. Le premier transport se passa sans problèmes. Au deuxième une partie des résistants voulut passer la nuit au camp mais ils furent repérés par l’ennemi et le 25 mai, à 5 heures du matin, un détachement d’un millier d’allemands encercla les 26 maquisards qu’ils torturèrent puis massacrèrent sur la route de Champ-d’Oiseau, à Lantilly, à l’exception de trois d’entre eux qui furent déportés.

Plusieurs fois attaqué le maquis dut encore changer de place. Le 6 juillet 1944, Henri Camp le fit installer dans le bois de Saint-Loup, à Genay, où il fut à nouveau attaqué et encerclé par les allemands le 3 août. Le combat s’engagea et afin de permettre à ses maquisards de décrocher, Henri Camp fit face à l’ennemi les armes à la main et fut tué avec 5 de ses hommes.

Henri Camp fut homologué comme chargé de mission de 1ère classe des FFC (Forces françaises combattantes) correspondant au grade de capitaine et aux Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Il est inhumé au cimetière de Semur-en-Auxois (Côte-d’Or).

Son nom figure sur le monument aux morts d’Athée, sur la plaque commémorative de l’église d’Athée et sur la stèle commémorative de Genay (Côte-d’Or).

Un boulevard de Dijon et une rue de Semur-en-Auxois portent son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185329, notice CAMP Henri, Joseph par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 19 septembre 2016, dernière modification le 4 octobre 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 37429 (nc).— SHD, Vincennes, GR 16 P 102991 (nc).— Gilles Hennequin in Résistance en Côte-d’Or, tomes 2 à 4. — Semur Magazine bulletin de la vie municipale n° 19, septembre 2015. — Site internet : Le Monde en guerre- Maquis Henri Bourgogne. — Mémorial GenWeb. — État civil.

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