MONNIER André, François, Alphonse

Par Christian Chevandier

Né le 1er avril 1909 à Sellières (Jura), exécuté sommairement par les Allemands le 19 août 1944 dans les jardins du Luxembourg (Paris, VIe arr.) ; aide-forgeron, conducteur de bus, gardien de la paix ; policier insurgé.

Fils d’un maréchal-ferrant né en 1860 et d’une cultivatrice née en 1872, il a réussi son certificat d’études primaires puis a secondé son père à la forge jusqu’à son engagement volontaire pour deux ans dans le 121e escadron du train des équipages automobiles à Coblence où il fut détaché à l’hôpital militaire comme chauffeur de voitures sanitaires. Il a ensuite, en décembre 1929, été embauché par la Société des transports en commun de la région parisienne comme machiniste au dépôt de Croix-Nivert. Il a été en 1931 recruté comme gardien de la paix de la préfecture de police et affecté en 1944 comme chauffeur aux services techniques. Il était marié avec une concierge ; le couple hébergeait à son domicile, dans le XIIIe arrondissement, la mère, aveugle, de l’épouse.

En 1939-1940, André Monnier a été affecté spécial à la préfecture de police de Paris. Lors de la première journée de l’insurrection, le 19 août 1944, il était présent dans les locaux des services techniques, boulevard de l’Hôpital. Envoyé dans l’après-midi avec ses collègues Jean Dugarreau et Arthur Pothier ainsi que Marcel Hutin, employé administratif au garage de la Préfecture de Police, et le pompier Jean Ponsart pour aider les insurgés assiégés à la préfecture de police, il partit dans une voiture administrative du garage central, en civil et avec un brassard tricolore du comité parisien de libération. Interceptés par des soldats allemands, ils furent conduits aux magasins généraux de la gare d’Austerlitz puis au jardin du Luxembourg. Ils ont été exécutés à 20 heures, devant les locaux du musée après avoir creusé une fosse et en présence d’autres prisonniers.

Après la reddition des troupes allemandes du Sénat, son corps fut retrouvé au jardin du Luxembourg dans un charnier de sept cadavres, dont ceux de ses deux collègues, gardiens de la paix. Il fut enterré à Thiais le 27 août, exhumé puis inhumé au cimetière parisien d’Ivry en novembre. Son nom est sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la préfecture de police, 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), sur la plaque commémorative du Jardin du Luxembourg, sur celle qui est apposée boulevard de l’Hôpital sur les locaux du Garage central de la PP ("A nos camarades ses services techniques de la Préfecture de Police") et sur le monument aux morts de la cour de la préfecture de police de Paris.
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185449, notice MONNIER André, François, Alphonse par Christian Chevandier, version mise en ligne le 22 septembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Christian Chevandier

SOURCES : Arch. PPo., « Victimes du devoir », carton MO. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014.— Luc Rudolph, Policiers rebelles. Une Résistance oubliée : la Police parisienne, Éd. SPE Militaria, 2014.— Site internet GenWeb.

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