GERBAUD Camille, Henri

Par Christian Chevandier

Né le 25 avril 1909 à Trois-Fonds (Creuse), exécuté le 20 août 1944 au Fort de Vincennes (Paris, XIIe arr.) ; cultivateur puis gardien de la paix ; membre d’Honneur de la Police, policier insurgé, sergent au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils de François Jules Gerbaud tailleur de pierre et d’Annette Vernaudon couturière, domiciliés aux Vétizons (commune de Troix-Fonds), il était l’aîné de trois enfants. Ayant du quitter l’école dès l’âge de onze ans après le décès de son père, suite d’une maladie contractée pendant la guerre, il travailla à la terre jusqu’à son départ en avril 1930 pour un an au service militaire qu’il effectua comme 2ème classe dans un régiment d’infanterie, d’abord dans une compagnie de mitrailleuses puis, après un stage de deux mois au Val-de-Grâce, comme infirmier dans son régiment. À son retour, il continua à travailler comme agriculteur mais aussi, épisodiquement, comme meunier ou musicien. Il entra dans la police en décembre 1937 et fut affecté au commissariat du XIIe arrondissement. Sous l’Occupation, les appréciations de ses supérieurs étaient très négatives (En 1942 : « Gardien très médiocre, paresseux, ergoteur et de mauvaise mentalité. »). Il se maria le 21 octobre 1938 à Paris (Vème arr.) avec Suzanne Tapissier ; il était père d’une fillette née en novembre 1941.

En 1939-1940, Camille Gerbaud était affecté spécial à la préfecture de police de Paris. Il entra dans le groupe Honneur de la Police en avril 1944 et a participé dès le premier jour, le 19 août, à l’insurrection. Le 20 août, avec trois autres policiers, Marcel Gandriaux, Jacques Lecomte et André Soladier, il fut chargé de se rendre « en tenue civile et porteur de son pistolet administratif » rue de Bercy pour procéder à l’arrestation d’un collaborateur. Leur voiturette fut interceptée vers huit heures par des soldats allemands à proximité de la gare de Lyon. Tous quatre furent conduits au fort de Vincennes et fusillés le jour même.

Son corps fut exhumé d’une fosse commune et ses obsèques eurent lieu au cimetière nouveau de Vincennes. Son nom se trouve sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la préfecture de police, 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), et sur le monument aux morts dans la cour de la préfecture de police de Paris. Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France » ; il a été en octobre 1955 homologué FFI avec le grade de sergent.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185448, notice GERBAUD Camille, Henri par Christian Chevandier, version mise en ligne le 22 septembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Christian Chevandier

SOURCES : Arch. Dep. Creuse (État civil) — Arch. PPo., « Victimes du devoir », carton G. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014.— Luc Rudolph, Policiers rebelles. Une Résistance oubliée : la Police parisienne, Éd. SPE Militaria, 2014.

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